17/01/2011

Le prix d'achat des logements explose. Surprise ?

Au sein des autorités communales et dans certaines certains milieux proches du secteur immobilier genevois on feind de s'étonner (et de la condamner !) de la hausse massive du prix  des objets qui se négocient à Genève. De s'étonner aussi du fait que ces biens sont acquis dans une proportion croissante par de riches étrangers. Ils ne peuvent que « faire semblant » parce que seuls ceux qui ne connaissent rien à la problématique du logement au bout du Léman sont excusables de tenir ces propos. Or à l'évidence ni des uns ni des autres ne souffrent d'une telle méconnaissance.

Chacun sait en effet que nous nous trouvons, en l'occurrence, confrontés logiquement aux conséquences de la manière dont nos autorités cantonales et communales ont laissé se réduire, depuis trois décennies, la construction de logements. Les Genevois à la recherche d'une location d'appartement, en dépit du fameux « droit au logement » qui figure depuis une vingtaine d'années dans notre constitution, en dépit aussi (mais surtout à cause !) des innombrables opérations dites de « défense des locataires » menées par l'Asloca, souffrent durement de la grave pénurie qui handicape notre canton.

Une pénurie due exclusivement à une offre insuffisante, découlant elle-même de l'incapacité de nos autorités à mettre suffisamment de terrains à disposition de ceux qui pourraient et voudraient construire. Chacun comprend que la rareté des terrains constructibles, combinée avec le fort afflux de nouveaux habitants poussent les loyers locaux à la hausse et ... les Genevois à se loger en Haute Savoie et dans l'Ain.

Pourquoi en irait-il différemment s'agissant des villas et des appartements disponibles à l'achat, un segment du marché particulièrement et systématiquement raréfié aux prétextes de la priorité à la densification et de la défense d'une zone agricole disproportionnée ? Encore davantage que dans celui, contrôlé, du logement locatif,  l'offre restant anémique face à une demande croissante les prix sont poussés à l'augmentation. Et seuls les indigènes les plus aisés se trouvent dès lors en mesure de participer aux enchères, les autres étant eux aussi forcés d'aller trouver la maison ou l'appartement qu'ils convoitent ... en Pays de Vaud ou en France voisine.

Soyons donc réalistes. A défaut de mettre un terme à la croissance économique genevoise qui profite à tous nous devons admettre les obligations découlant de celle-ci. Et la première de ces obligations consiste à mettre un terme à la raréfaction inutile, au nom de tabous d'un autre âge, des terrains constructibles en logements, autrement dit à accepter le déclassement des terrains agricoles auxquels les exploitants genevois sont disposés à renoncer, qu'ils seront même heureux de céder. Car les grands projets dont on nous rebat les oreilles depuis longtemps, pas plus que ceux qui se sont récemment ajoutés à la liste, tel celui du PAV, ne suffiront à rattraper l'énorme retard accumulé ni à mettre un terme aux énormes déséquilibres régionaux que nous avons créés.

Pierre Kunz

 

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