27/05/2011

Le poids douloureux des "prestations publiques dues à la population"

Quoi de plus agréable, et de plus facile, pour les politiciens en recherche de voix électorales que de réclamer « le renforcement des prestations dues par l'Etat à la population » ? Des prestations dont les promoteurs vantent avec constance les vertus égalitaristes par la redistribution qu'elles impliquent et qu'ils jugent en permanence trop faibles. A ce jeu-là, les élus et les candidats des partis de la gauche genevoise ont toujours été et restent particulièrement actifs. D'autant plus actifs que cette forme moderne de la démagogie leur permet depuis longtemps de masquer leur incapacité à résoudre les vrais problèmes du canton.

Les services de recherche d'une grande banque helvétique se sont récemment consacrés à l'analyse comparée du « revenu librement disponible » des ménages des cantons helvétiques. Il s'agissait pour eux de déterminer la part du revenu qui demeure dans l'escarcelle des habitants une fois couvertes toutes les charges incontournables, à savoir les dépenses fiscales, d'assurance-maladie, de transport et de logement.

Cette analyse est particulièrement intéressante parce qu'elle montre clairement que, le gonflement constant des prestations publiques a des conséquences douloureuses sur la majorité des familles. Contrairement à ce qu'une partie de la classe politique  fait croire ce gonflement se traduit pour ces dernières non seulement par une perte de liberté dans la manière d'utiliser l'argent qu'elles gagnent mais encore par une évidente réduction des revenus qu'elles aimeraient consacrer à la consommation de biens et de services.

C'est Genève qui porte le bonnet du cancre. C'est au bout du lac Léman que la situation des ménages s'est le plus dégradée depuis une vingtaine d'années. C'est dans notre canton que la classe moyenne souffre le plus gravement de la situation. Ce constat n'est guère surprenant pour l'observateur et il a plusieurs causes.

Il faut rappeler qu'en conséquence de ce goût immodéré du monde politique pour "l'aide à la population genevoise" les prestations de l'Etat et des communes y sont désormais les plus généreuses du pays. Elles pèsent donc plus lourdement qu'ailleurs sur les budgets des collectivités publiques et sur la fiscalité.

Il faut mentionner, à ce propos, l'imposition particulièrement lourde et injuste des contribuables genevois dont les revenus se situent entre  Fr. 80'000.- et Fr. 180'000.-, ceux qui paient l'impôt permettant de financer les prestations publiques mais qui n'en bénéficient que chichement.

S'agissant des frais d'assurance-maladie, on soulignera l'absurdité de la LaMal, une loi qui porte en elle les germes de l'explosion des coûts de la santé, donc des cotisations. Un défaut majeur qui, au prétexte de la prime unique et de la solidarité, pénalise particulièrement les familles jeunes et la classe moyenne active d'un canton habitué à surconsommer les prestations sanitaires. Sans compter que "les autorités ne reculent devant aucune dépense" du côté de la médecine publique.

Il y a enfin le comportement des politiciens et des élus du canton qui, par calcul partisan, par absence de courage ou par incompétence, se refusent à engager la lutte contre le mal profond rongeant Genève, à savoir la paralysie du secteur de la construction d'habitations. Ils contribuent ainsi directement d'une part à la pénurie et à l'envolée des prix des logements, d'autre part à la multiplicité des déplacements et à l'étouffement de la mobilité.

Pierre Kunz

 

 

 

 

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