22/12/2009

Pourquoi les politiciens nous racontent-ils des salades ?

 

 

 

C’est la question que Claude Monnier se pose ce matin dans la TdG. Et sa réponse est éloquente : « Parce qu’ils ne sont pas maîtres de la réalité. (..) Et si, sachant cela nous les élisons quand même c’est que nous aimons bien leurs salades et leurs promesses en l’air ».

L’actualité nucléaire illustre en cette même journée de manière particulièrement cruelle ce constat.

Lors de l’élaboration, au début de la décennie, de la nouvelle constitution du canton de Vaud quelques élus, plus idéalistes que sérieux, peu désireux de voir la réalité en face, ont convaincu une majorité de leurs collègues d’introduire dans la nouvelle charte fondamentale vaudoise l’article suivant :

Art 38 al d : Est soumis au corps électoral tout préavis, loi ou disposition générale concernant l’utilisation, le transport et l’entreposage d’énergie ou de matière nucléaire.

Et bien sûr, lors de la campagne précédant l’adoption par le peuple de cette nouvelle constitution ces élus ont laissé croire aux Vaudois qu’en acceptant leur nouvelle constitution ils s’offraient la haute main sur tout développement de l’industrie nucléaire chez eux. Ils ont aussi laissé les Vaudois se convaincre que, s’agissant des consultations fédérales relatives à des projets dans d’autres parties du pays ils enverraient des préavis « bien plus forts que ceux de leurs gouvernement » aux autorités fédérales.

Cette argumentation reflète exactement « les salades, les histoires, les promesses, les exagérations » dont parle Claude Monnier et que nous, citoyens, « gobons » si aisément.

Conformément à l’article constitutionnel susmentionné le peuple vaudois a été appelé a dire s’il tolérait ou non la poursuite des activités de la centrale nucléaire de Mühleberg. A près de 65 % la population a demandé la mise hors service de cette centrale. Pourtant, moins d’un mois plus tard, le Conseil fédéral a décidé d’autoriser l’exploitation sans limite de temps de cette installation.

Scandale ? Le Département fédéral de l’énergie se moque-t-il des Vaudois ? Le droit des cantons se trouve-t-il bafoué ? Que nenni. Il s’agit tout simplement d’une prérogative fédérale que de décider en matière d’approvisionnement énergétique du pays, particulièrement en matière d’énergie nucléaire. Interroger les Vaudois sur cette question relevait donc de la farce politique.

Voilà qui, souhaitons-le, poussera les constituants genevois à se comporter de manière plus honnête que leurs collègues vaudois et à peser soigneusement les termes du futur article constitutionnel relatif au nucléaire. Car il faudra bien remplacer l’article 160 E al 5 de la constitution actuelle puisque celui-ci, n’en déplaise à ContrAtom, n’est pas conforme au droit fédéral. Et en l'occurence les élus genevois sont maîtres de la réalité.

Pierre Kunz

 

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