12/08/2009

PRD + PDC, tartre à la crème politique

 

A intervalle régulier l’idée d’un rapprochement entre les deux grands partis dits « du centre » est reprise par une gazette en mal de contenu ou un politicien en mal de visibilité. L’analyse même sommaire de la question montre pourtant qu’une telle évolution n’est pas souhaitable démocratiquement et qu’elle est même politiquement impossible. Ce rapprochement apparaît en effet contradictoire avec la manière dont fonctionnent nos institutions et les ambitions des chefs de file de ces partis.

Rappelons en préambule que cette idée n’a pris de l’ampleur dans certains esprits surtout que depuis une quinzaine d’années, quand l’UDC a commencé de s’imposer en Suisse comme la force parlementaire de droite la plus considérable. Le rapprochement a essentiellement été envisagé comme un moyen de défense de partis en difficultés et non comme un véritable projet politique des dépositaires de la vision libérale au sein de la société.

Un rapprochement peu souhaitable démocratiquement. Au plan de notre démocratie parlementaire, fondée sur la représentation proportionnelle, rien ne milite en faveur d’une telle réunion. L’association des radicaux-libéraux et des démo-chrétiens n’accroîtrait pas le poids du centre dans les parlements du pays. Au lieu de siéger dans des groupes séparés les candidats se présenteraient au suffrage populaire sur des listes alourdies et moins compréhensibles pour les électeurs. Quant aux élus, ils travailleraient sous une étiquette identique, certes, mais ils n’en continueraient probablement pas moins à manifester leurs divergences internes et partisanes.

Un rapprochement politiquement impossible. Au niveau du partage des pouvoirs exécutifs du pays et des cantons se dressent des barrières insurmontables à ce projet. Les responsables de ces deux partis, défendant au prétexte de la « concordance » la même stratégie que leurs collègues du PS et plus récemment des Verts, c’est-à-dire dans le but strictement partisan de participer au pouvoir, se refusent à élaborer et à présenter aux électeurs ce qu’on appelle suivant les latitudes « un programme de législature, un programme gouvernemental ou encore un programme commun ». Comment dans ces conditions peut-on imaginer les apparatchiks du PRD et le PDC se mettant d’accord sur une plateforme politique capable de réunir leurs deux électorats ?

Tant que, dans ce pays, nous continuerons à privilégier une conception proportionnelle des exécutifs les ambitions partisanes resteront un obstacle majeur à un fonctionnement politique sain et compréhensible par la population. Réformer cette conception anachronique, redécouvrir les vertus des programmes gouvernementaux et d’une opposition sérieuse, voilà les vrais domaines de réflexion de ceux qui entendent renforcer nos institutions.

Pierre Kunz

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