04/03/2009

Elle va revenir, vive l'inflation !

 

 

Quelques journalistes attachés à la rubrique économique de leur média ont commencé à aborder le sujet. Une inflation considérable s’invite comme la conséquence inéluctable des centaines de milliards de roubles, de dollars, d’euros et de livres déversés par les Etats dans l’économie mondiale au prétexte de la lutte contre la crise. Comment pourrait-il en aller différemment dans des pays qui croulent déjà sous leur dette publique et qui ne sont pas capables de financer leurs interventions autrement qu’en faisant fonctionner la planche à billets ?

Il faut comprendre que ces Etats, Suisse comprise, ont tous avantage, à moyen et long terme, à laisser s’envoler le niveau des prix. Dans l’immédiat certes, grâce aux taux d’intérêt historiquement bas qui prévalent, la dette publique ne les émeut guère. Mais cette situation extraordinaire ne saurait durer. Ils trouveront alors nécessaire de rembourser une part aussi large que possible de leurs créanciers. Une opération qui leur apparaîtra politiquement et financièrement relativement aisée puisque la dette contractée en unités monétaires lourdes sera remboursée en monnaie dévalorisée par l’inflation à laquelle nous devons nous attendre.

Cette évolution, vue à travers les lunettes des ministres des finances, offre donc au moins un aspect extrêmement positif. De surcroît, notre génération, celle qui a creusé les trous financiers de nos finances publiques, coûtera au final moins cher qu’imaginé aux générations futures. Mais l’inflation apporte d’autres avantages.

Certes, notait récemment un économiste, l’inflation met à mal « l’épargne dormante », celle des bas de laine, des dépôts peu rémunérateurs et des revenus de baux de longue durée. Elle met aussi en péril les rentes des non actifs, parce que celles-ci croissent rarement au rythme de l’inflation, contrairement aux revenus du travail.

Pour ces derniers l’inflation s’avère plutôt, on l’a vu lors de la dernière forte période de hausse des prix, comme un lubrifiant de la croissance économique et de l’augmentation du pouvoir d’achat. Elle allège, comme pour les Etats, le poids des dettes à rembourser, favorise la consommation, rogne les privilèges des classes aisées et maintient, en termes réels, la valeur des patrimoines immobiliers, en particulier au sein de la classe moyenne. Voilà pourquoi, l’histoire en témoigne, les temps de forte inflation s’accompagnent rarement de troubles sociaux. L’inflation tend en effet à favoriser la jeunesse, l’investissement, la prise du risque entrepreneurial et la mobilité sociale.

Amis de la toile, vivez-vous de rentes ? Alors attendez-vous à quelques turbulences. Possédez-vous un avoir ? S’il dort sur un compte d’épargne ne le considérez plus en sécurité. Apprêtez-vous à le gérer de manière plus ambitieuse. Préparez-vous, pour le protéger, à l’investir dans du capital-actions plutôt qu’en obligations ou en bons d’Etat. Disposez-vous à soutenir des projets innovants. A défaut, achetez votre logement.

En agissant ainsi vous vous contribuerez par ailleurs à la croissance de l’économie du pays.

Pierre Kunz

 

17:46 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.