01/06/2011

Paolo Gilardi est-il déjà sénile ?

Le leader syndicaliste genevois Paolo Gilardi s'est à nouveau lancé dans un de ces combats corporatistes d'arrière-garde dont il a le secret et qui jalonnent le parcours de son engagement politique. Cette fois il s'est mis en tête, et dans celle de ses suiveurs habituels, de faire échouer le projet de fusion et d'assainissement de deux des caisses de pension de la fonction publique, la CIA et la CEH, désormais incapables d'assurer le paiement des rentes qu'elles se sont engagées à verser à leurs affiliés.

Son argument ? « l'Etat aurait, dit-il, les moyens de financer l'opération puisqu'il fait des bénéfices chaque année. » Et de se plaindre par ailleurs des pertes de salaires que cet Etat aurait imposé à ses employés depuis deux décennies.

Cette aptitude à limiter sa vision de la situation d'une partie des fonctionnaires genevois exclusivement à l'aune des intérêts corporatistes et immédiats de ces derniers, sans égard pour la réalité financière dramatique des caisses de pension concernées et sans considération pour la multiplicité des engagements d'un canton qui reste le plus endetté du pays, est tout simplement sidérante. Tant il est vrai que l'origine du courroux de M. Gilardi, à savoir le partage imposé aux fonctionnaires des mesures d'assainissement de la CIA et de la CEH, réside clairement dans une générosité irresponsable des prestations qu'en dépit de tout bon sens ces deux caisses distribuent depuis un demi-siècle à leurs adhérents. Tant il est vrai d'autre part que les contribuables genevois ont toujours participé plus que partout ailleurs en Suisse au financement des retraites de la fonction publique du canton.

L'attitude de M. Gilardi et des enseignants qui, avec lui, ont fait grève mardi dernier pour montrer leur mécontentement est diablement inquiétant. Il n'existe en effet que deux explications possibles à un tel comportement chez des enseignants. Soit ceux-ci sont animés par une vision de leur métier dont sont absents le plus élémentaire sens de l'intérêt général et celui des exigences des équilibres sociaux durables. Soit ils soufrent d'un manque flagrant d'intelligence ou de sénilité précoce qui les empêche désormais de comprendre les réalités de leur environnement.

Dans les deux cas il convient de se demander sérieusement comment soustraire nos enfants et nos petits enfants à des « maîtres » aussi piètres.

Pierre Kunz

 

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