26/05/2010

La Gauche est nue ...

… alors elle jette du bois mouillé sur le feu et fait de la fumée afin de cacher ses vilaines formes.

Lors de sa séance plénière de mardi dernier la Constituante a vécu un évènement probablement unique dans la vie politique genevoise. Ce soir-là près de la moitié des élus présents, soit l’ensemble des constituants PS, Verts, Solidarité, Associations et Avivo, ont décidé de mettre un terme aux débats en quittant purement et simplement la salle.

Pourquoi ? Parce qu’ils avaient, quelques instants auparavant, été mis en minorité lors d’un vote sur un sujet traité par l’Assemblée de manière absolument démocratique et conformément aux règles de travail qu’elle s’est donnée voici plus d’un an.

Certes, le texte en discussion n’était pas anodin. Il couvrait un certains nombre de thèses, relatives pour certaines à la question du logement, auxquelles la Gauche entendait donner le poids de droits fondamentaux alors qu’à droite on préférait les regrouper dans un article intitulé « Buts de l’Etat ».

Mais les débats ont surtout mis en évidence que deux projets de société opposés s’affrontaient : les uns ambitionnaient de gonfler encore la foison de droits, souvent irréalistes, déjà existants et de les élever de plus au rang constitutionnel ; les autres avaient décidé de mettre un terme aux promesses illusoires et démagogiques dont le monde politique genevois abuse depuis trop longtemps. Et la Gauche n’a pas supporté que, pour la première fois depuis longtemps, les membres des groupes bourgeois aient le courage d’affirmer clairement, sans les habituelles concessions sur le fond, sa vision de la société et de l’imposer par le vote.

Pour la Gauche, c’est une simple défaite politique mais une défaite qui l’incommode grandement. Il est clairement apparu au sein de la Constituante que les élus de la Droite sont convaincus qu’ils n’ont pas le droit de transiger à propos de leurs valeurs essentielles, à savoir : liberté, responsabilité, solidarité et prospérité commune. Les compromis tactiques et les marchandages politiques incontournables au Grand Conseil ne sont pas de mise ici.

La Gauche a beau l’en accuser, cela ne signifie pas que la Droite a planifié d’abaisser la portée des droits fondamentaux ni même qu’elle entend réduire l’ampleur des tâches de l’Etat, en matière de logement encore moins qu’ailleurs. Comme l’exigent en vain depuis longtemps les habitants du canton, elle veut simplement dans la constitution substituer l’action aux déclarations sans portée. Elle est fermement décidée à mettre l’accent non pas sur des promesses de lendemains enchanteurs mais sur les missions concrètes de l’Etat et les moyens dont il doit disposer pour les accomplir.

Les discours agressifs des déçus d’hier dans les médias de ce mercredi ne forment donc qu’une épaisse fumée destinée à inquiéter les Genevois quant à leur avenir. Ils visent aussi à rhabiller une Gauche soudainement mise à nu.

Pierre Kunz, constituant

15:09 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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