24/05/2011

PLR, une fusion pour quoi ?

Se concentrant sur les péripéties qui accompagnent le processus de fusion des partis Radical et Libéral genevois les médias font la part belle aux relations tumultueuses d'une partie des élus et des dirigeants des deux formations. Ils restent malheureusement peu nombreux les journalistes qui se penchent sérieusement sur les motifs et le potentiel du rapprochement en cours.

A leur décharge, on reconnaîtra que chez les radicaux et les libéraux eux-mêmes, portés par la vague générée en Suisse alémanique et préoccupés par les passions anciennes davantage que par les défis qui attendent Genève, on a peu réfléchi à l'intérêt du mariage. Les uns parlent d'une « évidence », d'autres invoquent un « devoir ». Pourtant c'est bien parce qu'elle est porteuse d'avenir que cette fusion se fait.

Les élus radicaux et libéraux au sein de la Constituante ont pu mesurer l'intérêt, l'efficacité et l'ampleur des bienfaits de l'étroite collaboration qu'ils ont tissée au cours de leurs travaux. Certes, des nuages et des différends sont apparus sur certains sujets. Mais, parce que les radicaux et les libéraux partagent la même vision humaniste de la société, qu'ils sont animés par le même projet politique, les désaccords ont toujours été surmontés.

Oublieuse des calculs de chapelle et des égoïsmes coutumiers à la vie politique et partisane du canton, cette intense collaboration dans la poursuite d'un objectif élevé, à savoir rédiger une nouvelle constitution,  a donné naissance à un développement exemplaire pour l'avenir de Genève. Elle a marqué le point de départ puis est devenue la pierre angulaire de ce que, au sein de la Constituante,  il est convenu d'appeler « la droite élargie ».

C'est en effet cette collaboration qui a déclenché l'élaboration d'une plateforme politique commune à tous les groupes opposés aux ambitions socialisantes et étatisantes de la gauche. Et c'est grâce à cette plateforme que l'avant-projet de constitution ayant fait l'objet de la récente consultation a trouvé tant de soutien au sein de la population, en particulier dans les milieux qui votent à droite.

C'est, au plan cantonal, un objectif identique que vise la fusion radicale-libérale : rendre possible le rassemblement organisé et efficace de toutes les forces du centre-droit et de la droite, même des plus malcommodes. Un rassemblement nécessaire à la reconquête de toutes les positions que les formations composant cette partie de l'échiquier politique, aujourd'hui dispersées, incohérentes et incapables de s'entendre, ont laissé si facilement la gauche s'emparer. Un rassemblement et une reconquête indispensable à la construction d'une Genève inscrite notre environnement économique, social et politique bouleversé par la mondialisation.

Pierre Kunz

 

09:50 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.