27/01/2010

Seigneur, ne leur pardonne pas car ils devraient savoir ce qu'ils font !

« Mégaprojet à Vernier : 1000 logements, 4000 emplois ». C’est sous ce titre que la presse genevoise nous apprend qu’un investisseur entend se lancer dans un projet de construction digne des plus belles années du milieu du siècle dernier. Sauf que …

Sauf qu’à l’époque les projets d’une telle envergure – cités de Meyrin, d’Onex, des Avanchets notamment - étaient conduits à terme grâce à une législation favorable, une volonté politique ferme, notamment celle de déclasser les terrains requis, et une large adhésion populaire. Or nous sommes bien éloignés aujourd’hui de cette situation idyllique, les histoires rocambolesques des Communaux d’Ambilly et du projet PAV en témoignent.

Sauf qu’à l’époque les projets de ce type, contrairement à celui qu’on nous annonce, étaient équilibrés. Ils s’inscrivaient dans le cadre d’un développement harmonieux des activités économiques du canton. Même si certaines communes - Onex par exemple - souffrent encore aujourd’hui de l’état de « cité-dortoir » qui est issu pour elles de la construction de ces cités, à l’échelle du canton le nombre des logements en construction accompagnait de manière équilibrée l’accroissement du nombre des emplois créés. Ceux qui venaient à Genève pour y travailler trouvaient à s’y loger. Cet équilibre a été rompu depuis près de trois décennies avec comme résultat qu’actuellement près de 30 % de ceux qui occupent un emploi dans le canton vivent avec leur famille en France voisine ou en Pays de Vaud, ce qui ne manque pas, chacun le sait, de congestionner la circulation routière du canton et d’affaiblir les finances publiques. Où iront se loger les 3000 personjnes qui occuperont les 3/4 de emplois prévus ?

De ce qui précède on doit tirer une double conclusion. 

La première est que manifestement nos autorités restent incapables de forger la politique du logement qui sortira Genève de la pénurie, c’est-à-dire une politique conçue autour d’une part de la nécessité de rattraper le retard de Genève en matière d’habitations, d’autre part de l’équilibre à tenir entre le nombre des emplois créés et celui des logements construits. A preuve nous dit la TdG, « Vernier et l’Etat sont favorables » à ce projet stupéfiant.

La seconde, conséquence en quelques sortes de la précédente, est que ce n’est pas demain que sera creusée la première tranchée. Comment en effet le Conseil d’Etat et la commune de Vernier peuvent-ils imaginer un instant, dans le contexte évoqué plus haut, que ce mégaprojet pourra engendrer autre chose que des espoirs à décevoir, des oppositions innombrables et des discussions sans fins ?

Pierre Kunz

20:30 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.