25/09/2010

Les Cherpines ? Dans 15 ans ?

Une fois de plus nous allons assister, sagissant du projet immobilier des Cherpines, à l'illustration de ce qui fait le caratère tout à fait particulier d'une partie non négligeable des Genevois. A savoir ce mélange, unique en Suisse, de prétention à la grandeur régionale du canton, à la générosité et aux visions ambitieuses d'une part, d'égoïsme et d'étroitesse d'esprit d'autre part.

On l'a dit et redit tant de fois qu'on ose à peine le répéter : Genève souffre de sa pire pénurie de logements depuis deux siècles. Tous les observateurs avertis le reconnaissent : c'est au monstre législatif qui a été mis en place au cours des trente dernières années que nous devons l'insuffisance grave que nous que nous connaissons. Si l'on ajoute à celà la capacité de nuisance des divers milieux qui, à toutes sortes de prétextes, encouragent les habitants bien logés du canton à recourir contre quasiment tout projet d'habitations nouvelles, chacun comprend que Genève se trouve dans un cul-de-sac.

Pourtant le remède existe et il est connu, même si peu d'acteurs osent le reconnaître honnêtement, les politiques encore moins que les autres. Il s'agit en premier lieu de casser un mythe, cesser de faire croire à la population que la solution peut provenir des zones dites de "développement", imaginées voici plusieurs décennies. Chacun peut constater qu'elles n'ont permis qu'un développement, celui des affrontements politiques stériles autour de la question du logement.

Puis il convient de dire clairement que le contrôle des loyers n'offre aucune solution durable à la pénurie. Il en renforce au contraire les effets. Seul un accroissement considérable et rapide des terrains constructibles permettra à Genève de retrouver, dans un délai raisonnable, un rythme de construction de logements conforme aux besoins de la population, plus particulièrement de ceux des jeunes et des nouveaux arrivants. Le déclassement des Cherpines va donc dans le bon sens, le seul possible.

Ces constats sont pourtant farouchement niés par ceux qui, de manière directe ou détournée, profitent de la situation. Une fois encore le projet des Cherpinent va mettre en évidence les incohérences et la petitesse de tout une partie de la classe poltique genevoise. Et il va évidemment se trouver ralenti voire stoppé.

Dans les opposant déclarés à ce projet on trouve en première ligne les Verts. Eux qui, notamment au sein de la Constituante embouchent régulièrement les trompettes du dévelopement durable de la région, une région au centre de laquelle Genève doit, répètent-ils, "assumer ses responsabilités". Eux qui pourtant se sont montrés disposés, au cours des dernières décennies, à accepter aussi bien le mitage des terres de la Riviera vaudoise que le massacre de la zone agricole haute-savoyarde et gessienne. Eux qui ont dans les faits cautionné l'explosion de la main d'oeuvre frontalière. Tout cela, au prétexte de notions aussi futiles, hypocrites et intenables, précisément à la lumière du développement durable, de la protection des terres agricoles genevoises et de l'autonomie alimentaire du canton, quand ce n'était pas avec l'ambition avouée de la décroissance pour Genève. Sans jamais, bien sûr, considérer par ailleurs le réel intérêt des agriculteurs.

On peut d'ores et déjà prédire que ne manqueront pas de rejoindre les Verts dans leur opposition toutes les associations actives sur le même front, officiellement celui de la protection de la planète, en réalité celui d'un conservatime anachronique.

Les rangs des opposants comptent aussi l'UDC, un allié bien ambarrassant. On n'en dira rien parce que rien ne permet d'expliquer par la raison son attitude.

Ces forces politiques, on peut le prévoir, parviendront à rassembler les signatures nécessaires à l'aboutissement d'un référendum. On peut espérer que les Genevois auront la sagesse de confirmer le déclassement voté par le Grand Conseil. Mais la construction des immeubles ne débutera pas pour autant. Gageons en effet qu'alors on verra entrer dans la ronde des "metteurs de bâtons dans les roues" les milieux dit de "la protection des locataires", proches du PS. Ceux qui empêcheront le projet de démarrer parce que, selon eux, il n'aura pas fait une part suffisante à l'habitat destiné aux gens modestes, parce que les infrastructures sociales y seront insuffisantes, etc. Et bien sûr le Conseil d'Etat se laissera aspirer dans l'habituel et interminable processus de "concertation".

Rendez-vous donc en 2025. Pour la pose de la première pierre de l'ensemble des Cherpines.

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