14/11/2010

Recul de la pauvreté en Suisse

Il ya des jours particuliers, ceux qui voient de journalistes entrer en résistance. C'est souvent le cas avec Beat Kappeler, chroniqueur au journal Le Temps. Il dit si bien les choses qu'il suffit de le citer. Prenons l'exemple de son billet de samedi 13 novembre.

"Les travailleurs pauvres, les working poor, ont diminué de 21 % en une seule année en Suisse. Si la nouvelle avait pris un autre tour, avec une augmentation de 21 %, les titres à sensation auraient dominé les médias. La bonne nouvelle n'a cependant pas ému beaucoup de monde.

Le contraste était perceptible avec le compte rendu du congrès de l'Union syndicale suisse, demandant un salaire minimal pour toute la Suisse. L'USS ne s'est pas félicitée non plus de ce recul marqué de la pauvreté.

D'ailleurs ce ne sont pas les salaires indécents qui provoquent la situation des travailleurs pauvres, selon toutes les études et également selon les explications des statisticiens fédéraux. Car la Suisse connaît un réseau très dense de salaires minimaux retenus dans les contrats collectifs. (..)  Un sondage international de l'OCDE montre que chez nous seul un dixième des travailleurs à bas salaire vivent dans la pauvreté.

La pauvreté des ménages vient plutôt du travail partiel, du chômage, de familles monopentales et, de façon assez surprenante, de la situation des petits indépendants. (..) Aucun salaire minimal ne pourra changer leur situation. Et puis, il y a les effets de seuil des différentes aides sociales, à savoir le retrait des aides dès qu'une famille soutenue commence à gagner sa vie, en partie ou totalement.

On attend toujours la réaction des pourfendeurs de la pauvreté, des fonctionaires de la Conférence de l'aide sociale en Suisse. Et au vu de ces réalités je ne comprends pas la prise de position du conseiller national Stéphane Rossini (PS) qui reproche au Conseil fédéral de peiner à reconnaître les enjeux de la pauvreté et qui affirme l'importance d'être ambitieux. Pour moi ce n'est qu'une fuite en avant, dans le vide des grands mots."

En ces temps où le populisme misérabiliste fleurit dans les discours électoraux d'une partie de la classe politique hélvétique les avis de Beat Kappeler rassurent. Particulièrement à Genève où certains persistent, en toute mauvaise foi, à faire croire que la situation est catastophique.

Pierre Kunz

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