06/02/2009

Conseil d'Etat, des anecdotes pour toute politique

 

 

Se rappelle-t-on ce conseiller d’Etat qui, voici une dizaine d’années, avait provoqué quelques remous en suggérant que les Genevois se comportaient comme s’ils habitaient « Carcassonne sur Arve » ? Avec des autorités comme les leurs il faut admettre qu’ils ont des excuses à faire valoir.

Le monde est en crise globale, dans le canton les entreprises licencient, le chômage augmente, la circulation s’y déroule de mal en pis et la pénurie de logements continue d’empirer.

Devant ces constats affligeants le citoyen, plus fataliste et résigné que révolté, ne demanderait pourtant qu’à continuer de croire que demain sera meilleur. Il lui arrive encore d’espérer que notre canton, au cours des dernières années, a progressé, qu’il s’est affermi, que ses édiles savent la voie qu’elles veulent faire emprunter au bateau Genève.

Hélas, hélas … Que voit-on ? Que lit-on ? Un Conseil d’Etat qui enchaîne les conférences de presse pour discourir sur des sujets anecdotiques, qui rassemble régulièrement quelques journalistes bienveillants autour de communications puériles.

Jean-François Mabut nous a déjà amusés avec ses remarques caustiques au sujet de « l’opération médiatique » organisée par M. Cramer autour de cette Genève « qui abrite des sites d’importance nationale pour la reproduction des batraciens ».

Aujourd’hui la TdG nous apprends, dans le même registre anachronique, que pas moins de trois conseillers d’Etat se sont relayés pour commenter « le système de management environnemental » adopté il y a peu par le gouvernement. Pour nous dire en particulier que dans ce contexte « le projet le plus ambitieux du Conseil d’Etat a consisté à remplacer le papier blanc par du papier recyclé » (sic !). Une opération qui aurait permis d’économiser 500'000 francs par an.

Quant aux SIG, sous l’œil attentif de MM. Cramer et Unger, ils occupent une demi-page dans la Julie de ce jour, pour expliquer ce que les Genevois savent depuis longtemps, à savoir que, non, les Cheneviers ne tuent pas, ils ne sont pas cancérigènes, l’air qui les entoure est même meilleur qu’en ville.

Les Genevois n’ont que faire de ces discours destinés uniquement à donner un vernis de compétence à un gouvernement incohérent, qui n’a cessé de parler de la crise qui allait venir mais qui dans les faits n’y a pas du tout préparé le canton, ne remplissant aucun de ses engagements de législature. Deux illustrations seulement.

Le plan de redressement financier du canton n’a pas été tenu : le personnel de l’administration cantonale, qui aurait dû se réduire de 5 %, a continué de gonfler et la masse des subventions, qui devait baisser de 5 %, a encore grossi de plusieurs dizaines de millions. Avec la baisse imparable des recettes fiscales et le retour des déficits la dette va donc reprendre l’ascenseur.

Au plan environnemental, Genève, forcée par « sa conception générale de l’énergie », doit économiser l’énergie et polluer moins. Pourtant le gouvernement a donné l’autorisation aux SIG de construire une usine à gaz polluant (120'000 tonnes de CO2 par an) pour produire de l’électricité.

Le bilan du Conseil d’Etat 2005-2009 découle directement de la complaisance habituelle du monde politique qui généralement laisse croire que ses discours sont de l’action. Il est anecdotique. Inquiétant surtout parce que notre canton, qui vient pourtant de bénéficier d’une période de prospérité inouïe, n’a pas été préparé aux temps difficiles qui s’annoncent.

Pierre Kunz

16:55 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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