10/12/2010

Lorsque l'intégrisme Vert tue l'emploi

La désignation récente d'Antonio Hodgers à la présidence du groupe parlementaire des Verts rassure. Même si, dans la Berne fédérale comme dans les législatifs cantonaux, le pouvoir d'un chef de groupe reste modeste il n'en reflète pas moins l'état des forces au sein d'une députation. Or Antonio Hodgers n'a heureusement rien de commun avec les excités et les intégristes suisses alémaniques sévissant au parlement national.

Sous l'influence de ces promoteurs de la décroissance les Verts ont plus d'une fois, au cours des dernières années, amenés les Helvêtes à succomber aux peurs infondées et prendre des chemins douteux. Ce fut par exemple le cas avec la soi-disant « mort des forêts », dans le domaine des OGM et dans celui de la recherche embryonnaire.

Cette attitude n'est évidemment pas propre au mouvement écologiste de notre pays. On connaît le rôle dévastateur que jouent les Verts français, plongés dans les pires défaillances intellectuelles en matière agricole et celui des « Gruene » germaniques dans le secteur des énergies. Mais on ne savait pas que les Verts italiens, étaient capables pour leur part de mener des campagnes pouvant paralyser, pour des motifs absurdes, l'activité économique d'une région.

C'est un joli petit village de pêcheurs, localisé près de Naples mais totalement soustrait aux influences mafieuses, qui s'est trouvé victime de l'opération « de protection environnementale » lancée par les écologistes de la botte, opération heureusement dénoncée il y a peu par une partie de la presse. Il s'agit de Torre del Greco. Les habitants de ce village vivent depuis le 16ème siècle de l'exploitation des ressources coralliennes que leur offre la mer voisine.

Tout a changé récemment, lorsque les Verts italiens ont convaincu plusieurs des principaux joailliers clients - Tiffany's et Paloma Picasso en particulier - de renoncer à vendre les bijoux en corail rouge de Torre del Greco au prétexte que « les pêcheurs du village, par leur surpêche, épuiseraient ces ressources naturelles ». Résultat ? La production locale de bijouterie et de joaillerie a quasiment cessé.

Or les affirmations des Verts sont tout simplement fausses. Consultés, les experts des Nations-Unies et ceux de la Convention sur le commerce international sur les espèces en danger n'ont en effet conclu à aucune menace pour la durabilité du corail méditerranéen, un corail faisant l'objet d'une régulation séculaire et récolté par des procédés artisanaux. L'exploitation de cette ressource naturelle - qui n'a rien de commun avec celle de la grande barrière de corail, effectivement en danger - telle qu'elle est conduite depuis toujours, ne nuit pas davantage, selon les spécialistes, à la biodiversité.

La mise à ban du corail rouge de Méditerranée éclaire d'une lumière crue les dérives auxquelles peuvent conduire l'idéologie, l'intégrisme et tout simplement le manque d'honnêteté intellectuelle.  Le doute et la rigueur scientifiques, s'agissant de la réflexion que nous avons à mener au sujet de la conservation des ressources naturelles de la planète et de l'avenir de celle-ci, doivent seuls en former le cadre analytique et décisionnel. Les tabous, l'émotion, les généralisations hâtives, les réflexions partielles, le « principe de précaution », ne sauraient leur servir de substituts.

Pierre Kunz

 

15:50 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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