07/12/2010

Bill Gates et la qualité de l'enseignement

Les propos que le fondateur de Microsoft a tenu récemment à propos de la qualité de l'enseignement public aux USA méritent d'être rapportés. Ils valent en effet aussi pour le reste du monde occidental, la Suisse en particulier. La "remontée" de la Suisse au classement Pisa, s'agissant du primaire, ne change rien au constat général que toutes les filières de l'enseignement souffre d'un manque de qualité et d'efficacité évident.

D'où proviennent ces insuffisances ? Selon Bill Gates ils ont pour origine ce qu'il appelle la prime à la "séniorité". A savoir la promotion des enseignants non pas sur la base de leur qualité mais en fonction de leur ancienneté. A savoir aussi la garantie inconditionnelle de l'emploi, l'absence quasi absolue de toute évaluation périodique des performances des enseignants et de tout avancement salarial et professionnel selon le mérite de chacun.

Avec quels résultats ? Un système scolaire excessivement coûteux, dans lequel le mauvais maître est mieux rémunéré que le bon parce qu'il approche de l'âge de la retraite et où le jeune professeur engagé et motivé est forcé d'attendre le passage du temps sans espoir de voir la progression de son revenu accélérée. Un sytème dans lequel une place considérable est réservée aux instituteurs et aux professeurs ne répondant pas ou plus aux exigences d'une pédagogie efficace et enthousismante pour les élèves et les étudiants.

En Suisse, à Genève en particulier, s'ajoute à cette image désolante la faiblesse de la hiérarchie et de la bureaucratie scolaires. Chaque année davantage, elles cèdent à la pression des parents et de leurs avocats (!), contribuant ainsi à affaiblir les enseignants dans leur rôle de mentor, de "maître" aux yeux de la classe.

Bill Gates a personnellement déboursé plus de 2 milliards de $ au début des années 1990 pour financer le démembrement de certaines high schools américaines devenues aussi tentaculaires qu'ingérables. Il a dû se rendre à l'évidence, la qualité des nouveaux établissements ne s'est guère améliorée à cause du conservatisme et du corporatisme ambiants. Il reste donc assez pessimiste s'agissant de l'amélioration des filières de l'enseignement public dans son pays.

Comment pourrions-nous être plus optimistes sur le Vieux continent ? Rassemblés chez nous comme ailleurs dans des syndicats puissants, qui disposent à tout moment de la capacité de "prendre les élèves en otages", les enseigants effraient le monde politique. Les échéances électorales qui se succèdent à un rythme rapide ne l'incitent guère à affronter le corps enseignant et les problèmes qualitatifs et financiers qu'ils pose.

Pierre Kunz

 

 

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