25/02/2009

Obama, première messe

 

Vous avez peut-être, comme moi, passé quelques instants devant votre écran de TV la nuit dernière pour entendre en « live » le premier discours du nouveau président des USA devant le Congrès et le Sénat américains. N’avez-vous pas, comme moi, pris peur en observant les images que les chaînes de télévision américaines ont présentées ?

Chacun connaît la spontanéité sympathique, l’exubérance des citoyens américains dans l’expression de leurs sentiments et de leurs émotions. Mais la nuit dernière c’est à une véritable messe que les congressistes, les sénateurs et leur entourage ont participé et nous ont fait assister.

Visages extatiques dans une partie de l’assistance, bras tendus à l’extrême, douloureusement parfois, chez ceux formant une haie d’honneur pour toucher un bout de tissu du président marchant vers son micro, standing ovations répétées à des propos certes généreux mais sans portée pratique, applaudissements bruyants à chaque appel à la mobilisation des énergies.

Curieuse succession historique, se disait-on. Après un président qui tenait volontiers le rôle d’un prophète et dont bien des Américains et des Européens se sont moqués pour cela, en voilà un autre que l’on revêt de force de l’habit du messie, celui qui, c’est évident, est venu pour tirer les USA et le monde entier hors de la crise.

Ces élus, face à l’ampleur de la tâche qui les attend, ont-ils perdu la mesure ? En sont-ils réduits à espérer, à compter sur la baguette magique d’un génie ? Ont-ils complètement oublié Aristote qui enseignait que « l’espérance n’est que le songe d’un homme éveillé » ?

Gare aux désillusions et aux réactions qui les accompagneront !

Pierre Kunz

 

 

19:14 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.