03/12/2009

Que deviennent les engagements pris à St-Pierre ? (II)

 

 

 

Dans le discours qu’il prononcera lundi prochain à la cathédrale lors de la cérémonie de son assermentation notre nouveau gouvernement expliquera aux Genevois sa volonté politique, ses ambitions et ses projets. Qu’en restera-il dans les faits ? Si l’on se réfère au passé, pas grand-chose.

Prenons aujourd’hui l’exemple des finances publiques cantonales et rappelons-nous les engagements qu’avaient pris les quatre Conseils d’Etat précédents à l’occasion de leur prise de fonction.

M. Claude Haegi, en 1993, promettait que le Conseil d’Etat « poursuivra l’effort de redressement des finances publiques pour ne pas hypothéquer l’avenir et faire supporter aux générations futures les dettes d’aujourd’hui. »

M. Gérard Ramseyer, en 1997, s’engageait « dans le domaine des finances publiques (..) à réduire les déficits pour ne pas charger les générations futures par des dettes supplémentaires. »

Mme Calmy-Rey, en 2001, clamait que « la politique voulue par ce gouvernement est ambitieuse et son ambition ne se limite pas à des discours généreux : nous avons la ferme volonté de la concrétiser. Cela suppose (..) en matière de finances publiques : gestion rigoureuse des recettes, allègement de la dette, gains de productivité dans le fonctionnement de l’administration publique. »

Quant à M. Pierre-François Unger, en 2005, il soulignait combien il était important, pour que l’Etat puisse innover, qu’il retrouve la liberté d’agir et que la condition de celle-ci résidait dans « l’assainissement des finances publique (..), l’équilibre budgétaire et la diminution de la dette. »

Comment entre 1992 et 2008 la dette publique genevoise a-t-elle évolué en regard de ces vastes ambitions ? A fin 1992, l’endettement cantonal dépassait à peine les 6 milliards de francs. Or, au 31 décembre 2008, il se situait à 11,5 milliards de francs ! Sans compter les engagements hors bilan, c’est-à-dire en particulier les cautionnements accordés par l’Etat aux caisses de pension publiques qui à eux seuls avoisinent les 5 milliards de francs. En résumé, Genève est devenu en seize ans le canton le plus endetté du pays.

Pierre Kunz

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