26/04/2010

Notations S & P, le canton de Genève premier de classe ?

Voici quelques jours la Tribune de Genève gratifiait le Conseil d’Etat d’un article dithyrambique à propos de l’aptitude « remarquable » de notre gouvernement à gérer les finances cantonales. Et de souligner le propos par l’exclamation : « Une note d’enfer de Standard & Poor’s pour le canton ! ».

Pourquoi cette débauche de compliments ? Parce que Genève … a conservé en 2009 sa notation de l’année précédente, soit A +. La surprise des lecteurs avertis fut grande de ne lire, sous la plume de la journaliste, aucun commentaire critique à ce sujet, aucun mot relativisant la portée d’une telle note, aucune indication comparative avec d’autres cantons helvétiques.

La Julie de ce jour revient sur le sujet par l’intermédiaire des comptes de la Ville. Ô surprise, il apparaît que la Ville est mieux notée que le canton avec un rating de AA -. Bien sûr, le Conseil administratif de la Ville ne se prive pas de se réjouir que l’on reconnaisse qu’il gère mieux ses finances que le Conseil d’Etat.

Mais comment se comparent ces chiffres avec ceux des autres cantons ?

La notation que S & P a attribuée à la Ville relativise déjà quelque peu les rodomontades de certains conseillers d’Etat et députés. Mais, s’ils sont honnêtes et conscients de l’intérêt général plus que de leur image personnelle, ils seront contraints à un peu d’humilité en prenant connaissance des quelques informations suivantes, curieusement omises par la journaliste susmentionnée.

Le canton de Genève est le canton suisse qui détient le rating le plus bas du pays. C’est même le seul à ne pas bénéficier d’un AA.

Zurich, les deux Appenzell, Nidwald, Schwyz et Zoug sont notées AAA.

Bale Ville, Berne, Fribourg, Jura, Lucerne, Neuchâtel, St Gall, Tessin, bénéficient de la note AA.

La note genevoise est restée inchangée depuis 2003. Alors que le canton de Vaud a passé progressivement entre 2003 et 2009 de A à AA grâce , nous dit S & P, « aux bonnes performances budgétaires du canton, dû notamment à un contrôle étroit des coûts ainsi qu’à un niveau d’endettement fortement réduit depuis 2005 ».

De qui faut-il se plaindre le plus ? D’un Conseil d’Etat qui se vante sans raison ou d’un média qui fournit une information incomplète et trompeuse ?

Pierre Kunz

17:41 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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