02/02/2010

1er février 2010

 

 

Il est des dates qui, sans que les contemporains se rendent compte de leur importance, marquent l’histoire de manière indélébile et demeurent pour toujours dans les livres et la mémoire collective. Il en fut ainsi avec le 21 juillet 1969, jour où l’Homme a mis le pied sur la lune pour la première fois mais jour où, surtout, grâce aux images offertes par les cosmonautes, les habitants de la planète Terre ont aperçu celle-ci dans sa globalité et sa petitesse. Il est sûr que dès cet instant plus rien ne pouvait arrêter la globalisation, la mondialisation des activités humaines au profit de tous.

Le 1er février 2010 constitue certainement une de ces dates marquantes dans l’histoire de l’humanité. Ce jour-là en effet s’est produit un évènement d’une importance décisive : le président Obama a annoncé aux Américains que leur pays, miné par leur incapacité de vivre selon leurs moyens, par leur endettement public et privé, par la dispersion démesurée de leurs ressources économiques, financières et militaires, allait devoir renoncer à la part la plus symbolique de la conquête spatiale, la colonisation de la lune et la visite de la planète Mars.

Au deuxième jour de février 2010 il est probable que la plupart des Américains n’ont pas encore compris, les autres pays occidentaux non plus, qu’avec ce retrait s’ouvre une ère nouvelle et un monde nouveau. Un monde dans lequel l’Occident ne sera plus le moteur de l’évolution scientifique et économique planétaire, le centre du système relationnel des nations, l’acteur incontournable de la paix et de la guerre.

En se retirant de la lutte pour les espaces interplanétaires les Américains ont admis de facto qu’ils laissaient la voie libre aux peuples des pays émergeants, aux Chinois en particulier. Ces peuples, portés par leur culture millénaire autant que par l’ambition, la force du travail partagé, les talents et la confiance qu’ils se sont redécouverts, s’affirment chaque année davantage et prennent, ou reprennent, leur part des ressources mondiales dont nous les avons privés si longtemps. Ces peuples qui depuis des siècles ont appris la mesure que nous avons perdue dans notre attirance immodérée pour le consumérisme, le matérialisme et l’individualisme.

Le 1er février 2010 marque symboliquement autant que dans la réalité la fin d’un monde, entièrement organisé à l’avantage des vieilles nations industrialisées, au profit de leurs anciens « protectorats ». Certes, dans ce nouvel ordre planétaire l’Occident survivra, il apportera encore son génie et continuera de profiter des richesses de la planète. Pour autant qu’il sache renoncer à la facilité, retrouver le goût de l’effort et renouer avec la méritocratie.

Pierre Kunz

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