27/03/2010

Les écoliers travailleront plus; retour de l'école de grand-papa"?

Certains évènements, la manière surtout dont ils sont relayés par la presse, sont particulièrement révélateurs des modes de pensée ambiants. On notera pour la petite histoire la manière dont la TdG a présenté aux Genevois la réforme des horaires de travail des élèves du primaire.

Un titre : « Les écoliers auront cours le mercredi matin »

Une seule mise en évidence dans le texte : « Les enseignants n’auront pas à travailler davantage »

Chacun comprend que des horaires allongés pour les élèves impliquent une réorganisation équitable du travail des enseignants. Mais que pensent de ce parallèle les écoliers, privés de leur mercredi de congé, et les parents ?

Il était devenu évident que l’enseignement primaire genevois, sous l’effet conjugué des théories pédagogistes, du corporatisme de la profession, du pouvoir de la technocratie et de l’aspiration généralisée à la « société du plaisir », avait dérivé vers la facilité et la médiocrité. Le retour à une école primaire plus laborieuse, plus exigeante, orientée davantage vers l’effort que vers l’épanouissement sans contrainte, le retour à « l’école de grand-papa », diront certains, était inéluctable.

L’accroissement du nombre d’heures de classes constitue la première étape dans le processus salutaire du retour à la raison. Mais les mentalités, au sein du DIP, ont-elles réellement changé ? Pas sûr.

Rien en effet ne laisse penser que cette démarche annonce le retour du rôle du « maître », celui qui était libre de prodiguer son enseignement avec bon sens, selon son cœur autant que conformément à une méthode. Celui qui était nommé à son poste en acquérant simultanément non seulement la mission de transmettre un savoir mais également la liberté d’organiser son travail et de gérer sa classe comme il l’entendait. Celui qui bien sûr avait des obligations de résultats mais qui se sentait responsable devant les élèves et leurs parents bien davantage que devant l’autorité. Celui qui consacrait son temps à ses élèves bien plus qu’aux formalités administratives et soi-disant pédagogiques imposées par la hiérarchie.

Rien n’indique encore que nous allons en finir avec l’école abstraite pour en revenir à l’école réelle, celle du maître et de sa classe.

Pierre Kunz

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21/03/2010

Vous n'aimez pas la croissance ?

 

 

La crise économique et financière qui a frappé le monde en 2008 paraît sous contrôle. Ses effets par contre continuent de s’abattre sur les populations, notamment celles du monde occidental, et nous n’avons pas fini de mesurer les conséquences des opérations de sauvetage entreprises à hauteur de centaines de milliards de dollars par les pays industrialisés en termes d’inflation et d’accroissement de la fiscalité.

Faut-il pour autant, comme certains le prétendent, remettre en cause le modèle économique qui a tant contribué à l’élévation de notre niveau de vie et au développement des pays du Sud ? Faut-il, pour prévenir désormais les abus commis par le secteur bancaire et financier, jeter le capitalisme et la croissance aux orties ?

Il est inutile de prétendre convaincre les milieux qui mènent contre le capitalisme une lutte de caractère idéologique. Ils n’entendent toujours pas tirer les enseignements de cinq siècles d’histoire capitaliste et de son sous-produit, la démocratie, libre à eux.

Par contre ils sont bien plus inquiétants, ceux qui, au prétexte de l’épuisement des ressources naturelles et des atteintes indéniables du système industriel à l’environnement, ont recommencé de promouvoir la « décroissance » avec le même enthousiasme que celui de leurs prédécesseurs des années 1960 et 1970. Forts des constats de ces deux dernières années économiques désastreuses, ils croient trouver dans le « retour à un mode de vie raisonnable » la solution à tous les maux de la planète.

Ils sont plus inquiétants parce qu’ils semblent n’avoir pas compris que c’est à la croissance économique et à la répartition des richesses nouvelles ainsi créées que le monde occidental doit ses équilibres sociaux. Ils ne semblent pas avoir compris que c’est essentiellement sur la croissance économique que reposent les possibilités, pour les classes les moins favorisées, d’améliorer leur sort et de gravir l’échelle sociale.

Il faut les renvoyer à leurs livres d’histoire, ceux qui prônent la décroissance. Ils y constateront qu’une société dans laquelle « l’ascenseur social » ne fonctionne plus est condamnée aux plus graves troubles. Parce que bien pire qu’une société inégalitaire est une société divisée en classes imperméables. Cette dernière est toujours explosive.

Certes il n’est pas inutile que nous nous posions des questions quant au type de croissance que nous voulons. Il est même indispensable que remettions en cause les pseudo-valeurs matérialistes et hédonistes de l’Occident, que nous modifions considérablement notre manière d’exploiter les ressources naturelles et que nous prenions davantage soin de notre environnement.

Mais pourquoi diable ces objectifs devraient-ils nous mener sur le chemin périlleux de la décroissance ? L’émergence des nouvelles puissances économiques remettront fortement en cause, et violemment, le niveau de vie des Européens. Pour éviter que ce « grand partage » conduise à la réduction de nos conditions d’existence nous devrons travailler dur et mobiliser tout notre savoir. Le dangereux discours de la décroissance, surtout lorsqu’il est accommodé par des intellectuels et des soi-disant « experts »,  ne peut que nuire à cette mobilisation et à ces efforts.

Pierre Kunz

11:49 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

18/03/2010

Un président "permanent" pour Genève ?

 

 

Lors du débat que la TdG a organisé hier soir à Uni Mail les quatre conseillers d’Etat présents (un Vaudois, un Bâlois et deux Genevois) sont tombés d’accord non seulement pour dire tout le bien qu’ils pensaient du système présidentiel institutionnalisé dans le Pays de Vaud et à Bâle, mais encore pour vanter la décision prise à ce sujet par la Commission 3 (Institutions) de la Constituante genevoise. Rappelons que cette décision vise à donner à Genève un président, désigné par le collège gouvernemental mais sans ascendant sur eux, pour toute la durée de la législature.

Les raisons de cette belle unanimité, contestée par le seul Pascal Sciarini, politologue ? Elles sont d’ordre purement pratique. On a invoqué l’utilité administrative de l’institution d’un département présidentiel et l’intérêt d’une présidence durable s’agissant de la représentation du canton à l’extérieur.

On peut comprendre, de la part de conseillers d’Etat en place, qu’ils apprécient une évolution destinée à simplifier leur tâche et, accessoirement, à auréoler leur carrière politique. Mais on ne peut que s’étonner qu’aucun d’eux n’ait évoqué les attentes des Genevois dans cette affaire et admis les graves difficultés liées actuellement à l’exercice du pouvoir exécutif.

Peu préoccupés par l’intendance du Conseil d’Etat, qu’attendent surtout nos concitoyens ? Que le gouvernement entreprenne de gouverner le canton. Qu’il explique où il entend mener Genève. Qu’il prenne des décisions, quitte à commettre des erreurs, pour résoudre les problèmes qui empoisonnent la vie de la population : pénurie de logements, état de crise permanent à l’école et dans la police, encombrement du système routier, hausse incontrôlée des dépenses publiques, etc.

Or la réforme votée en Com3 n’apporte pas de réponse à ces préoccupations. Avec son nouveau président le Conseil d’Etat, même si les personnes qui le composent sont de grande qualité, restera prisonnier de son mode d’élection à la proportionnelle, de sa géométrie hasardeuse et de son fonctionnement collégial et « consensuel ». Il restera incapable de s’élever au dessus de l’immobilisme, des compromis médiocres et conjoncturels. Ce « comité paritaire administratif » (Robert Badinter dixit) ne pourra pas mieux gouverner qu’aujourd’hui.

Hier soir un chemin a pourtant été ouvert par le Bâlois Guy Morin. Il a indiqué que dans son canton le président n’est pas désigné par le collège gouvernemental mais élu par le Souverain au suffrage universel, ce qui lui donne une légitimité incontestable et un ascendant sur ses collègues. Un tel système, a-t-il souligné, conduira immanquablement vers une élection dans laquelle s’affronteront à l’avenir des listes de coalition. Avec l’obligation pour les « têtes de liste », soit les candidats à la présidence du Conseil d’Etat, d’annoncer leur programme politique.

En adoptant cette procédure électorale la Constituante genevoise pourrait donc non seulement permettre au Conseil d’Etat de résoudre ses problèmes pratiques mais aussi de satisfaire aux exigences d’une gouvernance moderne. Osera-t-elle ?

Pierre Kunz

09:14 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

13/03/2010

La Suisse, son image, ses doutes

La presse du weekend consacre plusieurs pages d’interviews, de réflexions et de commentaires à l’image de la Suisse dans le monde. Immanquablement y surgissent les questions relatives aux évènements qui sont à l’origine des difficultés que nous rencontrons depuis la fin des années 1980.

C’est Montesquieu qui, voici près de deux siècles et demi, nous a appris à déceler sous les causes apparentes les causes profondes d’un évènement. S’agissant des symptômes de nos problèmes et des préoccupations qui en conséquence assombrissent nos humeurs, on s’accorde facilement pour relever l’affaire des fonds en déshérence, le grounding de Swissair, le désastre de Swissair, la montée des populismes, les coûts de notre système de santé ou encore le déséquilibre de nos institutions de prévoyance. Mais le consensus fait défaut en ce qui concerne les causes profondes de nos maux qui sont institutionnels.

Les observateurs avisés ont compris que notre pays est confronté depuis deux décennies aux mêmes bouleversements que nos voisins : la disparition progressive des protectionnismes, la mondialisation des échanges, l’émergence de nouvelles puissances économiques, la concurrence internationale rendue plus féroce, la lourdeur des Etats sociaux occidentaux. S’ajoute à ces facteurs une caractéristique propre à la Confédération, son mode de gouvernance incompatible avec les exigences de cet environnement nouveau. Un système unique au monde fondé sur la « concordance », soit sur l’élection de notre gouvernement fédéral et des exécutifs cantonaux à la proportionnelle.

Comme le relève un observateur avisé, Jean-Louis Bourlanges, la Suisse est en deuil d’une mission historique évanouie depuis la chute du Mur. Elle a longtemps voulu et pu être un arbitre, elle doit devenir un acteur. Or pour être un acteur la Suisse doit être en mesure de décider. Décider du rôle qu’elle entend jouer, de la stratégie qu’elle peut mettre en œuvre pour atteindre ses objectifs et des ressources qu’elle veut utiliser à cet effet.

Mais comment le Conseil fédéral pourrait-il s’engager dans un processus décisionnel aussi ambitieux dans le cadre de la concordance ? Comment pourrait-il convaincre les Chambres d’abord, la population ensuite, composé qu’il est de ministres défendant des visions aussi divergentes que celle des élus socialistes et UDC ? Comment un tel collège pourrait-il se rassembler sur autre chose que des choix médiocres et la conservation du statu quo ?

Si notre pays et les cantons, dans leur sphère de compétences, entendent répondre aux défis qui nous attendent encore il est nécessaire que le monde politique ose affronter la cause profonde de nos handicaps. Il est indispensable qu’il trouve le courage de rompre avec nos modes de gouvernance anachroniques. Car, souligne Beat Kappeler dans Le Temps de ce jour « les atteintes à l’image de la Suisse proviennent des manquements du gouvernement lui-même ». Des manquements qui expliquent son imprévoyance, son inaction et ses réactions inadéquates ou tardives.

Pierre Kunz

15:33 Publié dans Politique suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

09/03/2010

La Constituante file du mauvais coton

Dans son édition de ce jour Le Temps consacre une demi-page aux travaux de la Constituante. La manière dont les choses s’y passent, note la journaliste, le climat qui y règne et, surtout, les décisions qui se prennent au sein de certaines commissions donnent des sueurs froides à plusieurs élus, radicaux notamment.

Il y a de quoi. Nombre de constituants ne semblent pas avoir compris que le but de leur mission n’est pas d’organiser la vie politique du canton dans l’intérêt de leur parti respectif mais bien de concevoir une charte fondamentale pour l’ensemble des Genevois. Celle-ci ne saurait reposer sur les calculs et les ambitions des goupes politiques quant à leurs prochaines échéances électorales. Elle doit refléter des considérations et des objectifs institutionnels, en particulier celles et ceux concernant l’équilibre des pouvoirs au sein de notre démocratie parlementaire.

Or cet équilibre est actuellement précaire. On peut même affirmer qu’il n’existe plus avec un Conseil d’Etat sans gouvernail, un Grand Conseil paralysé par son inefficacité et des démagogues en mesure d’abuser de plus en plus aisément des droits populaires. C’est un nouvel équilibre, conforme aux exigences de notre environnement nouveau (rôle renforcé des médias, internet, mondialisation des échanges, etc.), qu’il s’agit d’inventer. Malheureusement les membres de la Constituante éprouvent une peine infinie à s’extraire des réflexes partisans et des habitudes pour se hisser à la hauteur des enjeux.

En témoigne la réaction du constituant Thierry Tanquerel qui, en matière de droits populaires, justifie son vote favorable à une réduction du nombre des signatures requises en ramenant cette question une simple affaire gauche-droite et en expliquant qu’il s’agit de donner l’accès des droits populaires à des gens qui n’ont pas de grands moyens financiers. Et qui réfute l’idée d’un renforcement de l’homogénéité du Conseil d’Etat au prétexte qu’elle est « élitaire et gaullienne » ou encore parce qu’elle est « contraire aux mœurs suisses et à une culture qui a fait ses preuves ». Ainsi, même lui, l’intellectuel et le professeur de droit spécialiste des questions constitutionnelles, reste imperméable à la problématique essentielle de la dérive de notre Etat, à savoir le déséquilibre de ses institutions. Sans égard pour les risques que ce déséquilibre fait courir aux générations futures, il ne paraît préoccupé que par rôle actuellement minoritaire du parti politique auquel il appartient et par les moyens d’améliorer sa situation.

Pas étonnant que d’autres aillent encore plus loin dans le déni des réalités. Comme ceux qui affirment contre toutes évidences qu’à l’ère d’internet il est devenu plus difficile de récolter des signatures pour une initiative ou un référendum. Ou comme ce constituant qui prétend, en donnant encore plus de pouvoir à la rue, « oeuvrer pour que les gens se réapproprient les droits populaires ». Il pense manifestement que les problèmes du canton trouveront plus aisément leur solution lorsque le Conseil d’Etat et le Grand Conseil seront encore davantage mis dans l’impossibilité de gouverner Genève conformément à la volonté de la majorité.

Décidément, ils sont nombreux à Genève ceux qui ont oublié la leçon de leur illustre prédécesseur Ernest Naville, pionnier au 19ème siècle de la démocratie représentative. « En démocratie, écrivait-il, le droit d’être représenté appartient à tous, celui de gouverner appartient à la majorité. »

Pierre Kunz

13:57 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

01/03/2010

Au PS il manque le courage; comme au PLR et au PDC

 

 

On comprend que le citoyen moyen éprouve de la difficulté à discerner l’anachronisme de la « concordance » en ce début de 21ème siècle et qu’il peine à en déterminer les graves faiblesses en matière de gouvernance. On le comprend d’autant mieux que même les acteurs et les dirigeants politiques du pays paraissent à ce sujet incapables d’élargir leur vision, de « penser à coté » comme aurait dit Einstein.

Les lecteurs du quotidien Le Temps ont pu s’en convaincre une nouvelle fois en prenant connaissance de l’interview de M. Christian Levrat relatée ce lundi. « Le PS va mal et la confiance des électeurs ne se reconstruit que lentement», admet son président. Comment le PS entend-il reconquérir son électorat ? En prenant un rôle de leader dans une année dont les socialistes veulent qu’elle soit de grandes confrontations sociales. En poursuivant sa lutte contre la place financière helvétique, en faisant campagne contre la révision de la loi sur le 2ème pilier et en menaçant de lancer un référendum contre la révision de la loi destinée à assainir la caisse de chômage. Autrement dit, en accentuant encore sa contestation déjà vigoureuse des projets politiques d’un Conseil fédéral … dont fait partie le PS !

Tout démocrate parlementaire responsable admettrait qu’il y a dans cette attitude une incohérence insupportable, surtout s’il s’agit du président d’un parti dit gouvernemental. Pas M. Levrat qui manifestement ne semble pas voir les choses ainsi. Il affirme que le Conseil fédéral est incapable de gouverner correctement, que le pays « manque d’une capacité de réflexion, des moyens de se projeter dans l’avenir, qu’il sombre dans une vie politique de comptable, que la gestion des risques est grossièrement insatisfaisante ». Il n’empêche, il se refuse à toute modification institutionnelle s’agissant de la direction politique du pays. Et surtout, à aucun moment le président du PS n’envisage l’hypothèse que son parti, par élémentaire souci d’honnêteté intellectuelle et de cohérence politique, puisse quitter un Conseil fédéral qui « fait si faux ».

Pourquoi ? Deux explications sont possibles.

La première pourrait se trouver dans l’aveuglement et dans l’incompétence du président du PS. Cette réponse n’est guère crédible car les propos inconsistants de M. Levrat ne suffisent pas à masquer complètement l’intelligence de l’homme.

La seconde paraît plus sérieuse et met en évidence l’absence de courage du chef des socialistes. L’appartenance au Conseil fédéral a amené au PS depuis 1943 un lot de profits non négligeable en termes financiers et de notoriété. Depuis plus d’un demi-siècle le PS, malgré son statut de parti très minoritaire dans le pays, fait en effet partie de l’establishment politique et participe de surcroît directement à la répartition des fruits du pouvoir au plan fédéral comme dans les cantons. Mais ces avantages ne pèsent plus assez pour contrebalancer leurs revers, à savoir la perte de crédibilité du PS aux yeux de ceux qu’il prétend représenter. Leurs électeurs se rendent de mieux en mieux compte, particulièrement depuis une vingtaine d’années, que les élus socialistes ne représentent souvent plus que des alibis commodes pour les partis bourgeois au sein des exécutifs helvétiques, forcés qu’ils sont de cautionner des politiques de droite. Mais les leaders du PS refusent de voir cette réalité. Eux qui songent tous à accéder un jour à un gouvernement cantonal ou au Conseil fédéral, ils ne goûtent que peu l’hypothèse de voir leur parti retourner dans l’opposition. Leur rêve s’effondrerait.

Le renoncement au Conseil fédéral redonnerait pourtant au PS l’honnêteté intellectuelle et la crédibilité perdues, donc un poids politique accru. Il apporterait aussi à la Suisse ce qui lui manque depuis longtemps, à savoir une opposition sérieuse, cohérente et capable de peser efficacement sur la vie politique du pays. Mais surtout cette démarche spectaculaire obligerait enfin les radicaux-libéraux et les démo-chrétiens à prendre les responsabilités qu’ils fuient avec une constance affligeante. Ce serait en effet l’heure de vérité pour les deux partis « historiques » qui, trop faibles pour gouverner seuls, ne pourraient plus échapper à la question politique essentielle : pour résoudre les problèmes qui se posent au pays, pour construire l’avenir de la Suisse, allons-nous nous entendre avec l’UDC ou avec le PS ?

Pierre Kunz

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