06/10/2009

Investissements du canton en 2010, qui parie ?

 

 

 

Il n’est pas inutile de rappeler aux Genevois qu’au cours des dix dernières années les investissements notés au budget du canton n’ont jamais été réalisés, au cours de l’exercice concerné, dans une proportion supérieure à 60 %. Pourquoi ?

On pourrait croire que ce résultat découle chaque fois de circonstances différentes. Or il n’en est rien : le Conseil d’Etat « sur-budgétise » avec constance les investissements, sans crainte de devoir affronter un problème de financement, parce qu’il ne dispose d’aucune idée claire de la priorité des chantiers qu’il envisage de lancer et parce qu’il a admis une fois pour toute, en l’absence de volonté politique véritable, qu’on « réalisera ce que l’on pourra ».

Mais dans le jeu auquel il joue à propos de 2010, en prévoyant des investissements à hauteur de 965,2 millions de francs, le Conseil d’Etat passe dans la caricature. En observant l’histoire récente du canton, même si les travaux relatifs au CEVA devaient être engagés, on peut d’ores et déjà parier qu’à la fin de l’an prochain une part inférieure à 500 millions des investissements prévus aura été effectivement concrétisée.

Et le Conseil d’Etat le sait pertinemment, comme le Grand Conseil d’ailleurs qui ne manquera pas de voter le quasi milliard qu’on lui réclame puisqu’il compte « pour beurre ». Malgré les efforts entrepris par M. Mark Muller, en charge du DCTI, pour gérer de manière intelligente et efficace le programme des investissements du canton, le problème demeure en effet entier. Les projets, particulièrement ceux relatifs au logement et à la mobilité, sont toujours conçus de manière excessivement technocratique, présentés sans la détermination politique requise et sans effort de concertation suffisant avec les parties concernées. Pas étonnant que cela continue de « coincer ».

« Le triplement ou presque de nos investissements » (M. Muller dixit) ressemble donc bien à une gesticulation plus ample qu’à l’habitude, explicable uniquement par l’automne électoral que nous connaissons. Le rattrapage que le Conseiller d’Etat évoque et la politique anticyclique à laquelle gouvernement incorpore prétend adhérer par des investissements massifs, forment des promesses clairement intenables.

Moins de 500 millions. Qui est prêt à parier avec l’auteur de ce billet ?

Pierre Kunz

18:13 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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