01/06/2010

A mes amis parlementaires fédéraux

 

 

Il se prépare à Berne la dernière étape d’une ignominie, d'une tranhison sale, impardonnable et sans exemple dans l’histoire helvétique des dernières décennies. C’est l’endossement par les Chambres fédérales d'un accord consistant à remettre à l’administration fiscale américaine le nom de 4500 clients de l’UBS qui se croyaient protégés par le droit suisse.

Cette trahison engagée par le Conseil fédéral, si elle est entérinée par le Conseil national et celui des Etats, sera pénible pour les gens concernés. Elle sera catastrophique pour l’image de la Suisse. Elle brise son honneur et la réputation de fiabilité de notre Etat de droit.

Le pronostic est sombre. Les vautours et les pleureuses de la politique helvétiques semblent prêts à sacrifier l’honneur du pays sur l’autel du « pragmatisme ». Oublieux du passé glorieux de l’Helvétie, les partis et nombre des parlementaires qui les représentent à Berne ne songent qu’à profiter de l’opportunité. Les uns pour engranger quelques bénéfices politiques collatéraux, les autres pour préparer les échéances électorales de l’an prochain. Sans parler de ceux qui n’agissent et ne parlent que dans l’espoir de « sauver les meubles » et de sauvegarder leur image.

Et le courage, bordel ?

Le courage de dire non. Celui de rappeler que rien n’oblige la Suisse à se comporter comme la Russie ou l’Ouganda, des pays où nul n’imagine pouvoir compter sur la pérennité du droit et l’honnêteté des juges. Le courage de réclamer un nouvel accord avec les USA, respectueux d’un principe juridique cardinal, celui de la non-rétroactivité des lois. Le courage de ne pas succomber à la pression de celui qui affiche la force et la morale.

Fort, vraiment ? Moral, vraiment ?

Dans cette affaire les USA ne sont pas forts. Ils font défiler leurs bataillons de propagandistes menaçants et de petits soldats juristes. Mais s’imaginent-ils que le peuple américain entend entrer en guerre financière économique avec la Suisse, ce petit pays qu’ils admirent précisément parce qu’il est (était ?) attaché à ses valeurs d’indépendance et de justice ?

Dans cette affaire les USA n’ont pas de leçon de morale à donner, tant leur passé les oblige à l’humilité. Qui ne se rappelle, par exemple, le jour où le président Nixon, dans les années 70, est unilatéralement revenu sur un engagement solennel, pris plusieurs décennies auparavant, en déclarant que désormais l’Etat américain refusera de rembourser en or les créances en dollars détenues contre le Trésor ?

Alors mes amis qui siégez à Berne, courage. Dites non !

Pierre Kunz

 

10:00 Publié dans Politique suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.