08/04/2008

Et le contexte ?

Schopenhauer s'amusait de la capacité de ses contemporains à considérer que les limites du monde étaient celles fixées par leurs préoccupations du moment. Il verrait qu'aujourd'hui rien n'a changé et que nous sommes toujours incapables de jauger un événement et de juger ses acteurs en tenant compte de son contexte historique, social, économique et géopolitique. Cela vaut pour le commun des mortels comme, malheureusement, pour ceux qui ont la mission de nous informer. La lecture de la presse d'une journée est particulièrement instructive à ce sujet. Prenons par exemple celle de ce 8 avril 2008 et limitons-nous à un journal et à trois cas pour illustrer notre propos.

Ce quotidien titre ce jour dans son cahier spécial que "Plus de 1600 logements ont été construits en 2007" dans le canton. Bonne nouvelle, se dit-on. Pourtant il n'en est rien car c'est plus du double d'habitations qu'il aurait fallu mettre sur le marché pour commencer, commencer seulement, à surmonter la pénurie  qui règne à Genève. De ce rappel il n'y a pas trace.

On lit aussi dans les colonnes de ce journal que "L'air reste toujours aussi pollué" dans notre pays. Et cela étant chacun serait en droit de s'inquiéter. Or, en fait, il n'existe aucune raison de s'affoler puisque les relevés effectués année après année par les services cantonaux de protection de l'air indiquent qu'en trente ans la qualité de notre air s'est améliorée de magnière extrêmement significative, même si depuis deux ou trois ans on note une certaine stagnation dans les progrès accomplis.

Bien entendu on n'échappe pas dans l'édition du jour aux affaires de l'UDC et des bousculades que ce parti exerce sur Mme Eveline Widmer-Schlumpf. On apprend dans l'article consacré à ce sujet que la présidente d'Alliance F, Mme rosmarie Zpafl-Helbing, se plaint bruyamment qu'une fois encore "les femmes au gouvernement sont attaquées de manière beaucoup plus virulente que les hommes." Elle aussi oublie très facilement que c'est bien un homme, M. Christophe Blocher, qui non seulement a été le sujet d'une campagne médiatique et politique inconnue jusqu'ici dans le pays mais s'est de surcroît fait éjecter du Conseil fédéral en décembre dernier.

Décidément ce n'est pas d'une insuffisance d'information dont souffre notre démocratie. C'est un excès d'informations qui en perturbe le fonctionnement harmonieux. Notamment parce que ceux qui sont chargés de nous livrer ces dernières le font d'une manière superficielle, partielle et hors contexte. Ils n'ont probablement qu'une excuse, celle de ne pas disposer de suffisamment de temps pour effectuer leur tâche avec le sérieux et le recul commandés par l'objectivité.

 

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