05/05/2008

Mme Widmer-Schlumpf et les Machiavel de pacotille

Comme nombre de Romands je me suis assis devant mon écran de TV hier soir. Comme beaucoup de Romands j'ai ressenti un malaise en entendant comment Mme Widmer-Schlumf, visage fermé et yeux clairs, expliquait, à moult reprises et toujours avec les mêmes mots les apparentes contradictions de son comportement de décembre dernier.

Mais j'ai surtout éprouvé de la consternation en écoutant MM. Levrat, en sueur, et Darbellay, crispé, dans leurs dénégations du "coup du 12 décembre". Mais qu'ont-ils donc, me demandais-je, à protéger si vigoureusement, au prix de leur propre crédibilité, la nouvelle conseillère fédérale UDC ? N'y a-t-il pas dans l'attitude de ces deux politiciens encore jeunes mais déjà artistes des calculs politiciens à court terme, généralement peu reluisants mais si typiques de notre démocratie dite de concordance, la preuve évidente de l'accord donné préalablement par Mme Widmer-Schlumpf à l'opération d'éviction de M. Blocher ? La preuve évidente aussi du piège dans laquel ils se sont inutilement enfermé et de l'obligation qu'ils ont manifestement acceptée de défendre, une fois la manoeuvre réussie, l'image et la santé politique du cheval de Troie qu'ils s'étaient choisi ?

A défendre comme ils l'ont fait dimanche soir Mme Widmer-schlumpf les deux alliés de circonstance montraient leurs limites : celles de deux hommes, animés surtout par la jalousie et la haine, empétrés dans un complot qui a certes atteint son but mais dont ils n'avaient à l'évidence pas mesuré les conséquence sur la vie politique du pays. On pardonne volontier tous les gens simples, à la fibre socialiste ou verte, qui stupidement allumaient des bougies et sabraient le champagne sur la Place fédérale le 12 décembre comme si la Gauche avait ce jour-là pris le pouvoir au Conseil fédéral. Mais on ne peut être que consterné par l'attitude de "l'élite politique socialiste et PDC" du pays, une élite qui a cru pouvoir endosser le manteau de Machiavel mais qui a manifestement oublié de lire Le Prince.

10:01 Publié dans Politique suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.