08/02/2011

Qui visent Grobet et Mouhanna ?

Dans la presse de ce jour, M. S. Mouhanna, constituant élu sur la liste Avivo, déverse une fois de plus ses aigreurs au sujet de l'avant-projet issu de ses travaux. On doit reconnaître au moins une qualité à ce démolisseur patenté, celle de la constance. Voilà plus de trois ans déjà, que sans discontinuer l'ancien député de l'Alliance de Gauche, voue l'idée même de la révision constitutionnelle aux gémonies. Et en même temps tous ceux qui travaillent à son succès.

Une telle obsession destructrice n'a évidemment rien à voir avec les mœurs politiques habituelles de notre pays. Elle est extrémiste et partisane. Mais elle s'explique chez un activiste qui a tracé sa voie politique à travers des partis marginaux. Des partis tellement minoritaires qu'ils recourent en permanence au populisme et à l'usage démagogique des droits populaires dans le but de se faire entendre. Avec une grande efficacité d'ailleurs, comme en témoigne le nombre élevé d'initiatives et de référendums qu'ils ont réussi à faire passer au cours des dernières décennies.

Pas étonnant que les « acquis constitutionnels », comme les désignent M. Mouhanna et ses amis de l'extrême-gauche, soient prétendus intouchables, même si ces dispositions  ont fait la preuve de leur inefficacité et de leur anachronisme. Moyennant, comme ce jour encore, désinformation, mensonges et diffamation, il s'agit pour ces milieux de maintenir à tout prix la « signature » des différents acteurs qui ont contribué à faire de notre charte actuelle un fourre-tout incohérent et paralysant pour notre canton. D'où leur exigence d'en rester à la lettre de notre charte actuelle.

Pour les citoyens il est assez aisé de comprendre l'objectif poursuivi. Il est plus difficile par contre de distinguer qui vise la stratégie utilisée. Réclamer par exemple, dans la future constitution, la réintroduction des éléments votés par le peuple en matière d'énergie et de logement ou exiger la suppression des dispositions destinées à freiner les déficits du fonctionnement de l'Etat et à limiter la dette publique, n'est pas, contrairement à ce qu'on pourrait croire, destiné à faire pression sur les partis du centre-droit et de la droite.

Inquiétée par les discours conciliants tenus par les groupes de droite de la Constituante lors de sa première séance plénière de l'année, l'Avivo s'engage dans le « jusqu'au-boutisme ». Elle vise à inquiéter ses partenaires socialistes et Verts. Profitant du levier que donne à l'extrême-gauche la période électorale actuelle, elle cherche à faire passer ces partis centristes pour « mous ». Elle mise sur la surenchère afin de dissuader ces derniers de s'engager sur la voie des compromis, ceux que les constituants de droite et de gauche devront trouver dans les mois à venir pour aboutir à la rédaction d'un projet de constitution acceptable par une majorité des Genevois.

Pierre Kunz, constituant

 

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