29/09/2008

Constituante : le seul problème grave

Celui et celle qui y regardent de près s'aperçoive qu'au fond il n'existe qu'un seul problème grave à Genève. Un problème dont découlent toutes les difficicultés, tous les blocages, toutes les incohérences, tous les gaspillages qui caractérisent la vie du canton. Il est institutionnel et se résume en queques mots : Genève n'est pas gouvernée !

Nos institutions, en particulier le mode électoral et le fonctionnement du Conseil d'Etat, ne répondent plus aux exigences de l'environnement géopolitique, social, économique et énergétique dans lequel nous vivons depuis deux décennies ni au fractionnement, à l'effritement croissant de nos partis politiques. 

Qui peut encore espérer qu'un Conseil d'Etat constitué autour de cinq partis politiques dont les uns défendent un projet de société carrément contraire à celui des autres, constitué par des hommes et des femmes qui se sont combattus tout au long de leur carrière politique, qui une fois en fonction sont quasiment inamovibles, qui peut espérer qu'un tel Conseil d'Etat soit incité  à affronter autrement qu'en paroles les problèmes du canton ? Qui peut espérer qu'un tel Conseil d'Etat empoigne réellement la question de l'aménagement du territoire, qu'il construise effectivement les logements qu'il promet, qu'il fasse évoluer l'école de manière intelligente, qu'il améliore concrètement nos conditions de circulation, qu'il combatte de manière cohérente le réchauffement climatique, qu'il mettent en oeuvre avec détermination les plans de redressement des finances publiques qu'il annonce depuis vingt ans en début de chaque législature ?

Pour résoudre notre problème institutionnel il ne s'agira pas pour la Constituante de changer de système politique. Qu'on se rassure, Genève restera une république, une démocratie parlementaire multipartisanne. Mais il faut que la future assemblée s'astreigne à redonner du muscle à nos institutions afin de les adapter aux nécessités du temps, ces nécessités étant : cohérence, flexibilité, rapidité, efficacité.

Il conviendra, et il suffira, pour cela d'engager quatre réformes.

Le Conseil d'Etat doit désormais être élu par le peuple sur la base de listes bloquées, présentées par une coalition de partis et accompagnées d'un programme de gouvernement clair. Autrement dit il faut remplacer la dispersion actuelle par l'homogénéité.

Le Grand Conseil doit être amené à cesser son bavardage inutile sur des sujets souvent futiles, et pour cela qu'il soit réduit à 75 membres puis qu'il organise son travail dans un maximum de 7 à 10 commissions.

Les communes doivent être rendues plus fortes, se voir confier des missions exclusives (petite enfance, sports, culture) et recevoir les moyens fianciers requis pour les assumer et les mettre en oeuvre efficacement. Ce qui implique que la fiscalité communale soit désormais perçue non plus sur le lieu de travail mais sur celui de résidence.

Enfin il est indispensable que les droits populaires soient rétablis dans leur fonction originelle, à savoir la surveillance, le contrôle des actes de l'autorité politique. Il faut mettre un terme à la dérive que nous connaissons depuis quatre décennies, dérive qui permet désormais à la rue de faire les lois à la place du législateur et qui explique le fatras actuel qui encombre notre constitution.

Si la Constituante se concentre sur cette tâche et qu'elle la mène à terme les générations futures se trouveront efficacement armées pour affronter les défis qui les attendent. 

10:00 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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