12/03/2008

Après CFF Cargo, les Cheneviers ?

Quel est le point commun entre CFF Cargo et l'usine d'incinération des Cheneviers ? Les deux sociétés sont en difficultés financières à cause d'une part du surdimensionnement  de leurs infrastructures, d'autre part parce que le personnel de ces entreprises n'est pas proportionné à leur marché respectif.

La direction des SIG, face à ces problèmes, pour absorber une partie de ses coûts excédentaires, s'est depuis plusieurs années astreinte à trouver sur des marchés extérieurs, des déchets à traiter dans le fameux four qu'une saine gestion aurait dû conduire à mettre hors service depuis longtemps. Le marché allemand étant désormais fermé, les SIG se sont intéressés à l'opportunité présentée par les déchets italiens. Le traitement de ceux-ci, le personnel qui s'est exprimé hier dans la TdG l'a bien compris, s'inscrivait dans une logique de sauvegarde des cinquante emplois dont la disparition doit accompagner la fermeture du four en question.

Cédant à la pression populaire et politique, le Conseil d'Etat a annoncé qu'il refusait aux SIG le droit de traiter les déchets napolitains. Cette décision est typique des incohérences et des reculades qui caractérisent le monde politique genevois depuis longtemps. Elle est fondée officiellement sur ce qu'on se plaît à appeler chez nous "le pragmatisme" et "une analyse sérieuse de la situation". En fait c'est un clair lachage de la direction des SIG qui ne s'explique que par l'incapacité dans laquelle se sont trouvées nos autorités d'expliquer le bienfondé de l'initiative des SIG à des Genevois curieusement inquiets.

Les Genevois doivent savoir que l'absence de courage marquant cette reculade aura un coût pour eux. Le coût d'une installation inutile qu'il faudra bien continuer de faire semblant d'utiliser et celui des cinquante personnes qui continueront à être employées à cet effet. Ce coût se retrouvera d'une manière ou d'une autre dans le prix des prestations des SIG, propritaires des Cheneviers. Et l'on peut être sûr que ce gouvernement saura utiliser en toute mauvaise foi, pour des raisons écologiques bien sûr, les plus mensongers des arguments destinés à expliquer la prochaine hausse du prix de traitement des déchets d'incinération.

Sauf si, contre toute attente, le Conseil d'Etat décidait dès demain de soutenir la démarche douloureuse, qui logiquement aurait dû être prise depuis longtemps, de supprimer ces emplois et de reclasser le personnel concerné dans l'unité de production d'une autre entreprise publique qui manquerait de bras.

Mais il n'est guère probable que notre gouvernement osera faire preuve du même courage politique que le Conseil fédéral confronté à une situation similaire. Il soutien, lui, la décision qu'a prise la direction de CFF Cargo de procéder à la réforme en prondeur du fonctionnement de l'entreprise puisque le marché ne lui apporte pas le chiffre d'affaires requis pour absorber ses coûts.

 

 

  

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