23/09/2009

Loyers plus élevés pour les étrangers ?

 

L’étude menée récemment par la Haute école de gestion de Genève (HEG) sur le marché locatif genevois est utile parce qu’elle illustre scientifiquement le constat que les étrangers, surtout s’ils sont de condition modeste, paient des loyers plus élevés que les indigènes. En fait tous les observateurs du marché immobilier genevois savaient cela depuis longtemps.

Il ne s’agit pas là, en effet, d’une discrimination envers la population étrangère, comme l’insinue le représentant de l’Asloca interrogé hier par la TdG, mais bien d’une conséquence directe du mauvais fonctionnement du marché. Un marché en insuffisance d’offre et gravement faussé par une législation dite « de protection des locataires », qui dans les faits s’exerce au détriment de ces derniers.

Dans un marché de ce type, l’expérience le montre clairement, ces sont toujours les derniers arrivants qui trinquent. Genève ne fait pas exception et ceux qui y souffrent le plus sont les jeunes et … les étrangers. Pourquoi ?

A Genève on sait que près de 10 % des logements loués changent d’occupants chaque année. Mais ces logements ne sont pratiquement jamais offerts au public, ils se passent « entre bons amis », c’est-à-dire le plus souvent au sein des familles, avec information ultérieure aux propriétaires qui légalement ne peuvent rien y redire. C’est un moyen très efficace pour le nouveau locataire à la fois de s’assurer le logement convoité et d’éviter tout risque de hausse de loyer.

Chacun peut comprendre aisément que les habitants du canton qui disposent de racines anciennes, d’un réseau familial ou social étendu se trouvent en bien meilleure situation pour trouver un toit que celui qui vient d’arriver à Genève ou le jeune couple, issu d’un milieu modeste, désireux de se marier et de s’installer. Quand après moult recherches ces derniers trouvent enfin un appartement, ils sont sauf exception forcés, mais presque contents, de se contenter d’une surface inférieure à leurs attentes et d’un loyer plus élevé que celui de leurs voisins.

Il n’est pas anodin de constater que ceux qui sont largement responsables de la pénurie actuelle, l’Asloca en particulier, ceux qui y trouvent un véritable fond de commerce politique, ne mettent jamais en cause le mauvais fonctionnement du marché immobilier et son « corsetage » législatif. Cette semaine ils en profitent au contraire pour accuser les régisseurs d’une nouvelle monstruosité, celle « d’une sournoise discrimination ».

Pierre Kunz

10:26 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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