Je la connais la musique...

  • Qui a peur de la libre circulation des personnes ?

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    La plus désastreuse des décisions prises par les « têtes pensantes » de l’Union européenne est sans conteste la création de la monnaie unique. Il en est une autre presque aussi stupide, aujourd’hui lourde de conséquences, à savoir la libre circulation des personnes, dont les racines plongent dans l’idéalisme des pères fondateurs de l’UE.

    Celle-ci est perçue de plus en plus par les Européens comme une source d’insécurité. Même si ce sentiment n’est encore guère avoué par les élites pro-européennes, la question devient chaque mois, socialement et politiquement, davantage prégnante voire explosive.

    Un article paru récemment dans les médias montre de manière frappante les effets néfastes de la liberté de circulation telle qu’elle se concrétise en ce début de 20ème siècle. Autour de Genève : 44 % des actifs du Genevois français travaillent dans la riche Genève. Le département s’en trouve socialement déséquilibré et l’avenir de moult entreprises établies en France voisine se voit compromis, elles qui se font siphonner le personnel qualifié qu’elles ont formé.

    De telles situations, tout aussi insupportables durablement, sont observables en nombre dans toute l’UE. C’est ainsi que la Grande Bretagne s’est sentie submergée, avec les conséquences que l’on sait, par les travailleurs venus de toute l’Europe. Les Polonais qualifiés continuent d’émigrer et le pays est obligé, pour les remplacer, d’importer de la main d’œuvre ukrainienne et bulgare. Les médecins allemands et roumains quittent le pays qui les a formés, privant les patients de leurs compétences. Etc.

    La Suisse est concernée elle aussi, depuis une vingtaine d’années, par le défi de la libre circulation. Mais contrairement à ce que certains milieux helvétiques veulent nous faire croire, les diplomates, les autorités et les partenaires sociaux ont su habilement, grâce aux mesures d’accompagnement, protéger l’équilibre social du pays.

    Ainsi, dans les faits, les dangers politiques et sociaux de la libre circulation s’avèrent bien plus lourds au sein de l’UE que chez nous. A tel point que l’on voit mal comment, dans les années à venir, cette liberté, qui ne correspond plus aux impératifs de notre temps, pourrait ne pas être restreinte, probablement selon un modèle identique à celui, fondé sur des quotas, que vient d’annoncer la Grand Bretagne. Voilà qui conviendra fort bien à la Suisse.

    Dans ces conditions, il apparaît d’autant plus stupide de mettre les bilatérales en péril en acceptant le 17 mai l’initiative de l’UDC dite « pour une immigration limitée ». 

    Pierre Kunz

     

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  • Anker chez Gianadda

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    Pour ceux qui sont sensibles à la peinture, il y a bien sûr Hopper à la Fondation Beyeler. Mais il y a aussi Anker à la Fondation Gianadda.

    En ce début d’année, celle-ci a accroché à ses cimaises la très riche collection d’œuvres suisses assemblée par Christophe Blocher, admirateur et collectionneur compulsif des tableaux de Anker, mais aussi de Hodler, Vallotton, Dietrich, Giacometti, d’autres encore.

    Il s’agit d’une exposition somptueuse qu’il faut absolument visiter. Pour découvrir certes la richesse de l’art pictural helvétique, mais aussi et surtout pour se laisser émouvoir, en particulier par la finesse, la méticulosité quasi photographique et la tendresse bouleversante des portraits réalisés par Anker au cours de la deuxième moitié du 19ème siècle. Les portraits de l’artiste bernois, ceux des enfants, sérieux, et des vieillards appliqués, ne respirent pas la gaieté. Ils nous attendrissent car à travers eux nous percevons la vie qu’affrontaient encore nos ancêtres voici un siècle et demi. Une existence de labeurs, frugale, lente, remplie d’incertitudes.

    C’était une Suisse agricole, qui pourtant souffrait fréquemment de disette et qui conservait le souvenir vivace de la famine qui, en 1816, avait frappé les populations du pays. Une Suisse, humble, misérable même, dont 500'000 habitants, chassés par la pauvreté, ont été forcé d’émigrer durant ce siècle.

    On l’aura compris, les tableaux de Anker ne sont pas seulement magnifiques. Ils nous transportent. Ils nous ramènent à nos racines et éclairent une tranche de notre histoire.

    Pierre Kunz

     

     

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  • Genève, une législature déjà perdue

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    Relire aujourd’hui, à la fin du premier tiers de la législature, le discours de Saint-Pierre et le programme de législature 2018-2023 du Conseil d’Etat constitue un exercice aussi amusant que désespérant. Amusant à cause de l’emphase des propos figurant dans ces documents et d’un lyrisme qui fait sourire au regard de la situation du canton en ce début 2020. Désespérant, parce qu’en cette fin janvier 2020 on s’aperçoit que, si l’on excepte les grands travaux lancés et les grands enjeux définis par les gouvernements précédents (loi sur la laïcité, Papyrus, extension du réseau TPG), aucune des réformes promises en 2018 n’a été lancée.

    Rien donc, d’ici au printemps 2023, ne sera réalisé. Nous ne verrons pas d’ici-là la nouvelle patinoire, ni la prison des Dardelles, ni la première pierre des nouveaux quartiers du PAV, des Cherpines, de Bernex. Nous ne verrons probablement pas non plus la concrétisation de la réforme annoncée des services de protection de la jeunesse et des adultes.

    Les finances cantonales sont au plus mal. Les engagements hors bilan ajoutés à la dette comptabilisée dépassent le seuil des 20 milliards de francs. Les dépenses de fonctionnement continuent de croître systématiquement plus rapidement que les revenus. Le budget 2020 présenté par le gouvernement est catastrophique (600 millions de déficit) et, en dépit des circonstances (baisse de la fiscalité des entreprise et recapitalisation de la CPEG), il ne marque aucune volonté d’en finir avec la croissance démesurée des charges de fonctionnement. Pour le faire « entrer dans les clous de la loi », le Conseil d’Etat en a été réduit, paroxysme de la mauvaise gestion, à accepter la suspension du frein au déficit.

    Dans le domaine des dépenses de fonctionnement, les réformes promises pour freiner l’évolution désastreuse de l’administration publique sont en effet restées lettre morte : la modernisation de l’échelle des salaires SCORE a été enfoui dans un tiroir ; celle du statut des fonctionnaires n’a même pas été ébauchée ; la mutation annoncée des relations canton-commune n’a pas leur avancé d’un cran.

    Au plan politique, le gouvernement s’est révélé incapable de faire vivre le programme de législature 2018-2023 dont il s’est doté et que les partis gouvernementaux (PS, PDC, Verts, MCG et PLR) s’étaient engagés à soutenir. Ce programme a donc rapidement volé en éclats : les députés socialistes, verts, MCG et PLR ont tour à tour trahi leurs engagements en s’opposant au gouvernement sur la réforme fiscale des entreprises, sur la réforme de la caisse de pension de la fonction publique et sur le budget 2020.

    Le Conseil d’Etat, malgré la masse de juristes dont il s’est entouré, se fait régulièrement « retoqué » par les autorités judiciaires : la planification hospitalière qu’il visait a échoué devant le Tribunal administratif fédéral ; la Cour de Justice l’a désavoué s’agissant de la question des annuités du personnel de l’Etat ; la même Cour de Justice a cassé son projet d’internalisation des prestations dans les EMS.

    Passif sur grands enjeux, le Conseil d’Etat, depuis 20 mois, s’est montré par contre beaucoup trop disert et visible sur les questions populistes et les faux problèmes : guéguerres internes ; inauguration en grande pompe du Léman Express ; catapultage sur la place publique d’un crédit de 20 millions pour des tablettes numériques scolaires ; introduction d’un macaron anti-pollution ; soutien au sketch imaginé par la Ville de « dégenrer » les panneaux piétons ; opposition à la 5G et aux abattages d’arbres par le biais de moratoires d’ailleurs inopérants.

    Le discours d’investiture du Conseil d’Etat, le 31 mai 2018, se terminait sur cette exhortation : « Le peuple nous demande de chercher l'entente et le dialogue. Il est fatigué des luttes stériles. Les illusionnistes ne font plus recette. Le peuple veut que ses autorités travaillent ».

    Manifestement, c’est raté.

    Pierre Kunz

     

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  • L'autoritarisme pour sauver l'humanité ?

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    Tim Jackson est un intellectuel anglais auteur d’un livre intitulé « Prospérité sans croissance ». L’auteur y constate que le capitalisme moderne, fondé sur la croissance, est malsain car il oriente les individus vers l’individualisme, le matérialisme et le consumérisme. Il affirme par ailleurs que ce système économique, malgré les prouesses scientifiques de l’humanité, ne permettra pas à celle-ci de surmonter simultanément ses quatre grands défis actuels : conservation du niveau de vie de l’Occident, augmentation de la population de la planète, éradication de la pauvreté dans le monde et lutte pour la protection du climat, des ressources naturelles et de la biodiversité. 

    Convenons-en, le constat de Tim Jackson sur la société occidentale d’aujourd’hui n’est contestable que sur des points de détail. Par contre rejetons son affirmation, qu’il ne parvient pas d’ailleurs à justifier, que la société libérale et capitaliste serait incapable d’affronter ses défis humanitaires et environnementaux. 

    Anticapitaliste, Tim Jackson imagine une société et une économie nouvelles qui seules selon lui pourraient faire face aux impératifs environnementaux tout en garantissant la prospérité et le bien-être des gens. A cette fin il remet en cause toutes les notions intégrées par nos sociétés depuis les Lumières. L’entreprise devient une sorte de service public ; le progrès et la croissance sont remplacés par la sobriété matérielle et « la bonne vie » ; la réussite matérielle est dévalorisée. 

    Tim Jackson, à l’appui de son projet rousseauiste, forge l’hypothèse que les individus, retrouvant la sagesse, seront heureux de passer de la société consumériste à la frugalité, cela en contrepartie des « capacités d’épanouissement » que la nouvelle société est supposée leur apporter. Pourtant, il ne croit pas vraiment à cette sagesse du peuple. Comment se comportera-t-il lorsque celui-ci se trouvera confronté aux effets d’un Etat privé d’une grande partie de ses ressources par l’érosion de ses revenus, avec l’austérité et l’instabilité qui en découleront immanquablement ? 

    Dès lors, il juge indispensable que « les gouvernements s’engagent afin de transformer la logique sociale du consumérisme, qu’ils poussent les peuples à accepter les bonnes décisions à long terme ». Et il ajoute que « dans les faits le régime nouveau imposerait des dispositifs privilégiant les choix sociaux définis a priori. Il serait fondé à interdire les impacts structurels pernicieux qui accroissent les inégalités et réduisent le bien-être ». 

    Autrement dit, au prétexte de l’urgence climatique et du consumérisme débilitant, Tim Jackson nous invite à accepter l’instauration d’une société qui s’écarte peu du totalitarisme. Il n’est pas isolé. Nombre d’écologiste partagent cette ambition. 

    Méfions-nous des cassandres et des collapsologues qui instillent la peur et qui l’exploite dans de tels buts. Conservons plutôt optimisme et confiance en la capacité de l’humanité de résoudre, comme elle l’a toujours fait, les problèmes, sérieux certes, qui se posent à nous aujourd’hui. Ne nous en remettons pas à un régime autoritaire qui nous entraînerait sur la voie de l’austérité. Continuons au contraire à croire en la liberté et l’initiative individuelle. Veillons, dans notre cadre démocratique, à borner l’économie de marché là où cela est nécessaire afin que cette dernière continue à contribuer à la richesse générale tout en sauvegardant les ressources de la planète. Rien à ce jour n’a prouvé que cela serait impossible. 

    Pierre Kunz

     

     

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  • La détresse des Soraliens et l’inaction du Conseil d’Etat

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    C’est un véritable calvaire que vivent les habitants de Soral depuis une vingtaine d’années. 

    Pourquoi ? Parce que notre Conseil d’Etat, probablement pour plaire aux Verts et se pavaner sur un sujet à la mode, préfère se donner un peu de vernis écolo en intervenant à coups de vignettes sur la qualité de l’air (qui n’a pourtant jamais été meilleur) en centre-ville. Parce que, incapable de faire face à ses responsabilités, manquant de détermination et d’ambition, discourant beaucoup mais n’agissant pas, il reporte lors de chaque législature le traitement de la problématique du scandaleux trafic des pendulaires à Soral, à savoir 10 à 12'000 mouvements journaliers à travers le village.

    Rappelons-nous toutes les études et pseudo-études annoncées depuis vingt ans, par le Conseil d’Etat. Souvenons-nous de toutes les promesses, jamais tenues, qu’il a faites aux Soraliens durant toutes ces dernières années. Demandons-nous dans quels tiroirs sont tombés les multiples projets de routes d’évitements qui ont été envisagés par les services de l’Etat. Et concluons : le canton de Genève n’est plus gouverné depuis longtemps dans l’intérêt de ses citoyens, il est juste vaguement, et pas de la meilleure manière, administré.

    Au bout du lac le monde politique aime se glorifier du « Grand Genève ». Mais il est incapable depuis des décennies, de construire, sur des terres inhabitées, quelques hectomètres de route d’évitement au profit de villageois exaspérés. Alors qu’en Chine, pour faire face aux conséquences potentielles du coronavirus, les autorités sont en mesure, elles, de décider, dans l’urgence, la construction d’un hôpital de 1000 lits et de le réaliser en … deux semaines.

    « Meunier tu dors … »

    Pierre Kunz

     

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  • La propagande trompeuse d'Oxfam

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    Le chiffre affiché par l’ONG Oxfam selon lequel « 2153 milliardaires détiendraient plus d’argent (autrement dit de patrimoine ou de fortune) que 60 % de l’humanité » est certes spectaculaire mais il n'est pas correct de ne pas le nuancer et de ne pas le mettre en perspective. Pour s’en persuader il suffit une fois encore de se référer à Thomas Piketty. C’est pour sûr un marxiste mais lui est honnête.

    Voici comment ce dernier recense la répartition des patrimoines européens aujourd’hui :

    • la part détenue par les 10 % les plus riches s’élève aujourd’hui à 55 % (contre 50 % en 1980 et 90 % en 1914).
    • la part des 50 % les plus pauvres se situe à 7 % (contre 10 % en 1980 et 2 % en 1914).
    • la part des 40 % du milieu, soit les classes moyennes, atteint 38 % (contre 40 % en 1980 et 8 % en 1914).

    Quant à la sous-catégorie du 1 % des hyper-riches, soit en gros les milliardaires, ils en possèdent 22 % (contre 18 % en 1980 et 50 % en 1914)

    Pour être juste, il faut noter qu’aux USA les riches et les milliardaires ont fortement accru leurs patrimoines au cours des 5 ou 6 dernières décennies sous l’effet des baisses d’impôts scandaleuses et ridicules dont ils ont bénéficié.

    Mais il n’en reste pas moins que la répartition des patrimoines (c’est le cas aussi de celle des revenus) est devenue nettement plus égalitaire depuis un siècle, cela principalement grâce à l’augmentation du niveau de vie de toutes les couches des populations. C’est particulièrement vrai en Europe et ça l’est aussi aux USA. Certes dans les pays en développement et parmi ceux qui accèdent depuis quelques années à l’opulence, les inégalités entre les hyper-riches et les plus pauvres sont souvent injustifiables, surtout vues de l’Occident.

    L’ONG, par souci d’honnêteté, aurait dû souligner aussi que les milliardaires dont elle parle ne sont pas des salopards assis sur leurs tas d’or. C’est vrai, ils ne contribuent pas partout suffisamment par leurs impôts au bon fonctionnement de l’Etat, constat qui résulte en premier lieu de l’impéritie des gouvernements. Mais on ne saurait nier que Jeff Bezos, Bill Gates et consorts sont les actionnaires de sociétés qu’ils ont créées et que celles-ci ont généré des millions d’emplois à travers le monde.

    Quant à l’interprétation du pavé d’Oxfam qu’en font l’ONG et les médias en insistant sur les inégalités qui partout perturberaient le bon fonctionnement du monde, elle est ridicule. Contrairement à ce qu’ils prétendent avec une légèreté coupable, les « 2153 milliardaires » n’ont rien à voir avec les discriminations faites aux femmes. Ni avec les jacqueries des gilets jaunes et des syndicats français ou les troubles qui secouent le Liban, Hong Kong et Santiago du Chili.

    Pierre Kunz

     

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  • "Temps présent" ou le besoin de faire peur

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    "Temps présent" constitue une parfaite illustration du besoin qu’éprouvent une bonne partie des médias de faire naître puis de cultiver l’angoisse au sein de la population. Cela dans le but évident de gonfler l’audimat.

    L’émission que "Temps présent" a fait défiler jeudi soir sur les écrans en témoigne. Il s’agissait pour ses animateurs d’attirer l’attention des Genevois, surtout dans certains quartiers, sur les « immenses » dangers qu’ils courent en respirant, un air « scandaleusement saturé de dioxyde de carbone et de particules fines ».

    L’émission, on l’a ressenti à travers tout l’enchaînement des images et des propos diffusés, visait un but clair : démontrer la gravité d’une situation que les réalisateurs avaient a priori définie comme telle. A cette fin ils se sont ingénié à agencer et à formater, autrement dit à restreindre aux extraits les plus susceptibles de soutenir la thèse susmentionnée, les déclarations des participants. Particulièrement révélatrice, l’interview du médecin qui s’est exprimé : à entendre ses explications, très certainement largement amputées, les Genevois habitants au bord de certaines rues ont déjà un pied dans la tombe.

    Le goût des animateurs pour le sensationnel et le besoin de frapper les esprits ne s’est embarrassé d’aucune nuance ni d’un minimum d’objectivité. Par exemple, on aurait dû rappeler, par souci d’équilibre, le contenu des rapports du ROPAG (Réseau d’Observation de la Pollution de l’Air à Genève). Ceux-ci montrent que la qualité de l’air s’améliore continuellement à Genève. Pour les poussières fines les limites légales sont respectées depuis plusieurs années. S’agissant du dioxyde d’azote, les taux baissent régulièrement et ne restent que légèrement au-dessus des valeurs limites fédérales. Enfin, les concentrations excessives d’ozone sont rares, limitées aux journées caniculaires, et ne concernent quasiment pas les milieux urbains.

    Il est vrai que le directeur de ce service, interrogé, aurait dû insister lui-même sur les constats de ses collaborateurs. Il ne l’a pas fait mais allez savoir si ses propos n’ont pas été supprimés.

    Quoi qu'il en soit, ce fut une émission indigne d'un journalisme de qualité.

    Pierre Kunz

     

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  • Inégalités. Les contre-vérités de Maillard

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    La gauche claironne régulièrement les slogans du moment : « les inégalités de revenus et de patrimoines se creusent, les pauvres sont de plus en plus pauvres ». Quant aux médias, ils se contentent trop souvent de relayer ces affirmations sans les vérifier. Problème : elles sont fausses.

    Laissons de côté dans ce texte la question des patrimoines et concentrons-nous aujourd’hui sur les revenus en nous fondant sur les chiffres recensés et publiés récemment par Piketty (*). Qu’en ressort-il ?

    En Europe de l’ouest, seul le 1% des hyper-riches a profité scandaleusement de la situation. La part des 10 % les plus riches dans le total des revenus nationaux a certes augmenté un peu entre 1980 et 2019 de 30 à 33 %. (Deux chiffres qui demeurent néanmoins très éloignés de celui de 1914, soit 50 %).

    Mais cette captation ne s’est pas faite au détriment des 50 % les plus pauvres de la population. La part des revenus de ceux-ci dans les totaux nationaux s’élevait en effet à 22 % en 1980 et elle est restée inchangée en 2019. (A noter qu’au début du 20ème siècle elle n’était que de 15 %).

    Ceux qui ont vu leur part se réduire sont les 40 % des classes du milieu, soit les classes moyennes. Leur part s’est abaissée de 48 à 45 % entre 1980 et 2019. Voilà qui reste loin de l’effondrement qu’on nous dépeint. (Surtout si l’on se souvient qu’au début du 20ème siècle cette part ne s’élevait qu’à 35 %).

    Ces chiffres réconfortants doivent au surplus s’accompagner du rappel qu’entre 1980 et 2019 le pouvoir d’achat des ménages s’est accru de l’ordre de 30 à 80 % suivant les pays et que les prestations sociales distribuées n’ont cessé de croître. Les chiffres helvétiques, fournis par l’OFS, concernant la période 1995 à 2018, sont éloquents :

    • le revenu des ménages a augmenté de 66 %
    • les prestations sociales ont bondi de 123 %
    • alors que la population n’a grossi que de 16 % et que l’inflation totale de la période n’a même pas atteint 10 %

    Ainsi donc, prétendre, comme l’a fait Maillard dans une interview donnée au Temps vendredi dernier, qu’en Europe et en Suisse « les inégalités de revenus se sont accrues fortement au détriment des plus pauvres et que, la solidarité dans les pays européens, en Suisse notamment, se lézarde » c’est tomber dans les contre-vérités bordant la malhonnêteté. Mais on le sait, l’ancien conseiller d’Etat actuellement élu à Berne et président de l’USS, n’a jamais hésité à manipuler les chiffres et les faits à son avantage et à pousser des boucs émissaires au pilori.

    Pierre Kunz

     (*) Piketty, Idéologie et capital, 2019

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  • Climat ; les discours pompeux des intellectuels

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    Les intellectuels français sont probablement les champions du monde des discours abscons, sans portée pratique, qui alignent les poncifs et les mots compliqués comme s’ils parlaient à des ordinateurs. Le dernier exemple de ces personnages, cité dans Le Temps mercredi dernier, est Bernard Stiegler, sociologue, qui entend interpeller la Genève internationale et l’ONU pour repenser la lutte contre le climat.

    Pour justifier la création de son Institut de recherche et d’innovation de Paris, un collectif scientifique transdisciplinaire, et pour présenter ce qu’il entend en faire afin de lutter contre le réchauffement climatique, voici les propos qu’il tient.

    « Face au manque de volonté politique ou à l’apathie ambiante, aux symptômes de la profonde désorientation face aux défis que pose l’ère de l’anthropocène, il faut rechercher un nouveau processus d’expérimentation. L’idée est de trouver de nouvelles solutions démocratiques ancrées dans la réalité du territoire officiant chacun comme des laboratoires ».

    Et il poursuit en exigeant que « les modèles de société et de l’économie soient repensés et que soient échafaudées de nouvelles méthodes de travail qui prennent en compte les questions biologiques, économiques, sociales, politiques et technologiques. Face à la dictature des algorithmes, il faut restaurer le savoir humain ».

    Nous voilà bien avancés ! Comme disait Sieyès, à tant vouloir être profond on en devient creux.

    Pierre Kunz

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  • Trump ; ne soyons pas naïfs

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    Au cours des deux dernières années les médias et les experts du café du commerce n’ont cessé de focaliser leur attention et leurs commentaires sur ce qu’ils appelaient les errements du président américain. En les écoutant ou en lisant on comprenait qu’ils pensaient avoir affaire à un déséquilibré. Pourtant ses cibles n’étaient pas nouvelles. Ce qui est nouveau avec Trump, c’est bien moins la politique qu’il fait que son comportement stupéfiant, outrancier, impulsif, et sa manière abusive et malhonnête de communiquer.

    Mais, en termes de réal-politique, les chroniqueurs sérieux qui s’intéressent à la politique américaine savent que Trump fait en général autrement mais rien de plus que ce qu’ont initié ses prédécesseurs : montrer à la Chine qu’elle ne pourra pas continuer à abuser de son statut de « pays en développement », dénucléariser la Corée du Nord, reconnaître officiellement et dans les faits qu’en Palestine l’allié privilégié des USA sont les Israéliens, faire comprendre aux Européens qu’il est temps pour eux d’assumer leur défense, déstabiliser l’Iran autant que faire se peut, etc.

    Ne soyons pas naïfs, Kennedy, Nixon, Clinton, les Bush et Obama ont eux aussi ordonné des assassinats ciblés. Le dernier exemple en date est celui de Ben Laden. Mais, à la différence de la mise à mort de Suleimani par Trump, ces actes étaient mûrement réfléchis et, aux yeux de leurs auteurs, justifiables devant le peuple américain et défendables, si nécessaire, sur la scène internationale.

    Jusqu’au meurtre de Suleimani on pouvait encore croire que les décisions et les actes de Trump étaient fondés sur la raison, sur l’intérêt de l’Amérique et sur les exigences de la réal-politique. Mais le meurtre de Suleimani vient démentir de manière dramatique cette appréciation. Ce meurtre lourd de conséquences est en effet aussi irrationnel qu’injustifiable. Contrairement à Ben Laden ce général n’avait rien à expier, il ne représentait aucune menace sérieuse pour la population américaine. C’était même un allié de l’armée américaine dans sa lutte contre Daesh.

    Il faut en convenir, le seul motif qui a amené Trump à agir avec cette brutalité est électoraliste. En prenant sa décision irresponsable, il n’a songé qu’aux retombées, positives selon lui, sur sa réélection. Cette opération indéfendable, même par ses fidèles, risque bien, au contraire, de précipiter sa descente vers la défaite en novembre prochain.

    Pierre Kunz

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  • Jamais l’humanité ne s’est portée aussi bien

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    Jamais l’humanité ne s’est portée aussi bien

    De tous temps les cassandres et les pessimistes culturels ont été plus nombreux et plus verbeux que les optimistes. Et le début du 21ème siècle ne fait pas exception. Le phénomène s’y développe même grâce à des médias condamnés à colporter, en les amplifiant, les mauvaises nouvelles plutôt que les bonnes.

    C’est à longueur de semaines que le GIEC nous met en garde contre le réchauffement climatique, les urbanistes nous alarment en nous assurant les pires difficultés en matière de mobilité, les gourous de la finances nous prédisent la prochaine crise, les populistes nous promettent l’invasion des migrants, les antimusulmans nous annoncent que l’Islam a commencé à déferler sur l’Europe, « A bon entendeur » nous affole avec ses enquêtes alimentaires, les écologistes nous effraient avec leurs mesures de la pollution des sols et de l’air. Etc.

    Heureusement, de temps en temps un intellectuel porteur d’espérance, analyste sérieux des faits et rationnel dans ses conclusions, s’élève au-dessus de la déferlante catastrophiste pour nous montrer qu’en réalité « jamais l’humanité n’a vécu une période aussi paisible et heureuse ». Rappels historiques et chiffres à l’appui, Steven Pinker, professeur de psychologie à l’université de Harvard, nous montre dans son dernier ouvrage (*) que la santé, la prospérité, la sécurité et la paix sont en hausse dans le monde entier.

    C’est ainsi que l’espérance et le niveau de vie ont crû universellement, dans les pays riches comme dans les pays les plus pauvres, le taux d’alphabétisation augmente partout, le sort des enfants s’améliore constamment, les famines endémiques ont disparu, on plante sur la terre plus d’arbres qu’on en brûle, les décès dus aux guerres, aux attentats et aux homicides n’ont jamais été aussi peu élevés, la peine de mort est de moins en moins appliquée, la démocratie et l’égalité des droits poursuivent leurs avances. A preuve, nous dit Pinker, « dans tous les pays qui disposent de données sur le taux de satisfaction et de bonheur, celui-ci progresse ». 

    Ces progrès sont un leg du siècle des Lumières, animés par les idéaux puissants que furent, et sont toujours, la raison, la science et l’humanisme. Certes, de nouvelles difficultés se pressent chaque jour à la porte de l’humanité. Des problèmes anciens subsistent, non encore résolus. Certains sont graves, d’autres moins, mais tous, s’ils sont abordés courageusement et rationnellement, à l’aide des instruments scientifiques dont nous disposons déjà, ou qu’il nous reste à découvrir, sont solubles dans un délai raisonnable et dans l’intérêt de tous.

    Alors, en cette fin d’année et à l’abord de 2020, foin du pessimisme ambiant et des craintes sur l’avenir de l’humanité. Celle-ci, avec les succès que l’on sait, a fait face à des temps et des problèmes autrement plus dramatiques que ceux qui nous préoccupent.

    Joyeux Noël à tous et entrons dans 2020 plein de confiance et d’ambitions !!

    Pierre Kunz

    (*) Steven Pinker, Le Triomphe des Lumières, 2018

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  • La Chine et le modèle parlementaire occidental

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    Le dernier ouvrage de Piketty (*) est lourd, assez indigeste, critiquable à bien des points de vue. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il apporte une multitude d’informations sérieuses et intéressantes. Voici ce que l’auteur écrit à propos du « modèle » politique et social chinois.

    « Après avoir tiré les leçons des échecs du soviétisme et du maoïsme, le régime entend ne pas répéter les erreurs des démocraties électorales et parlementaires occidentales. La lecture du Global Times (organe officiel) est de ce point de vue très instructive. On y dénonce à longueur de colonnes les dérives nationalistes, xénophobes et séparatistes qui caractériseraient les pays occidentaux, ainsi que le détonnant cocktail de vulgarité, téléréalité et argent-roi auquel semble mener inévitablement les prétendues élections libres et les merveilleuses institutions politiques que l’Occident voudrait imposer au monde. On insiste également sur le respect avec lequel les dirigeants chinois s’adressent à la planète, en particulier aux dirigeants des pays africains qualifiés régulièrement de shit countries par le président des USA, leader supposé du monde dit libre ».

    La part de propagande de ces lignes est évidente. Au surplus, même si les progrès économiques et sociaux du pays sont aussi stupéfiants que solides, la « démocratie à la chinoise » est très loin d’avoir apporté la démonstration de sa supériorité sur la démocratie parlementaire à l’occidentale. Il n’en reste pas moins que la lecture des extraits ci-dessus devrait inciter les pays européens et les Etats-Unis, à s’interroger sur la prétendue supériorité civilisationnelle des démocraties électorales occidentales.   

    Et si l'on s'interroge il conviendrait de le faire aussi à propos de la démagogie à laquelle succombent depuis des décennies les élites politiques des démocraties occidentales et qui les conduit à gérer de manière calamiteuses les ressources mises à leur disposition par les peuples en vue de gérer l’Etat. De s’interroger notamment sur les effets de cette démagogie en la rapportant aux excès d’un Etat-providence qui, au lieu de cultiver les vertus des peuples et de leur d’apporter la sécurité sociale et l’optimisme auxquels ils aspirent, affadit les citoyens et casse leur énergie dans une débauche de prestations et d’aides.

    C’est Louis Pauwels (**) qui, il y a longtemps, a le mieux résumé les dangers et les méfaits de l’Etat-nounou : « Lorsqu’on ne demande plus rien aux faibles, ils ne se demandent plus rien à eux-mêmes. Il leur en vient une hébétude avec un arrière-fond d’angoisse ».

    Pierre Kunz,

    (*) Capital et idéologie, Thomas Piketty, 2019

    (**) Comment l’on devient ce que l’on est, Louis Pauwels, 1978

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  • Ouverture à Genève d’un centre de PMA

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    Les médias de ce jour informent les Genevois que les couples touchés par un problème infertilité (10 à 15 % des couples, paraît-il) disposent désormais d’un centre dédié à la procréation médicalement assistée. C’est un progrès, ne serait-ce que parce que ces personnes n’auront plus besoin de se rendre à l’étranger pour bénéficier de ces thérapies.

    Dans les articles concernant ce développement les journalistes n’ont pas encore évoqué la question de l’opportunité d’inscrire ces prestations dans la liste de celles couvertes par la LaMal. Ils se contentent de constater qu’actuellement elles ne le sont pas. Mais cela ne saurait tarder.

    Il s’agira alors de se poser la question « l’enfantement est-il un droit ? ». A l’évidence non, c’est une bénédiction de la vie. Il n’en reste pas moins que, les avis seront très partagés sur la réponse que loi devrait apporter. Et on peut déjà parier qu’en fin de compte les adeptes de l’Etat-providence et de l’égalitarisme feront pencher la balance du côté de la gratuité des traitements. Certains le regretteront pour des raisons essentielles, éthiques, d’autres au motif que l’allongement continuel et incohérent de la liste des soins couverts par la LaMal contribue grandement à la hausse toute aussi continue des primes.

    Cela dit, objectivement, qui pourrait s’opposer à l’inscription des coûts de la PMA sous le chapeau de la LaMal alors que les dépenses liées à un avortement (près de 1000 par an à Genève), même « de confort », sont prises en charge ?

    Pierre Kunz

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  • Comment les Etats éteindront leurs dettes colossales

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    Jusqu’au milieu du 20ème siècle, nous dit Piketty dans son dernier ouvrage (*), les Etats s’endettaient pour faire la guerre. Depuis, ils accumulent les dettes pour faire face aux dépenses de l’Etat-providence (éducation, santé, social). Un jour, dans les deux cas, se posa, se posera, la question du remboursement de ces dettes.

    L’histoire le montre : pour sortir d’un endettement qu’ils ne peuvent plus assumer, les Etats recourent à trois expédients : la banqueroute, l’inflation accompagnée d’une dévaluation, l’impôt exceptionnel. Toutes méthodes destinées à « tondre l’épargnant prêteur ».

    Il est rare qu’un pays se déclare en faillite. Le dernier cas recensé est celui de la France révolutionnaire qui a décrété, en 1797, qu’elle ne reconnaissait plus qu’un tiers des dettes qu’avait accumulées l’Ancien régime.

    Au 20ème siècle, les Etats européens ont surtout recouru à l’inflation et aux dévaluations. La France et l’Allemagne furent des utilisatrices régulières de la méthode. Au total, entre 1914 et 1950, l’inflation dépassa 13 % par an en moyenne en France et atteignit 17 % en Allemagne. On comprend qu’à ce rythme, la situation du débiteur public se soit trouvée rapidement améliorée. Tant pis pour les créanciers, petits ou institutionnels.

    Mais pour « solder le passé et construire la justice" », comme l’écrit Piketty, rien ne vaut le prélèvement fiscal « exceptionnel ». S’inspirant des exemples de l’Italie, l’Autriche et le Hongrie (taux variant entre 10 et 50 %), entre 1919 et 1923, la jeune République fédérale allemande, confrontées aux conséquences désastreuses de la guerre 1939-1945 et au défi de sa reconstruction, recouru au prélèvement fiscal exceptionnel sur la totalité des patrimoines privés, réparti sur plusieurs décennies. Considéré comme « plus social » que l’inflation, qui touche également tous les types de patrimoines, cet outil a l’avantage d’être plus radical et particulièrement efficace. 

    Il est bon de souligner qu’entre la fin du 18ème siècle et aujourd’hui, un seul pays s’est comporté honnêtement dans une situation de surendettement à l’égard de ses créanciers ; c’est la Grande Bretagne. La dette publique accumulée pendant les guerres napoléoniennes avait en 1815 atteint le niveau considérable de 200 % du revenu national. Pour honorer ses engagements, il s’est engagé dans une politique d’excédents budgétaires qui lui a permis de ramener, en 1914, sa dette à 70 % du revenu national.

    Les 19 pays de la zone euro ont aujourd’hui accumulé une dette de près de 10'000 milliards d’euros, soit l’équivalent de 85 % de leur PIB cumulé, avec quelques « champions » tels l’Italie (132 % du PIB national), le Portugal (121 %), la France (100 %), la Belgique (102 %). Sachant qu’aucun de ces pays ne pourra, à cause de la monnaie unique, utiliser la dévaluation monétaire ou la banqueroute pour améliorer sa situation, sachant aussi que tous les efforts de la BCE visant à créer de l’inflation sont restés vains, et probablement le demeureront, on se rend compte que, leurs gouvernements ne disposent plus que de deux solutions pour régler leur problème avant l’effondrement :

    • adopter des politiques d’excédents budgétaires, donc d’austérité,
    • « tondre » les couches les plus aisées de leurs populations en accroissant massivement la fiscalité pesant sur elles.

    Cela étant, pas besoin d’être futurologue émérite pour deviner que seule la troisième formule est envisageable. Dès lors, on comprend pourquoi les riches, quand ils ne quittent pas physiquement les bateaux nationaux en perdition, multiplient leurs investissements en monnaies étrangères et pourquoi … la bourse suisse progresse si vivement depuis des mois. Rappelons que la dette publique suisse consolidée est inférieure à 40 % du PIB. 

    Pierre Kunz

    (*) Capital et idéologie, seuil, 2019

     

     

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  • France, 5 décembre 2019

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    La France est une complication d’hommes, de tempéraments, de talents, d’attentes, d’égoïsmes, de méfiances, de haines et de faits historiques. Cette complication, depuis des siècles ne cesse de se déchirer, passant de jacqueries en saccages, de conflits sociaux en révoltes, d’émeutes en violences.

    Cette même complication existait dans presque tous les pays occidentaux. Mais, contrairement à la France, ceux-ci ont su, depuis le milieu du 19ème siècle, peu à peu, fonder un dialogue social pérenne, canaliser les forces centrifuges et mobiliser l’énergie des citoyens dans la construction d’un destin national commun. Les dirigeants de notre grand voisin n’ont en revanche jamais été en mesure, ou n’ont jamais voulu, donner au pays les institutions durables qui lui auraient permis de surmonter ses divisions. En dépit du renforcement de l’Etat, d’abord par la monarchie puis par la République, la France n’a jamais réussi à intégrer les cœurs et les esprits.

    Notre grand voisin, qui aime tant s’afficher en parangon de l’égalité et vanter les mérites de son « modèle social », est sociologiquement, demeurée figée dans les traits d’une monarchie plus ou moins masquée, caractérisée par les attentes déraisonnables du peuple à l’égard de son Etat, l’incurie d’une administration omnipotente et tentaculaire et le rôle surdimensionné de la technocratie issue des grandes écoles. Dès qu’une crise s’y produit, dès qu’une partie du peuple se sent frappée par l’injustice, les vieux démons de l’Hexagone ressurgissent. En l’absence de tout dialogue social institutionnalisé, la rue et les campagnes redeviennent des lieux d’affrontement, et partout se font réentendre les appels à la destitution des castes dirigeantes privilégiées.

    Il faut dire que celles-ci se sont comportées, au cours des dernières décennies, de la pire des manières.

    Au prétexte de lutter contre la pauvreté et les inégalités par la redistribution et d’assurer ainsi le calme au sein des couches les moins aisées, elles ont fait croître l’Etat-providence de manière démentielle, insupportable pour l’économie du pays. Afin de boucher le gouffre des dépenses publiques elles ont recouru dans un premier temps à la planche à billets, ensuite, dès l’absurde création de l’euro, à l’endettement massif de la nation.

    Pour conforter leur situation privilégiée, elles se sont arrangées par pour ne pas avoir à affronter les déséquilibres dramatiques du pays, à savoir l’immigration, la fonction publique pléthorique, le centralisme administratif, le déclassement économique de la province et le délabrement des infrastructures de transport dans ces régions.

    Le résultat de cette démagogie et de cette impéritie se révèle aujourd’hui dramatique pour la France. Elle est financièrement exsangue, malgré les efforts de ses entreprises elle reste économiquement peu compétitive, les banlieues de ses villes sont souvent devenues des zones de non-droit, son centralisme administratif balaie toute initiative régionale et l’Etat-providence est devenu un monstre incontrôlable.

    Quant aux classes populaires, même si la France est un des pays les plus égalitaires de l’Occident, obsédées par leurs « droits acquis », insensibles aux exigences du redressement national, elles sont réfractaires à toute réforme profonde. Dès qu’il en est question, elles se mettent en grève puis prennent la rue pour, comme toujours, exiger moins de taxes, « casser du riche » et … réclamer la tête Président.

    Pierre Kunz

     

     

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  • Auprès de mon arbre ...

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    Dans une des formules aussi amusantes que cinglantes dont il a le secret, Bernard Pivot notait : « Il arrive un âge où nous sommes plus attentifs aux bruits, agaceries et crispations de notre corps qu’au tumulte et au vacarme du monde ».

    Ce sont ces mots qui viennent à l’esprit lorsqu’on observe, stupéfait, le bruit généré par les amoureux inconditionnels des arbres, par ceux en particulier qui ont récemment défilé dans les rues de la ville pour, prétendaient-ils, « sauvegarder Genève ». En voilà qui ont une idée bien simpliste des moyens à mettre en œuvre pour protéger notre canton des multiples dérives, bien réelles celles-là, qui lui nuisent.

    Contrairement à ce que d’aucuns veulent faire croire, la forêt genevoise est en accroissement depuis plusieurs décennies. Genève est un des cantons qui, dans ses parcs, ses communes suburbaines et ses innombrables zones forestières, a le mieux su préserver ses arbres, jeunes et vieux voire monumentaux. Aujourd’hui, chaque fois qu’un arbre est abattu, soit parce qu’il est malade soit parce qu’il empêche la réalisation de travaux ou de constructions d’intérêt général, obligation légale est faite aux intéressés d’en replanter un autre ailleurs ou au même endroit en compensation.

    Comment dès lors ne pas s’étonner de la forme d’égoïsme et de l’enfantillage qui mobilisent ces « don quichotte » oublieux, semble-t-il, de l’éphémère qui caractérise toute forme de vie ? Comment ne pas s’agacer devant leur volonté farouche de garder « pour eux », à tous prix, même aux dépends de l’intérêt général, la jouissance de la vue et de l’ombre du chêne ou du peuplier qui agrémente leur vie depuis quelques décennies ?

    Est-il possible qu’ils ne se rendent pas compte qu’en prétendant s’en réserver l’usufruit jusqu’à la fin de leurs jours, ils n’expriment que leur volonté de laisser les générations suivantes s’en priver ? Car c’est bien à celles-ci que reviendra un jour ou l’autre d’abattre le vieux chêne pourrissant ou le peuplier devenu dangereux.

    Les arguments de ces pseudo-défenseurs de la nature, qui n’ont en l’occurrence aucune préoccupation environnementale, atteignent parfois un degré d’excès verbaux difficilement supportable. Par exemple lorsqu’ils comparent leur combat « contre l’éradication de la forêt des Allières dont Genève n’est pas près de se remettre » (sic) et l’abattage des 8 peupliers du Lignon à « la lutte des antinucléaires après la bombe d’Hiroshima » (sic) ! Des propos stupéfiants qui n’empêchent pas certains politiciens opportunistes de les relayer et de s’emparer de ce nouveau tremplin électoral.

    La construction de logements a enfin repris à Genève et c’est heureux. Cette construction et les routes qu’il s’agit en conséquence de corriger ou d’élargir imposent quelques abattages. Ceux-ci, sans doute, amènent des désagréments pour les habitants des quartiers concernés. Mais il faut vraiment en être resté à l’esprit de « villa ça m’suffit » pour ne pas relativiser ces ennuis momentanés. Il faut être bien étroit d’esprit pour ne pas comprendre que nos descendants, grâce aux habitations nouvelles ainsi mises sur le marché, trouveront moins difficilement à se loger qu’aujourd’hui.

     

    Pierre Kunz

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  • A Genève, l’air le plus sain depuis 200 ans 

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    Le ROPAG (Réseau d’observation de la pollution atmosphérique à Genève) effectue pour le compte du canton, chaque année depuis 1988, des milliers de relevés. Il se trouve ainsi en mesure de constater l’évolution de la situation.

    Dans son rapport relatif à l’exercice de 2018, le ROPAG résume ses constations de la manière suivante.

    Dioxyde d’azote (NO2)

    Les concentrations de NO2 poursuivent leur baisse et se situent en 2018 sensiblement en dessous des concentrations enregistrées ces dernières années. Dans l’hyper-centre de la ville de Genève et sur la façade sud de l’aéroport le niveau moyen de NO2 reste encore légèrement au-dessus de la VLI (Valeur limite d’immission fixée par la loi fédérale dite OPair et les ordonnances de l’Offices fédéral de l’Environnement) mais sur une surface notablement réduite par rapport aux années précédentes. Par ailleurs, comme c’est le cas depuis plusieurs années, la VLI journalière est respectée sur tout le canton.

    Ozone (O3)

    Comme les années précédentes, des concentrations excessives d’O3 ont été mesurées sur l’ensemble du canton, les plus faibles valeurs ayant été observée en milieu urbain. L’essentiel des dépassements de la VLI ont été observée en période estivale, exceptionnellement chaude et ensoleillée. Ces dépassements sont restés aux nombres recensés pour les années comparables, 2003 et 2015, connues pour leur été caniculaire.

    Poussières fine (PM10)

    L’année 2018 confirme la baisse de la concentration en PM10 observée depuis une décennie. Les moyennes annuelles furent parmi les plus faibles depuis le début des mesures en 1998. Partout dans le canton, la VLI a été respectée pour la troisième année consécutive.  De surcroît, comme c’est le cas depuis de nombreuses années, les concentrations de métaux lourds – plomb et cadmium – respectent largement les VLI imposée par l’OPair.

    Dioxyde de souffre (SO2), monoxyde de carbone (CO), retombées de poussières

    Concernant le SO2, le CO, les retombées de poussières et les métaux lourds contenus dans celles-ci (plomb, cadmium, zinc et thallium), les concentrations mesurées respectent les VLI qui leurs sont associées partout dans le canton, ce depuis de nombreuses années.

    Ainsi donc, selon le service de l’Etat qui mesure en permanence la qualité de l’air à Genève, la situation ne cesse de s’améliorer depuis vingt ans. Une amélioration qui permet d’affirmer sans forfanterie que jamais au cours des deux ou trois derniers siècles les habitants de Genève n’ont bénéficié d’un air plus sain.

    Et c’est précisément le moment que choisit le Conseil d’Etat pour mettre en œuvre un projet de loi voté sur sa proposition par un Grand Conseil dont les membres, avant de prendre leur décision, ont manifestement omis de consulter les rapports du ROPAG. Ainsi, nous nous retrouverons dès l’an prochain forcés de coller sur nos parebrises un macaron soi-disant « anti-pollution » mais qui ne contribuera absolument pas à améliorer la qualité de l’air genevois dans la zone concernée. A la lecture des rapports du ROPAG on se rend compte qu’il s’agit d’une mesure qui demeurera sans effet, sauf celui d’ennuyer les automobilistes et de gonfler encore les effectifs administratifs et policiers de l’Etat.

    Avant de conclure, on ne saurait oublier de stigmatiser le prétexte invoqué par les défenseurs de cette nouvelle vignette qui prétendent qu’il y va de la santé des personnes malades. Il y a là une forme de malhonnêteté. Le nombre des pics de pollution ne se trouvera pas réduit, ni leur durée. Et dans ces cas les gens fragiles du cœur ou des poumons devront continuer de demeurer chez elles ou en tous cas de mesurer leurs efforts physiques.

    Pierre Kunz

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  • Djihadistes : cynisme ou « trouille » chez les Européens ?

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    Le refus affiché par les pays européens de prendre en charge « leurs » djihadistes, hommes et femmes, actuellement détenus en Irak et en Syrie est significatif de la déliquescence des institutions européennes et de l’affaissement moral des élites politiques, molles et sans ressort, du Vieux continent. Le Drian, ministre français des affaires étrangère, incarne parfaitement la faiblesse profonde qui gangrène des pays qui furent jadis puissants et orgueilleux.

    Le recours à ces termes n’est malheureusement pas excessif. C’est en effet certainement la première fois dans l’histoire des pays européens que ces derniers, animés uniquement par la peur et minés par le déni des exigences morales d’une civilisation née des Lumières, refusent de juger des criminels détenteurs d’un passeport européen.

    Ces djihadistes ont été dépeints, et ils se sont comportés eux-mêmes, comme des êtres brutaux et malfaisants. Certes, mais est-il justifiable pour autant que le monde politique rejette sa responsabilité de les faire juger ici, en Europe ? En agissant ainsi, il donne le sentiment que les forces de police sont incapables de les empêcher désormais de nuire et les services sociaux de les aider à se réinsérer dans nos sociétés.

    Cette attitude du monde politique est lamentable. Elle viole le droit. Elle n’est pas fondée sur la raison mais sur la pusillanimité, la lâcheté. Elle a beau jeu d’interpréter les angoisses que, par leurs discours désastreux (la France est en guerre, clamait Hollande !) et leurs attitudes inconsistantes, les politiciens ont fait naître au sein de la population, avec l’aide des médias et des mouvances populistes.

    Car la crainte des djihadistes comme celle des menaces pour l’Europe de l’Etat islamique ont toujours été et restent totalement exagérées. Le Califat et ses terroristes n’ont jamais songé à mettre en péril les sociétés occidentales et ils n’ont jamais été en mesure de frapper plus que quelques citoyens occidentaux malchanceux. Les risques de « déstabilisation » n’ont jamais dépassé le seuil d’un fantasme que la presse écrite, radiophoniques et télévisuelle s’est ingéniée à cultiver.

    Voilà les réalités qu’il aurait fallu et qu’il faudrait expliquer aux peuples européens afin de les mobiliser en faveur du respect du droit et du bon fonctionnement de nos institutions. De les mobiliser aussi pour initier une saine réaction au défaitisme qu’on nous impose. Mais les chefs d’Etats européennes et leurs ministres, témoignant de l’écroulement des valeurs du Vieux-continent, ne songent qu’à se débarrasser d’un problème encombrant en prétendant faire juger ces criminels au Moyen-Orient, au prétexte que c’est là-bas qu’ils ont commis leurs méfaits.

    Pourtant, ces criminels n’ont-ils pas, en tout premier lieu, trahi leur pays d’origine ? Et dans ce cas n’est-il pas normal que, comme des voyous à col blancs et des meurtriers de droit commun réfugiés à l’étranger, ils soient extradés ?

    Les Américains l’ont bien compris, qui respectent leur constitution et leurs devoirs. Ils s’occupent, eux, de « leurs » terroristes, quitte à les traiter avec une rigueur particulière, celle de Guantanamo, rigueur que les Européens n’ont cessé de condamner au nom des droits de l’Homme. Mais voilà une critique qu’ils s’empressent d’oublier quand ils préfèrent laisser les terroristes croupir dans des conditions épouvantables aux mains de gardiens dont chacun sait qu’ils se fichent éperdument des droits de l’Homme.

     Pierre Kunz

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  • J'aime bien Christian Lüscher mais ...

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    J’aime bien Christian Lüscher, mais pas du tout ce qu’il a déclaré sur les ondes de RTS ce matin.

    Analysant les résultats du PLR lors de la dernière journée électorale des prétendants aux Conseil des Etats, le meilleur parlementaire fédéral genevois a tenu des propos qui ne lui ressemblent pas. Il cherchait une explication plausible à la défaite dimanche des candidats de l’Entente lors du dernier tour des élections au Conseil des Etats. Décevant, manquant de lucidité, cédant à la facilité, il a trouvé à la défaite du ticket Hiltpold-Hirsch un bouc émissaire commode, Pierre Maudet.

    S’il avait préparé son intervention il aurait en premier lieu évité de parler de « déconfiture » et de désigner le PLR genevois comme « étant le grand perdant des PLR de Romandie. Car, s’agissant du Conseil National, si le PLR genevois a perdu 2,6 % de voix en 2019 par rapport à 2015, le PLR vaudois en a perdu 3,5 %. Il aurait aussi relevé que si la perte moyenne du PLR Suisse s’établit à 1,3 % c’est que dans d’autres cantons aussi les pertes ont été considérables. Et dans ces cantons, notamment à Bâle (- 3,8 %), à Lucerne (-2,9 %) et au Tessin (-3,2 %) il est peu vraisemblable que l’affaire Maudet ait joué le rôle que lui prête Christian Lüscher à Genève.

    En second lieu, celui-ci, en vieux routinier de la politique, sait fort bien que les invectives et les quolibets dont il parle et qu’il aurait subis lors de sa campagne sur les marchés sont, à un prétexte ou à un autre, monnaie courante. Peuvent en témoigner, tous les candidats en campagne. Ils ont régulièrement affaire à des gens revêches ou simplement revanchards. Et s’il avait voulu demeurer objectif et honnête, il aurait aussi mentionné les insultes des citoyens qui lui reprochaient, ainsi qu’à la direction et aux « grands élus » du PLR, la manière dont ils ont, par leurs déclarations inutiles et peu apaisantes, favorisé le lynchage de Pierre Maudet.

    Ce sont en effet ces déclarations qui ont directement causé les divisions constatées depuis le 15 janvier 2019 au sein du PLR. Ces divisions ont évidemment pesé sur le vote des membres du PLR. Lors des dernières élections fédérales. Mais elles restent secondaires par rapport aux conséquences de la vague verte ressentie partout dans le pays. Elles sont surtout sans commune mesure avec les dégâts causés par une Entente minée depuis 2001 par l’égoïsme du PDC, saboteur de toute collaboration avec l’UDC, et par le manque de courage et de vision des états-majors qui se sont succédé à la tête des radicaux, des libéraux puis du PLR en se montrant incapables de prévenir l’enterrement promis à l’Entente dans ces conditions.

    Pierre Kunz

     

     

     

     

     

     

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  • L’IN162 : les vents de la démagogie

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    Dans la brochure explicative distribuée aux citoyens en prévision de la votation du 24 novembre, le comité à l’origine de l’IN 162 se fend d’une justification dont on se demande si elle procède la mauvaise foi ou de la bêtise, tant elle méconnaît les réalités. Il écrit :

    « A Genève, la pénurie de logements dure depuis 20 ans. Elle impacte directement la population genevoise car sa conséquence est l’augmentation très marquée du prix des loyers. (…) Cette augmentation des prix est liée à l’avidité des propriétaires, qui profitent de cette période de pénurie pour augmenter abusivement les loyers. »

    Mauvaise foi ou bêtise, à moins qu’il ne s’agisse des deux. Mais ce genre de tromperie a, depuis trente ans, tant apporté à l’Asloca et à tous les soi-disant « défenseurs des locataires », qu’ils ne voient bien évidemment aucune raison de renoncer à y recourir. Pourtant les observateurs et acteurs sérieux savent depuis longtemps que la pénurie et les écarts injustifiables entre les loyers des demeures anciennes et récentes, ne sont pas dus à la cupidité des propriétaires et des promoteurs.   

    Quand les locataires finiront-ils par voir que cette législation étouffante, qui n’a cessé de gonfler au cours des dernières décennies et que l’IN 162 vise à renforcer encore, est d’essence clairement démagogique ?

    Quand finiront-ils par se rendre compte que s’il y a pénurie ce n’est pas à cause de spéculateurs cupides et de constructeurs véreux mais parce que cette législation empêche les promoteurs de construire et les propriétaires de rénover ? Au lieu de promouvoir la création de logements elle casse la rentabilité des projets et elle restreint l’utilisation des terrains constructibles.

    Quand reconnaîtront-il l’évidence que si certains promoteurs et propriétaires sont en mesure d’appliquer des prix ne répondant pas aux possibilités du Genevois moyen, c’est parce que, à Genève, … on ne construit pas assez de logements.

    Quand admettront-ils que le prix des logements nouvellement construits est généralement conforme aux coûts de construction actuels ? Leurs loyers, en effet, ne paraissent élevés que si on les compare à ceux des bâtiments anciens, notamment à ceux des immeubles subventionnés par l’Etat. Le niveau des loyers de ces deux catégories reste quasiment intouchable à cause du contrôle stricte des loyers en vigueur. Un système qui assure à leurs bénéficiaires une rente de situation absolument inéquitable. Voilà pourquoi, aujourd’hui, le jeune couple qui ne parvient pas à obtenir le 4 pièces, auquel il aspirait, occupé par ses grands-parents depuis vingt ans, se voit forcé d’accepter un logement plus petit et 70 % plus cher que celui de ses aïeux.

    Les vents qui gonflent les voiles de l’IN 162 sont ceux de la démagogique. Si elle était acceptée, la victime serait une fois de plus la classe moyenne.

    Pierre Kunz

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