31/08/2007

A propos du "tas de conneries" de Robert Cramer

 

M. Robert Cramer, notre ministre chargé du Territoire, donc de l'aménagement genevois, a-t-il oublié que ses électeurs l'ont porté au Conseil d'Etat pour qu'il travaille à résoudre leurs problèmes, celui de l'habitat en premier lieu ? Ou, considérant que faire construire des logements en nombre suffisant était au-dessus de ses forces, cherche-t-il, en attendant de les quitter pour Berne, concentrer l'attention des Genevois sur des projets grandioses mais sans intérêt pratique du genre de celui pour lequel il a fait convoquer le Grand Conseil hier après-midi, à savoir son"projet d'agglomération transfrontalière" ?

Il s'agissait-là de la plus récente des réunions régulières d'information, d'échanges, de discussions auxquelles, sous l'égine du chef du DT, sont invités à prendre part depuis plusieurs années les acteurs de la vie politique, sociale et économique du canton, des réunions qui pourtant laissent régulièrement dans l'esprit des participants le même malaise interrogatif : au lieu de concentrer notre énergie et notre temps à une ambition portant sur après-après-demain ne devrions-nous pas à marche forcée travailler à corriger "les vraies conneries" que commet le monde politique genevois, M. Cramer en tête, depuis trois décennies ? Car c'est bien de "connerie" dont il s'agit en matière de logements.

Voilà trente ans en effet qu'au prétexte de la protection des locataires et de l'environnement l'on ne construit plus à Genève parce qu'au lieu de mettre de nouveaux terrains à disposition des constructeurs on les raréfie. Voilà trente ans qu'année après année, au lieu d'accroître l'offre de logements et d'en stabilier ainsi les prix, on en produit de moins en moins pour en arriver l'an dernier à ne plus en livrer que 1205 à la population alors que nos voisins français et vaudois en poduisaient près de dix fois plus. Voilà trente ans qu'ainsi Genève expédie ses travaileurs et ses contribuables hors du canton.

Et la "connerie" immense à laquelle M. Cramer aurait dû s'attaquer depuis longtemps est bien celle du tabou de la zône agricole dont seuls les idéologues bornés et les parfaits égoïstes nient qu'elle peut parfaitement faire l'objet de déclassements. Les déclassements requis pour y construire les habitations de tous genres qui sont si nécessaires si l'on entend perpétuer la vitalité économique et financière du canton et si l'on prétend sincèrement protéger notre environnement pollué par la centaine de milliers de mouvements journaliers autoroutiers occasionnés par les pendulaires.

Au lieu de chercher prioritairement à dialoguer avec la France pour répondre plus efficacement à "l'héliportage urgent aux HUG d'un jeune qui agonise en Haute Savoie suite à un accident de voiture" (M. Cramer dixit dans la TdG de ce jour !)  M. Cramer aurait été bien inspiré de s'investir sans compter et toutes autres affaires cessantes dans l'adaptation de notre aménagement territorial et de permettre ainsi de résoudre au moins en partie le lancinant problème du logement genevois.

 

 

 

 

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