28/12/2009

Pour en finir avec Copenhague

 

 

Le sommet de Copenhague s’est achevé sur un non accord selon certains participants, sur un accord croupion aux dires de quelques autres, sur une « avancée » pour les derniers. Pourquoi diable dans les milieux écologistes et les médias se montrent-on catastrophé, désespéré ou même révolté ?

Avec les quelques jours de recul que chacun a pu prendre depuis le 20 décembre il est possible de répondre à cette question. En fait nous nous trouvions, à la mi-décembre 2009, dans la même situation que celle qui précédait par exemple la votation de 1992 au sujet de EEE ou celle plus récente concernant l’initiative anti-minarets. Dans chaque cas il y a eu attentes irréalistes. La déception ne pouvait donc être qu'excessive dans son expression.

L’activisme des milieux dits « progressistes », intellectuels et/ou directement concernés, en l’occurrence les cercles écologistes - que le professeur Guy Sorman qualifie méchamment de « réchauffistes » - s’étaient engagés avant le sommet dans une vaste campagne destinée à impressionner les populations et à faire pression sur les décideurs. Relayée par les médias du monde entier cette campagne a pris la dimension d’une véritable croisade dont les acteurs ont peu à peu oublié le contexte. Sans égard pour les réalités politiques, sociales et économiques des pays de la planète, ces soldats du dieu vert ont fini par croire à l’absolue nécessité, à l’inéluctabilité d’un accord contraignant chacun à la réduction à brève échéance de ses émissions de gaz à effet de serre.

En fait un tel accord était tout simplement impossible parce qu’il aurait signifié, il faut le souligner puisque les activistes verts ne le font jamais et les médias si peu, une baisse du niveau de vie des habitants des pays industrialisés du Nord et une réduction du rythme du développement des pays émergeants. Il est certes possible d’argumenter longuement pour défendre cette baisse et cette réduction au regard des conséquences du réchauffement climatique sur les générations futures, qu’elles habitent au Nord ou dans le Sud. Mais il est manifeste que cette argumentation demeure actuellement insuffisamment fondée sur des faits mesurés pour convaincre l’humanité. Elle repose encore essentiellement sur des hypothèses et des modèles théoriques.

Ceux qui pensaient probable, parce que absolument nécessaire selon eux, l’accord qu’ils appelaient à corps et à cris se trompaient donc eux-mêmes. Ils ont en particulier oublié que plus de la moitié des chefs d’Etat présents à Copenhague dirigent une démocratie. Il était impossible à ceux-ci de prendre des engagements dont ils savaient avec certitude, notamment parce que les « réchauffistes » ne sont pas suffisamment crédibles, qu’ils ne pourraient jamais les faire avaliser par leur parlements et leurs électeurs respectifs.

Ce ne sont donc pas davantage les Chinois que les Américains qui ont conduit au non-accord de Copengague. Ce sont tous les peuples de la planète, eux qui demeurent incrédules ou en tous cas insuffisamment mobilisés.

Faut-il pour autant renoncer à lutter contre le réchauffement climatique ? Non bien sûr.

Mais il convient de d’agir de manière raisonnable et de mettre un terme aux discours aussi catastrophistes que peu scientifiques dont nous sommes abreuvés. Il est indispensable en particulier que les médias retrouvent leur rôle d’enquêteurs sérieux et qu’ils relayent avec davantage d’esprit critique la foison de rapports publiés par les experts et les soi-disant experts. Qu’ils ne se contentent plus de transmettre sans recul les déclarations que les chefs d’Etat aiment publier lors de leurs « sommets » qui n’engagent personne - comme celui de juillet dernier en Italie quand Merkel, Berlusconi, Sarkozy, Obama, etc., ont annoncé cérémonieusement leur intention de diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050 par rapport à 1990 et de 80 % ou plus pour les pays industrialisés !

Il est nécessaire par ailleurs que dans nos efforts nous demeurions réalistes et cohérents. Comment par exemple pourrions-nous, comme l’exigent les Verts suisses, renoncer complètement d’ici à 2050 à l’utilisation de toutes les énergies fossiles et dans le même laps de temps mettre hors service toutes les centrales nucléaires du pays sans les remplacer ?

Il convient aussi que les objectifs dont prétendent se doter les uns et les autres restent honnêtes. Il n’est pas honnête par exemple que le gouvernement suisse laisse croire à ses citoyens que notre pays atteindra les engagements qu’il a prix à Kyoto - soit de réduire pour la période de 2008 à 2012 ses émissions de gaz à effet de serre de 8 % par rapport à 1990 – alors que pour plus d’un tiers les réductions en question s’obtiennent par … l’achat de droits de polluer à l’étranger !

Il est temps enfin que nous sortions des rêveries. Celle consistant par exemple à promouvoir des concepts aussi utopiques que celui de la « Société à 2000 watts ». Celle aussi consistant à croire que les énergies solaire et éolienne pourront représenter un jour une source énergétique majeure. S’agissant des gaz à effet de serre, il est temps que nous admettions que la réduction des émissions ne saurait constituer « la » solution. Nombre de spécialistes misent plutôt sur les techniques de séquestration et de stockage de ces gaz.

Pierre Kunz

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26/12/2009

Gouverner en Suisse, mirages et vrais choix

 

L’ancien ambassadeur de Suisse Bénédict de Tscharner a expliqué récemment dans un quotidien romand à quoi, selon lui devrait ressembler le nouveau gouvernement suisse. Il imagine un exécutif de cinq conseillers fédéraux flanqués de 18 ministres, tous élus pour quatre ans par l’Assemblée fédérale qui, dans ses choix, « devra refléter équitablement la diversité politique, linguistique et régionale du pays au sein de ce collège ».

Nul doute que cette formule offre quelques perspectives intéressantes, notamment dans le domaine de nos relations internationales. Celles-ci deviendraient ainsi nettement plus compréhensibles par nos partenaires. Mais est-ce qu’un gouvernement ainsi formé se révèlerait plus apte à diriger la Suisse dans son environnement nouveau ? Les savants dosages qu’appelle M. de Tscharner de ses vœux sont-ils compatibles avec les exigences du fonctionnent d’une Confédération qui cherche sa voie dans un monde ne ressemblant plus en rien à celui de la deuxième moitié du 20ème siècle ?

Peu probable. M. de Tscharner fait référence par exemple, s’agissant de la prise des décisions du Conseil fédéral tel qu’il l’envisage, à un programme gouvernemental élaboré pour la durée de la législature ? N’a-t-il pas vu que les autorités fédérales et les partis politiques ont déjà cherché à élaborer un tel programme et que cette démarche n’a abouti à rien de sérieux ? N’a-t-il pas compris que c’est tout simplement parce que les partis qui sont actuellement représentés au Conseil fédéral non seulement sont incapables de se mettre d’accord sur des objectifs communs ambitieux mais qu’ils n’y ont aucun intérêt ?

Incapables de se mettre d’accord parce qu’un tel programme consiste à vouloir concilier des idéologies politiques inconciliables. Aucun intérêt parce que l’objectif des partis politiques concernés, ceux qui participent au Conseil fédéral, n’est pas de gouverner le pays, de l’entraîner dans l’avenir mais « d’en être ». Il s’agit-là du dévoiement le plus grave d’un système politique, dit de la « concordance », qui a certes beaucoup apporté à la Suisse au siècle dernier mais qui se révèle désormais anachronique. Il péjore gravement l’aptitude du pays à affronter ses problèmes et son avenir.

Chacun peut faire la même observation au plan cantonal où la même paralysie existe, particulièrement à Genève. Les constituants actuellement au travail failliraient donc à leur mission si, s’agissant de l’organisation et du fonctionnement de la gouvernance du canton, ils se contentaient de proposer aux Genevois des réformes superficielles. Adopter une présidence du Conseil d’Etat pour la durée de la législature, redonner au Conseil d’Etat la direction de la phase préliminaire du processus législatif, allonger d’un an la durée de la législature, forcer le Conseil d’Etat à soumettre au Grand Conseil un programme politique ne suffiront pas en effet à redonner leur efficacité aux pouvoirs exécutif et législatif.

Il est peu probable qu’au niveau fédéral l’on s’achemine avant longtemps vers le système politique dont la Suisse moderne a besoin. Les forces conservatrices y sont trop puissantes, les craintes des partis trop lourdes de perdre leur « place à table ». Mais Genève dispose d’une opportunité unique non seulement de réformer en 2012 son fonctionnement politique mais aussi de donner aux Suisses l’exemple de son ambition et de son dynamisme.

A cet effet il faut que les constituants acceptent de rompre avec le passé. Il faut que la nouvelle constitution garantisse au canton un gouvernement homogène, que ses membres soient élus par choix entre plusieurs listes complètes de sept membres, chaque équipe s’engageant à mettre en œuvre un programme politique clairement énoncé. Il faut que le Grand Conseil retrouve sa mission originelle, celle d’édicter les lois, de contrôler l’action gouvernementale plutôt que de prétendre gouverner à sa place et de sanctionner le Conseil d’Etat si besoin est.

Il faut aussi que les droits du souverain, le peuple, soient certes confirmés s’agissant des droits de referendum et d’initiative législative, mais qu’ils soient simultanément rendus plus difficilement accessibles aux démagogues et aux populistes ans leurs élans constitutionnels. Il y va de la protection de la nouvelle constitution dont les Genevois veulent se doter et de sa pérennité.

Genève saura-t-elle se montrer à la hauteur des défis qui l’attendent ? Saura-t-elle, comme au milieu du 19ème siècle, ouvrir la voie des réformes au pays ?


Pierre Kunz, constituant

 

10:41 Publié dans Politique suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

22/12/2009

Pourquoi les politiciens nous racontent-ils des salades ?

 

 

 

C’est la question que Claude Monnier se pose ce matin dans la TdG. Et sa réponse est éloquente : « Parce qu’ils ne sont pas maîtres de la réalité. (..) Et si, sachant cela nous les élisons quand même c’est que nous aimons bien leurs salades et leurs promesses en l’air ».

L’actualité nucléaire illustre en cette même journée de manière particulièrement cruelle ce constat.

Lors de l’élaboration, au début de la décennie, de la nouvelle constitution du canton de Vaud quelques élus, plus idéalistes que sérieux, peu désireux de voir la réalité en face, ont convaincu une majorité de leurs collègues d’introduire dans la nouvelle charte fondamentale vaudoise l’article suivant :

Art 38 al d : Est soumis au corps électoral tout préavis, loi ou disposition générale concernant l’utilisation, le transport et l’entreposage d’énergie ou de matière nucléaire.

Et bien sûr, lors de la campagne précédant l’adoption par le peuple de cette nouvelle constitution ces élus ont laissé croire aux Vaudois qu’en acceptant leur nouvelle constitution ils s’offraient la haute main sur tout développement de l’industrie nucléaire chez eux. Ils ont aussi laissé les Vaudois se convaincre que, s’agissant des consultations fédérales relatives à des projets dans d’autres parties du pays ils enverraient des préavis « bien plus forts que ceux de leurs gouvernement » aux autorités fédérales.

Cette argumentation reflète exactement « les salades, les histoires, les promesses, les exagérations » dont parle Claude Monnier et que nous, citoyens, « gobons » si aisément.

Conformément à l’article constitutionnel susmentionné le peuple vaudois a été appelé a dire s’il tolérait ou non la poursuite des activités de la centrale nucléaire de Mühleberg. A près de 65 % la population a demandé la mise hors service de cette centrale. Pourtant, moins d’un mois plus tard, le Conseil fédéral a décidé d’autoriser l’exploitation sans limite de temps de cette installation.

Scandale ? Le Département fédéral de l’énergie se moque-t-il des Vaudois ? Le droit des cantons se trouve-t-il bafoué ? Que nenni. Il s’agit tout simplement d’une prérogative fédérale que de décider en matière d’approvisionnement énergétique du pays, particulièrement en matière d’énergie nucléaire. Interroger les Vaudois sur cette question relevait donc de la farce politique.

Voilà qui, souhaitons-le, poussera les constituants genevois à se comporter de manière plus honnête que leurs collègues vaudois et à peser soigneusement les termes du futur article constitutionnel relatif au nucléaire. Car il faudra bien remplacer l’article 160 E al 5 de la constitution actuelle puisque celui-ci, n’en déplaise à ContrAtom, n’est pas conforme au droit fédéral. Et en l'occurence les élus genevois sont maîtres de la réalité.

Pierre Kunz

 

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13/12/2009

La dérive de la démocratie genevoise

 

Dans un brillant article, publié par Le Temps du 11 décembre, François Cherix appelle à « une réflexion musclée » sur les droits populaires. C’est bien sûr en suite à la votation sur les minarets qu’il a pris la plume.

Pendant longtemps, souligne en substance le député vaudois, les autorités suisses ont été très attentives aux usages faits des droits populaires et les citoyens très respectueux des devoirs liés à leur utilisation. Manifestement les uns et les autres ont perdu leur boussole. La dernière illustration fédérale de ce constat a eu lieu le 29 novembre dernier. Et Genève fournit, s’agissant des cantons, probablement l’exemple le plus révélateur depuis une vingtaine d’années de la dérive de notre démocratie d’opinion.

François Cherix souligne que « si, comme l’histoire le montre, le droit d’initiative ne constitue pas un vecteur de l’action novatrice, il est par contre le canal privilégié de l’indignation réactionnaire. (..) Ce droit favorise l’angoisse réactive et offre un avantage concurrentiel décisif aux partis populistes face à leurs rivaux républicains ».

Au moment où Genève s’apprête à se doter d’une nouvelle constitution il est bon s’imprégner de ces forts propos. Car dans notre canton, dont la culture et les comportements politiques sont particulièrement propices aux dérives, la démagogie et son expression contemporaine, le populisme, ont creusé des sillons constitutionnels désastreux. Et il n’est pas excessif d’affirmer aujourd’hui que la constitution genevoise actuelle, à bien des pages, a été dévoyée et pervertie par l’usage abusif des droits populaires.

C’est dans le domaine du logement que cette observation est probablement la plus notable. Qu’on en juge.

La constitution du canton fonde les règles de contrôle des loyers les plus sévères du pays. La protection des locataires y figure indirectement dans des textes d’une extrême rigueur. Désormais, la population, parce qu’elle a été amenée à en décider ainsi en adoptant une initiative constitutionnelle de la gauche allant dans ce sens, est appelée à voter obligatoirement chaque fois que la législation relative au logement subit la plus bénigne des modifications. Ce sera le cas une nouvelle fois en mars prochain.

Résultat ?

On ne construit plus dans le canton, ou si peu : 1083 logements en 2008 contre régulièrement plus de 2000 avant 1993, lorsque l’Asloca et la gauche ont commencé de recourir à la démagogie de la « protection des locataires » pour solidifier leur avenir politique. Et de surcroît c’est à Genève que, parmi toutes les grandes villes de Suisse, les loyers progressent le plus sous l’effet de la pénurie.

Il s’agit donc, pour les constituants genevois de « sortir du piège de la démocratie d’opinion » que décrit François Cherix. Il est de leur devoir de prévenir le recours abusif et populiste, rendu si aisé par la révolution des technologies de l’information, aux droits populaires.

Comment ?

Sans toucher aux règles relatives au droit d’initiative législative, en accroissant drastiquement le nombre des signatures exigées pour la validation d’une initiative constitutionnelle. Le chiffre de 10'000 figurant actuellement dans la constitution a perdu sa signification et ne constitue plus un garde-fou suffisant. Parce que nos autorités n’ont pas osé jusqu’à ce jour affronter les conséquences de la croissance démographique du canton et la dérive à laquelle nous avons assisté, il est devenu dangereux pour le bon fonctionnement de notre communauté. Il faudra donc le porter à 25’000 (ou 10 % du corps électoral) et revenir ainsi à l’esprit de l’institution.

Pierre Kunz

Constituant Radical Ouverture

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09/12/2009

Faire voter et élire les étrangers ?

Au sein de la Constituante, la Commission chargée des droits politiques recommande que la future constitution genevoise accorde, au plan communal, l’ensemble des droits politiques aux étrangers à condition que ceux-ci aient résidé au moins durant huit ans en Suisse. Il faut soutenir cette proposition.

Accorder dans ces conditions les droits politiques aux étrangers n’a rien à voir avec du sentimentalisme voire de l’humanitarisme. Il s’agit, très prosaïquement, de reconnaître deux évidences.

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12:08 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

07/12/2009

Climat, elle court et elle enfle la rumeur

 

 

 

Lors d’une émission de la SSR de ce jour, l’un des intervenants s’inquiétait de la contestation croissante, au sein de la population en général mais également au sein les milieux intellectuels et économiques, relatifs aux appels lancés par les défenseurs du climat, des appels multipliés à l’orée du sommet de Copenhague. Et il soulignait à l’origine de cette évolution d’une part le recours excessif de ces défenseurs aux slogans plutôt qu’aux démonstrations, d’autre part le rôle néfaste des médias.

Il convient en effet, une fois de plus, de regretter l’attitude de la presse écrite comme des télévisions et des radios qui, tous, se contentent de relayer les messages alarmés des scientifiques et ceux alarmistes des politiques et des technocrates. Il est actuellement pratiquement impossible, pour celui et celle qui se permettent simplement de douter ou de relativiser les conclusions publiées par les spécialistes des questions climatiques et leurs thuriféraires, de trouver de l’information s’écartant du « prêt-à-penser » écologiste.

A quoi peuvent donc bien servir les médias s’ils ne sont plus capables d’apporter une contribution critique aux études qu’ils se contentent de reproduire, généralement en les approuvant en bloc dans des commentaires superficiels ? Ne disposent-ils plus des moyens suffisants pour permettre à leurs journalistes d’enquêter et d’approfondir certains sujets ? Ont-ils déjà oublié le précédent stupéfiant de la soi-disant « mort des forêts » prêchée dans les années 80, lorsque les médias, déjà, avaient manqué gravement à leur mission ? Et la campagne récente, dans notre pays, relative aux minarets ne leur a-t-elle pas ouvert les yeux ?

Pas étonnant, dans de telles conditions de sous-information voire de désinformation, que le doute grandisse à propos de la réalité des problèmes climatiques. Pas étonnant que les rumeurs les plus folles de « complot intégriste » et de « cabale verte » naissent, enflent et courent.

Pour ceux qui, comme le signataire de ce billet, ne sont pas certains que le réchauffement climatique n’est dû qu’à l’activité des humains mais qui sont convaincus que les efforts destinés à réduire les émissions de gaz à effet de serre ne sauraient nuire et qu’ils peuvent au contraire ouvrir de nouveaux horizons économiques à l’humanité, il y a dans ce constat bien des motifs de frustration et d’inquiétude.

Pierre Kunz

 

 

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03/12/2009

Que deviennent les engagements pris à St-Pierre ? (II)

 

 

 

Dans le discours qu’il prononcera lundi prochain à la cathédrale lors de la cérémonie de son assermentation notre nouveau gouvernement expliquera aux Genevois sa volonté politique, ses ambitions et ses projets. Qu’en restera-il dans les faits ? Si l’on se réfère au passé, pas grand-chose.

Prenons aujourd’hui l’exemple des finances publiques cantonales et rappelons-nous les engagements qu’avaient pris les quatre Conseils d’Etat précédents à l’occasion de leur prise de fonction.

M. Claude Haegi, en 1993, promettait que le Conseil d’Etat « poursuivra l’effort de redressement des finances publiques pour ne pas hypothéquer l’avenir et faire supporter aux générations futures les dettes d’aujourd’hui. »

M. Gérard Ramseyer, en 1997, s’engageait « dans le domaine des finances publiques (..) à réduire les déficits pour ne pas charger les générations futures par des dettes supplémentaires. »

Mme Calmy-Rey, en 2001, clamait que « la politique voulue par ce gouvernement est ambitieuse et son ambition ne se limite pas à des discours généreux : nous avons la ferme volonté de la concrétiser. Cela suppose (..) en matière de finances publiques : gestion rigoureuse des recettes, allègement de la dette, gains de productivité dans le fonctionnement de l’administration publique. »

Quant à M. Pierre-François Unger, en 2005, il soulignait combien il était important, pour que l’Etat puisse innover, qu’il retrouve la liberté d’agir et que la condition de celle-ci résidait dans « l’assainissement des finances publique (..), l’équilibre budgétaire et la diminution de la dette. »

Comment entre 1992 et 2008 la dette publique genevoise a-t-elle évolué en regard de ces vastes ambitions ? A fin 1992, l’endettement cantonal dépassait à peine les 6 milliards de francs. Or, au 31 décembre 2008, il se situait à 11,5 milliards de francs ! Sans compter les engagements hors bilan, c’est-à-dire en particulier les cautionnements accordés par l’Etat aux caisses de pension publiques qui à eux seuls avoisinent les 5 milliards de francs. En résumé, Genève est devenu en seize ans le canton le plus endetté du pays.

Pierre Kunz

11:51 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

02/12/2009

Que deviennent les engagements pris à St-Pierre ? (I)

 

Lundi prochain, à St-Pierre où ses membres prêteront serment, le Conseil d’Etat prononcera son premier discours de la nouvelle législature. Il y prendra moult engagements et y fera bien des promesses. Que deviendront-ils ?

Il est assez aisé de répondre à cette interrogation en observant ce que sont devenus les engagements et les promesses des Conseils d’Etat qui ont précédé le nouveau. C’est d’ailleurs un exercice amusant que de reprendre connaissance des discours de St-Pierre prononcés à l’orée des quatre dernières législatures. Choisissons, dans ce premier billet, le cas du logement.

En 1993 M. Claude Haegi déclarait : « Dans le domaine de l’habitat, nous poursuivrons, sans relâche, avec les investisseurs habituels, la construction de logement à caractère social. Nous encouragerons parallèlement l’accession à la propriété (..) de manière à offrir à la population des possibilités diversifiées. »

En 1997 M. Gérard Ramseyer affirmait que « la politique du logement sera orientée en particulier vers la construction de logements bon marché. Le maintien et la rénovation de l’habitat seront encouragés. »

En 2001 c’était au tour de Mme Micheline Calmy-Rey d’insister : « Le logement et les équipements publics sont des conditions-cadre décisives. La pénurie de logements doit être combattue : elle génère l’exclusion. Par des déclassements choisis et négociés avec les communes et les voisins concernés, l’Etat veillera à mettre à disposition des terrains constructibles bien situés ».

Enfin, en 2005, M. Pierre-François Unger lançait que « pour assurer des conditions de vie répondant aux aspirations de nos résidents et de nos concitoyens et soutenir l’économie locale (..) il faut construire ! »

Quel bilan peut-on dresser après seize années de ces discours ? Deux chiffres suffiront à cet effet.

En 1992 on avait achevé à Genève la construction de 2132 nouveaux logements. Las, en 2008 le chiffre était tombé 1083 ! Ce qui explique pourquoi le parc cantonal des logements disponibles (216'700 l’an dernier) n’a grandi entre 1992 et 2008 que de moins de 9%. Or durant ce laps de temps la population résidente du canton à crû de plus de 17 %.

A demain pour la suite.

Pierre Kunz

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