17/11/2009

Politique climatique : les Verts, ambitieux ou simplement démagogiques ?

 

 

La presse du 17 novembre nous apprend que les Verts helvétiques sont « ambitieux ». Craignant que la délégation qui représentera notre pays à Copenhague dès le 7 décembre manque, elle, d’ambitions, ils réclament haut et fort « l’abandon des énergies fossiles d’ici à 2050 ».

Il s’agit, selon quelques uns des représentants écologistes dans les plus hautes instances législatives helvétiques,    « pour notre pays, qui dispose d’importantes ressources renouvelables et financières, de donner l’exemple et de viser une société à zéro émission de CO2 d’ici à 2050 ». Ce qui implique, selon leurs porte-parole, de réduire dans une première étape les émissions de gaz à effet de serre de 40 % par rapport à 1990 d’ici à 2020.

Ce sont là des objectifs effectivement ambitieux mais qui seraient atteignables ... à condition que l’on reste raisonnable s’agissant des énergies de substitution. Or les Verts non seulement paraissent avoir perdu tout réalisme en la matière mais ils sombrent dans la plus crasse démagogie.

Mme Adèle Thorens Goumaz, conseillère nationale des Verts vaudois, illustre parfaitement cette dérive et les incohérences des écologistes suisses. Dans un article paru dans Le Temps de mardi, elle recommande au peuple vaudois de refuser l’autorisation de poursuivre l'exploitation de la centrale nucléaire de Mühleberg. Et dans le même message elle enjoint les Suisses à renoncer purement et simplement aux centrales nucléaires au profit des énergies renouvelables.

Ces propos constituent un exemple sidérant de stupidité et/ou de démagogie. Cette démagogie dont les inventeurs de la démocratie, les Athéniens, avaient bien vu qu’elle constituait le pire danger pour la démocratie, l’intelligence et la liberté.

Les milieux scientifiques admettent en effet que, dans ce pays comme ailleurs en Europe, l’ensemble des énergies renouvelables autres que l’hydraulique, soit principalement le solaire et l’éolien, ne pourront guère constituer plus de 15 % de nos besoins en énergies. Or actuellement d’une part les énergies fossiles comptent (en permettant notamment au parc automobile de rouler) pour plus de 55 % de la consommation énergétique de la Suisse et d’autre part le nucléaire est à l’origine de plus de 40 % de la production de l’électricité nécessaire au fonctionnement du pays, soit environ 10 % de l’ensemble des besoins énergétiques de la Suisse.

En entendant faire partager leurs « ambitions » aux citoyens de ce pays les Verts prétendent donc, en l’espace de quarante ans, simultanément de faire circuler tous les véhicules automobiles du pays à l’électricité et de surcroît remplacer 40 % de l’électricité d’origine nucléaire par de l’électricité « propre ». Comment peuvent-ils imaginer sérieusement et honnêtement, avec un appoint de 15 % d’énergies renouvelables, convertir en l’espace de quelques décennies l’approvisionnement de la moitié de l’énergie dont les Suisses ont besoin ne serait-ce que pour conserver leur niveau de vie actuel ?

Pierre Kunz

 

 

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