22/07/2009

CEVA, une "paille" à deux milliards !

Depuis quelques temps, les blogs foisonnent de propos au sujet du CEVA. Il faut dire que le référendum lancé par les opposants au tracé du RER voulu par nos autorités donnera certainement aux Genevois, et c’est heureux, l’occasion de se prononcer sur le fond de la question. Pas étonnant donc que les défenseurs du projet officiel commencent à fourbir leurs arguments et à les avancer.

Mais, disons-le clairement, il faudra qu’ils se révèlent plus sérieux que jusqu’à ce jour. Car pour l’instant ils en restent à des slogans. Pratiquement aucun chiffre ne vient étayer la valeur de leurs ambitions. On nous dit par exemple que

- le CEVA est " indispensable, prioritaire et urgent " ;

- qu’il est temps de rattraper " les vingt ans du honteux retard que nous avons accumulé sur la Suisse allemande " ;

- que le CEVA est essentiel pour " structurer " la région ;

- qu’il est temps de réaliser enfin ce projet " vieux d’un siècle " favorable au développement de notre canton ;

- qu’il faut faire le CEVA " et " le bouclement autoroutier de Genève " et " les 15'000 logements de Praille-Acacias-Vernets ;

- etc.

Qui voudrait bien, parmi les admirateurs du CEVA, montrer aux Genevois, chiffres à l’appui, en quoi le CEVA leur permettrait de vivre mieux dans vingt ans, dans quarante ans ? Qu’il apporte réellement une solution aux maux dont ils souffrent, eux qui n’ont pas mal à leur région mais qui manquent cruellement de logements et qui suffoquent dans le trafic automobile transfrontalier croissant).

Plus concrètement, eu égard à ces maux, qui voudrait bien répondre aux questions suivantes :

- comment pensent-il que le canton pourrait financer simultanément tous les énormes projets susmentionnés ?

- en quoi le CEVA est-il prioritaire sur la requalification de la zone PAV et les 15'000 logements que le Conseil d’Etat envisage d’y construire ?

- en quoi le CEVA est-il prioritaire sur l’aménagement de la zone d’activité de Colovrex, aménagement qui seul permettra la construction dans un délai décent des logements envisagés ?

- pourquoi le CEVA, s’agissant de la liaison des réseaux ferroviaires français et suisse, apporterait-il par définition une réponse plus favorable que celle d’un tunnel sous-lacustre avec ses avantages complémentaires (fin du cul-de-sac de la gare de Cointrin, ouverture d’une liaison Cointrin-Lausanne ou même Cointrin-Yverdon) ?

Pour l’instant, les quelques données chiffrées dont les Genevois disposent ne manquent pas de les inquiéter. C’est ainsi, aux dire des promoteurs du projet eux-mêmes, qu’en 2030 le CEVA transporterait chaque jour seulement 50'000 passagers, essentiellement des travailleurs frontaliers. Une " paille ", on l’admettra, en comparaison des … 500'000 personnes qui actuellement franchissent journellement la frontière genevoise en automobile.

Une " paille " à deux milliards !

Pierre Kunz

14:26 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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