07/03/2011

L'Abbé Pierre et la rage de dents du PS

Entre 1945 et 1951 l'Abbé Pierre a été député de Lorraine à l'Assemblée constituante puis à l'Assemblée nationale française. De cette période le grand homme a tiré l'enseignement synthétique suivant : « J'ai été député pendant un peu plus de six ans et j'ai vite compris une chose simple : le travail des hommes politiques consiste essentiellement à décider à qui prendre de l'argent pour le redistribuer ».

En lançant leur initiative parlementaire pour la prise en charge par l'assurance-maladie des factures de dentisterie le PS illustre une nouvelle fois, de la manière la plus caricaturale possible, les mots de l'Abbé Pierre.

Au prétexte que « l'on est en train de revoir le catalogue des prestations » le PS propose non pas d'en retrancher quelques-unes, particulièrement discutables, afin de réduire les primes à la charge des assurés mais de les accroître encore, et massivement ! Le PS omet évidemment de rappeler que « avoir mal aux dents » ne constitue pas une maladie et que si nous ne sommes certes pas tous égaux en la matière on ne saurait parler des mêmes risques que ceux liés à la maladie et à l'accident. Il n'existe par conséquent pas de motifs sanitaires et financiers sérieux de les mutualiser dans une assurance sociale. D'autant moins de motifs que suivre cette voie ne peut conduire qu'à la surconsommation des nouvelles prestations offertes par des assurés déresponsabilisés et à une nouvelle hausse des cotisations.

Comment donc expliquer une initiative  qui paraît si absurde ?

Il y a bien sût les motivations électoralistes d'un parti en sérieuse difficultés. Dans un tel contexte il n'est pas vraiment surprenant que le PS se laisse aller à la démagogie.

Il y a aussi l'objectif stratégique du PS et de ses alliés visant à l'institutionnalisation d'une assurance-maladie et accident unique, étatique et financée par l'impôt. Une assurance qui doit, selon la gauche être la plus large possible.

Mais il y a surtout un mode de fonctionnement consubstantiel à la gauche et qui ramène à la remarque de l'Abbé Pierre. Il s'agit de prendre l'argent à droite pour le redistribuer à la clientèle électorale de la gauche. Au nom de « la lutte contre les inégalités sociales et la pauvreté » le PS et ses élus ont toujours exigé sans nuances que « les nantis et le patronat » délient leur bourse. Cela sans égard pour les conséquences souvent dramatiques de cette attitude sur le sort des moins favorisés d'entre nous qui, constamment pris en charge, se retrouvent souvent dans l'incapacité de rebondir hors de l'assistanat, sur la classe moyenne généralement sacrifiées sur l'autel de cette pseudo-générosité, sur le financement des assurances sociales et sur l'équilibre économique de nos collectivités.

Pierre Kunz

 

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