19/07/2008

Centrale à gaz du Lignon: un projet injustifiable

M. Christian Brunier défend le projet avancé par les SIG de construire une centrale de production d'électricité à partir du gaz. Nul ne saurait le lui reprocher puisqu'il est rémunéré chaque mois par cette entreprise pour promouvoir les ambitions et les activités de cette dernière.

Il est par contre frappant de constater combien, dans ce cas aussi, les acteurs de la politique genevoise qui s'expriment sur le sujet peinent à le situer dans le contexte gobal que nous connaissons, celui d'une crise mondiale qui se propage sur une trame serrée simultanément dans les domaines énergétique, climatique, financière et alimentaire. Comme trop souvent, les politiques font abstration de ces réalités et réduisent leur "analyse" à quelques notions tirées du prêt-à-penser, contradictoires, partielles et partiales.

Parmi les justifications invoquées illustrant cette absence de rigueur intellectuelle il y a celle d'une réduction de 10 % pour le canton de sa dépendance d'approvisionnment électricité. Comment peut-on honêtement invoquer un tel argument pour justifier un investissement de 200 millions de francs sans simultanément chiffrerà titre comparatif le coût et les conséquences du statu quo ? Où sont restés les explications relatives à la solution qui consisterait tout simplement à accepter que Genève en reste à un taux d'auto-approvisionnement électrique de 25 % tel qu'il se présente actuellement ? Qui nous expliquera à quoi rime cette ambition d'accroître à un prix démentiel le taux "d'indépendance énergétique" du canton ? Faut-il rappeler que c'est à la Condédération et pas aux cantons que revient la tâche d'assurer l'approvisionnement énergétique sûr et pérenne du pays ?

Les autorités genevoises devraient insister auprès des SIG pour qu'ils se consacrent en priorité à résoudre leur problème majeur, à savoir une exploitation insuffisamment efficace et trop coûteuse. Les ressources humaines y restent pléthoriques et certaines capacités de production sont manifestement excessives.  Ajouter l'investissement envisagé de 200 millions au passif du bilan des SIG ne ferait qu'accroître encore la lourdeur des hausses de prix que la régie entend infliger aux Genevois dans les mois à venir.

Elles devraient également se remémorer les objectifs extrêmement ambitieux qu'elles se sont donnés s'agissant d'une part la réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'autre part en matière de réduction de consommation électrique du canton. Il y a dans leur attitude une sorte de schizophrénie inquiétante qui les conduit simultanément à discourir sur les dangers des changements climatiques et sur la fin prochaine des énergies fossiles, à adopter en fanfare le concept de la société à 2000 watts et des plans de mesures destinées à réduire la consommation d'énergie des Genevois, tout en acceptant de polluer d'avantage l'athmosphère avec une centrale à gaz excessivement chère au prétexte d'une indépendance énergétique illusoire ne serait-ce que parce que Genève ne recèle pas de gaz dans son sous-sol.

10:59 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook