02/10/2010

Ma vérité sur le nucléaire à Genève

La Constituante a donc décidé de proposer aux Genevois de modifier le texte figurant actuellement dans la constitution à propos de l'énergie nucléaire. La lecture objective de la nouvelle formulation amène à la constation que Genève entend continuer à se passer le plus possible de l'énergie nucléaire et que d'autre part, et surtout, désormais aucune initiative en matière de centrales nucléaires, de dépôts de déchets radio-actifs et d'usines de retraitement ne pourra être prise sans que les Genevois expriment leur avis par votation populaire. C'est donc de l'introduction du référendum obligatoire en matière nucléaire qu'il s'agit.

Dans ces conditions, pourquoi la gauche et l'extême-gauche expriment-elles avec une telle virulence leur mauvaise humeur ? Après tout ce texte ne diffère que peu de celui adopté dans d'autres constitutions cantonales, celle des Vaudois notamment. On peut voir trois motifs à l'attitude de ces partis.

Il y a bien sûr le mécontement de ceux qui, voici un quart de siècle avaient fait accepter au peuple genevois, imédiatement après la catastrophe deTchernobyl, le texte de leur initiative. Même si les articles qui depuis figurent dans notre charte fondamentale sont rédigés de manière excessive et incompatible avec le droit supérieur et qu'il n'ont par conséquent jamais obtenu l'aval de la Confédération, leurs rédacteurs voient dans leur remplacement par une version plus adéquate une atteinte à leur travail et à leurs convictions.

Il y a aussi, chez les anti-nucléaires sincères une grande frustration. Elle est compréhensible parce qu'au cours des débats de jeudi dernier ils ont découvert que, contrairement à ce qu'on leur répètent depuis des décennies, les Genevois utilisent le même courant électrique que celui qui alimente les Suisses et nos voisins français. Il est d'origine nuclaire à 40 % au moins.

La troisième raison de la réaction violente et mesongère de ceux qui vont jusqu'à affirmer que "le droite a relancé le nuclaire à Genève" réside dans la politique politicienne. La disposition actuelle exige - en toute hypocrisie d'ailleurs puisque la compétence en la matière est au niveau fédéral - que les autorités genevoises s'opposent par tous les moyens à la construction de centrales atomiques ou de dépôts de déchets nuclaires sur le terrioire cantonal et dans les régions proches. En réalité, il s'agit d'une norme technocratique qui fait des activistes de ContrAtom les "gardien du temple antinuclaire", qui leur donne le statut des "docteurs de la loi". Dans les faits, le peuple se trouve exclu du processus. On comprend que la révélation de ce déni démocratique et l'abrogation simultannée du fonds de commerce politique de certains mouvements extrêmistes embarrassent grandement ces derniers.

Il convient de le dire haut et fort. Les constituants qui ont voté en faveur de la nouvelle disposition constitutionnelle ne sont pas des amoureux des champignons nuclaires. Ce sont des élus conscients de leurs responsabilité à l'égard des générations futures. Ils se veulent pourtant réalistes et honnêtes. C'est pourquoi ils font la part du fédéralisme helvétique. C'est pourquoi surtout ils s'opposent aux illusions, aux simplifications et aux tromperies véhiculées par des idéologues absolutistes et déshumanisés.

Pierre Kunz

 

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