27/07/2009

Gare des Eaux-Vives, une argumentation futile

 

Les premières escarmouches relatives à la probable votation populaire sur l’avenir du CEVA ne laissent pas d’inquiéter. Les défenseurs du projet officiel font feu de tous bois, même de bois mouillé ou pourri, pour faire valoir leur cause.

Ainsi le Conseil d’Etat, incapable de construire les habitations dont les Genevois ont besoin, en est réduit à agiter son miroir aux alouettes et à affirmer que le seul moyen de sortir Genève de la pénurie de logements est … de construire des kilomètres de rail de chemin de fer !

C’est en tout cas le message qu’il a explicitement fait passer dans un article paru dans la TdG du weekend. M. David Hiler y informe la population que sur les friches de la gare des Eaux-Vives devraient s’ériger « un théâtre, 250 logements et 12'500 mètres carrés d’activités et de commerce pour autant que le référendum en cours d’annihile pas le projet ferroviaire CEVA ! »

Cette argumentation paraît bien futile et on voudrait que le gouvernement explique avec sérieux ce qui empêche, en l’absence du CEVA, la mise en valeur immobilière immédiate de ce périmètre fort bien desservi par le réseau actuel des TPG. Qu’il nous dise en quoi la nouvelle Comédie, les logements, les activités artisanales, industrielles et commerciales dont il parle auraient besoin du CEVA.

En vérité la mue du quartier de la gare des Eaux-Vives, envisagée depuis des lustres, comme tant d’autres projets dans le canton a accumulé les retards. Non pas dans l’attente du CEVA mis en scène par M. Robert Cramer seulement récemment mais tout simplement à cause de l’absence, vieille de trente ans, d’une volonté politique forte au sein du Conseil d’Etat en matière de développement immobilier et de construction de logements.

De ce qui précède il convient de tirer deux conclusions. La première est qu’il n’y a rien de sérieux dans l’argument selon lequel la mise en valeur du quartier de la gare des Eaux-Vives serait liée au CEVA.

La seconde, bien plus préoccupante, est que la réalisation à grands frais du CEVA, loin d’apporter une solution à la pénurie de logements dans notre canton, risquerait bien de la renforcer encore parce que nos autorités ne manqueraient pas ainsi de se sentir fondées à continuer d’inviter les Genevois à aller habiter « dans la région », en France voisine et en pays de Vaud.

Pierre Kunz

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