03/02/2009

Les élus français accrochent un wagon au CEVA

 

Ils sont tout sourire les élus de France voisines qui, paraît-il, se sont unis pour clamer en chœur devant le journaliste et le photographe de la TdG que « le CEVA est l’affaire de tous ! ». Et pour ajouter doctement : « Ne pas être pour une infrastructure aussi structurante pour notre territoire que le CEVA est une hérésie ».

Comme on les comprend. Ils ont quasiment bouclé, précisent-ils, un « tour de table » qui va leur permettre de financer les 200 millions de francs de travaux qui, selon les estimations, sont requis pour réaliser le tronçon Annemasse-frontière genevoise du CEVA. Et avec ces 200 millions ils vont offrir à leurs électeurs les services d’un ouvrage, estimé aujourd’hui à 2 milliards de francs et construit à 90 % aux frais des P’tits Suisses, dans le but de transporter journellement quelques milliers de frontaliers français vers la cité de Calvin puis les ramener chez eux. Quant aux coûts d’exploitation de la ligne, qui s’élèveront entre 150 et 200 millions par an, ils seront à l’évidence supportés en quasi-totalité par les Genevois.

Joli coup ! D’autant qu’avec cette affaire la brochette d’élus en question fera un peu oublier à leurs administrés les dégâts économiques, écologiques et sociaux de l’urbanisation désastreuse et de la politique du logement incohérente qu’ils ont cautionnées au cours du dernier quart de siècle dans les communes françaises voisines de notre canton.

On ne sait pas qui a orchestré, côté genevois, cette opération médiatique qui tombe, aussi curieusement qu’a propos, juste après le dernier revers du Conseil d’Etat genevois en la matière devant le Tribunal fédéral. Mais il ne serait pas surprenant que M. Robert Cramer ait tenu le rôle du premier souffleur.

Pierre Kunz

18:03 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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