24/11/2008

Constituante, l'audace d'oser

Qui, à Genève comme partout en Suisse, n’a pas été interpellé par la ferveur, l’enthousiasme et l’engagement populaire qui ont marqué récemment l’élection américaine ? Et qui, au bout du lac, ne ressent pas, en pénible contre-point, la fadeur et la désaffection qui caractérisent la vie politique genevoise ?

Nous devons nous rendre à l’évidence : nos institutions, en particulier le mode électoral du gouvernement, ses règles de fonctionnement, l’aménagement du territoire, le rôle des communes, la fiscalité et les conditions relatives aux droits populaires, ne répondent plus

ni à l’environnement géopolitique, économique, social et médiatique de notre canton,

ni au fractionnement croissant de la politique genevoise,

ni à l’état de notre société, plus dispersée et plus individualiste que jamais.

Cette obsolescence affadit notre démocratie, lui enlève sa saveur et sa part de rêve. Elle pousse nos concitoyens, notamment notre jeunesse, à la démobilisation, au désintérêt, à l’amertume.

Depuis le 19 octobre dernier les élus à l’Assemblée constituante sont dépositaires de la mission et au bénéfice de l’immense privilège de rédiger le projet rassembleur d’une nouvelle constitution pour Genève.  Qu’ils se gardent d’oublier la responsabilité qui accompagne cette mission et ce privilège. Une responsabilité qui doit leur donner l’audace d’oser,  d’oser le changement et les réformes.

Oser remettre en question nos systèmes et nos schémas lorsqu’ils se sont révélés médiocres et inefficaces.

Oser emprunter des voies nouvelles, inconnues, lorsque les chemins traditionnels se perdent dans l’incohérence et la déresponsabilisation.

Oser repenser ce qu’on appelle les « acquis » lorsqu’ils sont devenus paralysants et inéquitables, en particulier pour les jeunes générations.

Oser renoncer aux habitudes lorsqu’elles brisent les enthousiasmes, les ambitions et les rêves de nos concitoyens.

Qu’ils se convainquent, comme cet ancien conseiller d’Etat radical, que contrairement à ce que prétendent les médiocres, la politique n’est pas l’art du possible. La politique est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire. Et ce qui est nécessaires aujourd’hui c’est de redonner de la fraicheur, de la vitalité, du rêve et de l’authenticité à notre démocratie.

 

 

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