10/09/2009

La Suisse en tête de la compétitvité mondiale

 

Comme le souligne Elisabeth Eckert « les hit-parades valent ce qu’ils valent » et surtout ils ne montrent que rarement ce qui les sous-tend.

Pour le citoyen Lambda, en même temps qu’un brin de fierté, il y a quelque chose de rassurant dans la lecture d'une presse qui glorifie le fait que « en compétitivité mondiale, la Suisse bat pour la première fois les Etats-Unis ». Mais que signifie au juste cette notion de « compétitivité » pour ce citoyen ? Quelle influence le rôle de premier de classe que nous attribue le WEF exerce-t-il sur sa vie de tous les jours ?

Rappelons que la compétitivité d’une économie nationale, comme celle d’une entreprise, n’est pas un don du ciel. Elle dépend de la combinaison des trois facteurs de production : le capital financier et sa disponibilité, la technologie et la capacité d’innovation, la qualité et la disponibilité de la main d’œuvre.

Il est certain que la Suisse bénéficie grandement de la puissance de son système bancaire et financier. Les capitaux y circulent avec aisance et en masse. Il est évident aussi que la recherche et le développement fleurissent en Helvétie, dans les universités comme dans les entreprises, favorisant un haut degré de sophistication de l’économie. Manifestement, dans ces deux secteurs nous bénéficions d’un net avantage, quasiment devenu culturel, sur la plupart de nos concurrents.

Mais le troisième facteur de production, le travail, n’est pas moins déterminant. Et c’est celui qui concerne directement chacun d’entre nous, cela dès sa plus tendre enfance. La compétitivité du travailleur suisse dépend en effet de son éducation scolaire, de son aptitude ensuite à s’instruire et à apprendre un métier, de sa capacité plus tard à l’exercer efficacement, de sa disposition enfin à … travailler beaucoup et intelligemment. Des exigences qui croissent année après année dans un monde de plus en plus compétitif, duquel émergent de nouvelles puissances industrielles qui progressent rapidement grâce à des hommes et des femmes au moins aussi déterminés que nous, et souvent aussi bien formés que nous.

On a trop tendance à oublier que le niveau de vie des Suisses est fondamentalement lié à la compétitivité de l’économie, à leur capacité par conséquent d’apporter leur contribution professionnelle de plus en plus efficacement, à un rythme de plus en plus soutenu. On a trop tendance à oublier qu’en dernière analyse seule l’amélioration de la productivité du facteur de production « travail » permet aux Suisses de faire croître ou au moins de conserver leur niveau de vie.

Le hit-parade délivré en début de semaine par le WEF donne l’occasion de le rappeler : la compétitivité du pays, notre richesse commune, nos salaires ou nos rentes, ne peuvent provenir que de notre travail, de son ampleur, de l’efficacité avec laquelle nous l’accomplissons.

Rien bien sûr ne force les citoyens d’un pays à améliorer régulièrement la compétitivité de leur économie. Ils peuvent - pourquoi pas ? - choisir un autre mode de vie, moins axé sur l’effort et davantage sur les loisirs. Mais il faut alors qu’ils en acceptent la contrepartie : moins de revenus.

Pierre Kunz

10:27 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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