Je la connais la musique...

  • Une grève nationale pour le climat ?

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    Les jeunes ont, au cours des derniers mois, contribué massivement par leur mobilisation à la prise de conscience de l’urgence climatique au sein des les élites politiques et économiques qui gouvernent nos Etats et les entreprises. Qu’ils en soient félicités et remerciés. Il est bon sans doute que notre jeunesse veuille « maintenir la pression de la rue », comme une gymnasienne l’affirme, afin que le monde politique et celui des affaires commencent à concrétiser les déclarations et les promesses dont ils ont été prolixes ces derniers temps. C’est à cela que, nous dit-on, doit servir la grève programmée pour le 15 mai 2019.

    On peut donc penser que les futurs manifestants entendent s'adresser aux décideurs du pays. Dès lors, on espère qu'ils ont intégré le fait que les technologies répondant aux enjeux existent (*) et que la nécessité est de mettre celles-ci en œuvre sans délai.

    Il y a aussi parmi ces jeunes gens des rêveurs qui militent pour un changement radical de notre société et le remplacement du capitalisme par autre chose. Ce changement et ce remplacement étant vus comme la solution aux problèmes environnementaux et climatiques. Ils n’ont manifestement pas compris que les utopies mortifères du 19ème siècle n’ont pas leur place dans le débat environnemental.

    Comme nous tous, ces jeunes devraient être attentifs au début d'une phase nouvelle, probablement la plus délicate, des efforts de l’humanité dans sa lutte pour le climat. Celle dont sortira la répartition au sein de nos sociétés, de ses conséquences économiques et sociales. C’est dans ce contexte que, à l’évidence, ont débuté de grandes manœuvres politico-syndicales, en Suisse comme chez nos voisins.

    Soit dit en passant, elles sont empreintes d’une hypocrisie immense. Comment appeler autrement l’état d’esprit de ceux qui prétendent militer pour le climat et contre le pillage des ressources terrestres, de ceux qui fustigent notre consumérisme ridicule et qui simultanément réclament des interventions gouvernementales pour soutenir une consommation déclinante et l'emploi.

    Pour sa part, le bulldozer syndical qu’est devenu le socialiste Pierre Maillard a fort bien compris non seulement la situation politique et sociale qui se dessine, mais aussi les bons sentiments affichés par les organisateurs de la grève prochaine. Un Pierre Maillard qui ne perd pas de temps et qui ne cache pas ses ambitions. Sans vergogne, il invite d’ores et déjà cette jeunesse à rejoindre son USS et son programme au prétexte de « faire évoluer ou changer le système économique ». 

    Ce que veut Pierre Maillard ? C'est gonfler ses troupes en faisant croire aux classes moyennes et moins favorisées que, si elles font confiance à la gauche, elles ne seront pas touchées par les réformes qui s'annoncent. L'Etat-providence y pourvoira. C'est évidemment une simplification mensongère et démagogique.

    Pierre Kunz

     (*) cf. Drawdown, Paul Hawken, éditions Actes Sud, 2018

     

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  • Les rentes vieillesse vont baisser… sauf dans la fonction publique genevoise

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    Ces derniers jours les médias ont publié plusieurs articles au sujet d’une récente étude du Crédit suisse consacrée à l’évolution probable des rentes vieillesse au cours des 40 prochaines années. Dans cette étude la banque met en évidence la réduction probable des rentes au cours des décennies à venir, réduction due essentiellement à l’augmentation de l’espérance de vie et au maintien au niveau durablement bas escompté des taux d’intérêts.

    Chacun comprend que l’AVS, système fédéral fondé sur la redistribution des cotisations en rentes, que des décisions politiques peuvent inverser l’évolution envisagée. Il suffit que nos parlementaires se mettent d’accord sur le financement par l’impôt d’augmentations régulières des rentes de l’assurance vieillesse.

    Par contre on aurait attendu davantage de précision de la part des rédacteurs, s’agissant du deuxième pilier, fondé lui sur la capitalisation, et dont on sait qu’il dépend de décisions des entreprises et des employeurs publics. On aurait aimé que ces rédacteurs expliquent en particulier que si les rentes versées par les caisses de pension helvétiques vont baisser c’est parce que la quasi-totalité d’entre elles, fonctionnent selon le principe de la « primauté des cotisations ». Les rentes y dépendent du volume des cotisations accumulées.

    Etant donné les deux facteurs susmentionnés (démographie et taux d’intérêts), si ces cotisations, réparties entre l’employeur et le salarié, n’augmentent pas les retraités, à l’évidence, toucheront à l’avenir une rente inférieure à ce que reçoivent les pensionnés d’aujourd’hui. Or il est peu probable que les entreprises et les employeurs publics, confrontés respectivement à une concurrence renforcée et à des situations financières plus délicates, puissent accroître leurs contributions.

    Pourtant il existe une exception à cette évolution probable des rentes du deuxième pilier. C’est celle constituée par les caisses de pension publiques genevoises. Désinformés et manipulés par les syndicalistes et la gauche du canton, les Genevois ont en effet dernièrement « décidé » en votation populaire de laisser ces caisses s’organiser sur le principe de la « primauté des prestations ». Cela signifie que les rentes des fonctionnaires, calculées sur la base des derniers salaires resteront garanties, indépendamment des facteurs démographiques et des taux d’intérêts qui pèseront si fort sur les autres institutions du deuxième pilier.

    Pourquoi ? Tout simplement parce que les Genevois ont accepté implicitement que … l’Etat comblerait à l’avenir les déficits inéluctables de ces caisses. Autrement dit, les citoyens genevois, dont les rentes vont, elles, se réduire, seront appelés à contribuer par leurs impôts au maintien du privilège de leurs fonctionnaires.

    Il est désolant qu’aucun média n’ait relevé cette coûteuse et injuste « Genferei ».

    Pierre Kunz

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  • Ce que veut vraiment la gauche « progressiste et égalitariste »

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    Depuis le milieu du siècle dernier, surtout à partir des années 1990, les démocraties européennes ont été soumises à une pression colossale exercée par les promoteurs d’un projet soi-disant « progressiste, universaliste et émancipateur ». Soutenu par la gauche politique, une bonne partie des intellectuels et une vaste majorité des médias, ce projet qui va selon eux « dans le sens évident et inarrêtable de l’histoire » et découle des droits de l’homme, a des finalités clairement exprimées.

    • Au plan politique : dissolution des nations, suppression des frontières, accueil des migrants, passage au multiculturalisme, émancipation des minorités, repentance à l’égard des pays anciennement colonisés.
    • Au plan social : imposition de nouveaux codes du langage, redéfinition des codes de respectabilité, déconstruction des appartenances traditionnelles, reconnaissance des catégories sociales et identitaires.
    • Au plan individuel et familial : déconstruction de l’identité sexuelle au profit de l’acronyme LGBTQI+, indifférenciation des sexes, désincarnation du père et de la mère transformés en parents interchangeables 1 et 2, promotion de la PMA et de la GPA.

    Les médias produisent rarement de l’information. Ils se contentent d’en proposer une lecture et une hiérarchisation orientée à partir d’une vision du monde qui est celle du régime progressiste. Ils exercent donc une manière de censure du réel et favorisent la naissance de l’arme la plus efficace et sournoise à disposition du projet progressiste, à savoir « le politiquement correct ». (*) Il s’agit d’un dispositif inhibiteur ayant pour vocation d’étouffer, de refouler ou de diaboliser les critiques du système progressiste. Il permet plus généralement d’exclure de l’espace public tous ceux qui transgresseraient les limites des attitudes et du langage admis et qui continueraient à défendre ce que les universalistes qualifient de « résidu d’un monde ancien appelé à disparaître ».

    On comprend qu’il est de mauvais ton de mettre en question la prétention du projet progressiste d’incarner l’avenir de l’humanité, au nom de la lutte contre l’intolérance, de la logique de l’émancipation, des droits de l’homme et des nombreuses conventions internationales. Le régime universaliste juge donc sévèrement le populisme dont il a fait un ennemi commode. Il faut dire que, eu égard à la mollesse de la droite conservatrice traditionnelle, le populisme sous ses diverses formes à longtemps constitué le seul opposant sérieux à la logique universaliste de la modernité.

    Pourtant, face à la dérive progressiste, face aussi à un populisme trop souvent démagogique, les conservateurs, autrement dit la droite qui ose s’afficher comme telle, a entrepris de son côté de remettre en question et de contester de plus en plus fortement l’emprise qu’exerce la soi-disant « marche de l’histoire et du progrès » sur la vie des collectivités. Cette utopie qui maltraite l’âme des peuples, qui vise à sectionner le lien de l’homme avec sa Cité, sa culture, ses structures sociales, ses croyances, son histoire, et qui met en péril la démocratie occidentale.

    La réaction de la droite conservatrice s’est trop longtemps fait attendre. Le chemin à parcourir en sera d’autant plus ardu.

    Ne croyons pas que « l’évidence progressiste », les dangers qu’elle porte et les aberrations qui en sont les conséquences épargnent Genève. C’est notamment vrai s’agissant des privilèges démesurés et inutilement coûteux qui sont accordés à de petites minorités. Certains sont anecdotiques mais tellement édifiants. C’est ainsi que récemment, au prétexte de l’article 16 de la constitution genevoise, notre Grand Conseil, au nom des droits des personnes handicapées, a décidé d’offrir aux malentendants du canton … la diffusion de ses débats dans la langue des signes !

    On le sait, les citoyens ne sont guère intéressés par ces débats. Parmi eux, les malentendants sont-ils 10, 20 ou 30 ?

    Pierre Kunz

     (*) cf. Mathieu Bock-Côté, L’empire du politiquement correct, édition du cerf, 2019

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  • Mettre la justice sociale au centre de la transition écologique ?

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    Mettre la justice sociale au centre de la transition écologique ?

    C’est sous ce titre pompeux (*) que la présidente du PS vaudois, Mme Jessica Jaccoud, renoue avec une lutte qui a fait le bonheur électoral de la gauche romande depuis bientôt un demi-siècle, celle de la protection des locataires. Dans ce but elle prétend voler au secours des locataires occupant des logements appelés à être rénovés parce qu’ils sont chauffés au mazout. Ce sont en général des logements anciens, excessivement énergivores et incompatibles avec l’enjeux climatique. Leurs loyers sont bloqués depuis des décennies et en conséquence les propriétaires ont toujours peiné à les entretenir.

    Ce contrôle des loyers, comme on le sait, a donné naissance à une catégorie grassement privilégiée de locataires parfois modestes certes mais appartenant le plus souvent à la classe moyenne voire aisée. Des locataires qui ne changent que très rarement d’adresse parce qu’ils veulent évidemment conserver le privilège et la rente de situation que le système leur a conférés. Et cela, même si ce sont principalement les jeunes et les nouveaux arrivants sur le marché qui souffrent de cette discrimination, étant forcés de se loger dans des appartements dont les prix se situent au double voire au triple de ceux dont bénéficient les générations précédentes.

    Survient le moment, lutte contre le réchauffement climatique oblige, où les propriétaires de ces immeubles anciens et à loyers bloqués se trouvent forcés de remplacer les citernes à mazout qui équipent leurs immeubles par des installations plus écologiques. On comprend que même ceux bénéficiant de subventions écologiques, ne sont pas en mesure de prendre à leur charge ces dépenses. Ils entendent donc répercuter ces investissements sur les loyers.

    C’est là qu’intervient Mme Jaccoud. Oubliant les dizaines de milliers de francs économisés par les bénéficiaires du contrôle des loyers au cours des décennies, oubliant que ces économies ont permis à ces heureux locataires de consommer et de voyager davantage que les locataires victimes de la discrimination susmentionnée, elle prétend, « au nom de la justice sociale », interdire aux propriétaires vertueux de faire payer la plus grande partie de leurs investissements écologiques par les locataires privilégiés. Réclamant que « l’on remette l’équité et la justice sociale au centre de la lutte climatique », elle réclame que l’Etat aide financièrement les propriétaires afin qu’ils puissent effectuer les travaux sans augmenter les loyers des immeubles concernés !!

    Autrement dit elle exige que ceux qui ont été empêchés des bénéficier de loyers maintenus artificiellement bas payent, par leurs impôts, les travaux de rénovation des immeubles logeant les locataires privilégiés afin qu’ils puissent conserver leurs privilèges !!!

    Drôle de manière de voir l’équité et la justice sociale.

    Pierre Kunz

    (*) cf Le Temps du 4 octobre 2019

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  • La Tyrannie de #Me Too

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    Le MacCarthysme et le puritanisme américains sont de retour dans leur version perverse du 21ème siècle.

    Le dernier film de Woody Allen, Un jour de pluie à New York, est un modèle du genre. L’intrigue est équilibrée et amusante sans être bébête, les tableaux s’enchaînent avec la maestria que l’on reconnaît au metteur en scène, les images sont travaillées avec bonheur et les acteurs sont admirables. Si l’on aime le bon et beau cinéma, il faut voir ce film.

    Mais on ne peut le voir qu’en Europe, car aux USA la dernière œuvre de Woody Allen a été retirée des circuits de distribution suite aux pressions exercées par les intégristes de #Me Too. Dans la suite des scandales sexuels qui ont fait la une des médias américains au cours des deux dernières années, ces croisées de la lutte anti-masculine ont repris contre Woody Allen de vieilles accusations d’agressions sexuelles, jamais prouvées, contre sa fille adoptive. Bénéficiant du soutien actif des médias, des milieux intellectuels de gauche et des bobos de tous âges, elles ont réussi à convaincre les jeunes acteurs du film, angoissés par l’idée de déplaire à leurs pairs, de renoncer à empocher leurs cachets et empêcher la sortie de A Rainy Day in New York sur les écrans américains.  

    Les grands manitous du cinéma américain, tétanisés par la peur d’affronter l’opposition de ces dames, culpabilisés par le déballage des violences faites aux femmes dans leur secteur, ont rangé leurs bobines en attendant des jours meilleurs. Comme dans la terrible histoire de Bertrand Cantat, la pression exercées par les activistes féministes a eu raison de toutes les bonnes intentions affichées par la société bien-pensante au sujet de la présomption d’innocence et de la réinsertion sociale des coupables.  

    Les intellectuels, les bobos et les médias ne manquent jamais une occasion de réclamer que le pouvoir politique respecte les citoyens dans leur liberté de choix. Comment dès lors peuvent-ils soutenir, pour les raisons invoquées plus haut, une action visant à empêcher la sortie d’un film ou à interdire un concert parce qu’est en cause un cinéaste ou un chanteur victime de la vindicte d’une partie de la population ? Pourquoi dans ces occurrences ne sont-ils plus disposés à laisser aux cinéphiles et aux amoureux de la musique la liberté de décider, en fonction de leurs convictions et de leur ressenti personnels, de se rendre ou non au cinéma ou au concert ?

    Pierre Kunz

     

    Lien permanent Catégories : Société - People 1 commentaire
  • La biodiversité peut attendre, pas le climat

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    Les scientifiques nous annoncent avec une régularité exaspérante que les calculs qu’ils avaient faits antérieurement ont été révisés. La problématique climatique réanalysée qu’ils communiquent presque chaque mois se révèle plus dramatique que lors de leurs précédentes estimations

    Tirant parti de cette escalade, il y a, principalement en Occident, les intégristes qui dessinent avec délectation l’abîme qui, selon eux, inéluctablement nous attend, ceux qui, comme le relève Pascal Bruckner (*), « sont soucieux de condamner notre société et de nous faire payer les destructions que nous avons infligées à notre environnement ». Ceux qui voudraient, au prix de moult souffrances et sacrifices, nous pousser à changer radicalement nos modes de vie, quitte à appauvrir massivement l’humanité.

    Heureusement, face à ces « desperados », il y a les volontaristes, hommes et femmes, qui connaissent et savent comment mettre en œuvre les outils qui sont à notre disposition pour inverser la tendance au réchauffement, sans appauvrir les habitants de la planète mais au contraire en continuant offrir aux moins favorisés l’espoir d’une vie meilleure.

    Sur le plan des technologies, ces acteurs (**) ont élaboré une liste de 80 mesures, disponibles et praticables. Si elles sont mises en œuvre rapidement par les gouvernements et l’économie, si elles sont en particulier accompagnées par la fin des soutiens publics aux industries pétrolière, gazières et charbonnières, si elles sont renforcées par la taxation du CO2 et si la durée de vie des centrales nucléaires existantes est prolongée de quelques décennies, on peut escompter dès 2050 une diminution progressive des gaz à effet de serre envoyés dans l’atmosphère par les sociétés industrielles depuis deux siècles (***).

    Les réformes et les technologies les plus efficaces sont :

    • la réduction et l’amélioration du recyclage des appareils utilisant des fluides frigorigènes,
    • le développement de l’éolien terrestre,
    • le développement de centrales solaires et du photovoltaïque en toiture,
    • le recours à une alimentation riche en végétaux et la réduction du gaspillage alimentaire,
    • dans les pays pauvres, l’éducation des filles, le développement du planning familial et la limitation des naissances,
    • la préservation et la restauration de la forêt tropicale de la zone tempérée,
    • l’agriculture régénératrice des sols et le reboisement des terres arides,
    • la protection et la restauration des tourbières et des zones humides.

    Au plan social, ces acteurs savent qu’une des conditions essentielles de la réussite de l’inversion du réchauffement climatique ne se situe pas, comme on veut le faire croire, dans la réduction des inégalités dans nos sociétés développées. Elle réside, grâce à des investissements financiers et techniques massifs, dans l’extraction, en Afrique, en Asie et en Amérique du sud de centaines de millions de gens de l’extrême pauvreté, une pauvreté qui les conduit à des comportements destructeurs pour leur avenir et le climat.

    Ces volontaristes ont l’honnêteté d’admettre que nous ne pourrons faire face à la problématique climatique si nous prétendons nous attaquer parallèlement à tous les problèmes environnementaux que recensent sans ordre et sans approfondissement les médias et les ONG. La lutte contre le réchauffement ne saurait s’accommoder d’une dispersion des efforts et des ressources. C’est pourquoi ce que d’aucuns appellent « l’effondrement de la biodiversité » et la surconsommation des ressources terrestres constituent des défis à part, subséquents, moins urgents.

    Faisons certes ce que nous pouvons pour sauver des espèces essentielles à l’activité humaine. Veillons en Occident à économiser les ressources terrestres en réduisant notre consumérisme absurde et favorisons ce que le professeur Dominique Bourg appelle « l’économie intégrale », celle du recyclage intensif. Mais insistons auprès de ceux qui nous gouvernent et les chefs d’entreprises pour qu’ils dirigent prioritairement leurs investissements vers la problématique du climat. Car dans cent ans l’humanité pourra vivre avec une biodiversité entamée et une empreinte environnementale insatisfaisante mais pas avec une température annuelle moyenne qui aurait crû de 7°. 

    Confrontés à ceux qui nous prédisent le pire, nous les citoyens, ne nous laissons pas gâcher la vie par les peurs qui nous instillées. Demeurons attentifs et exigeons de ceux qui conduisent le monde et les grandes entreprises qu’ils ne se contentent plus de bavardages mais qu’ils agissent. Le plan que le gouvernement allemand vient d’annoncer ne constitue qu’un premier pas.

    Pierre Kunz

     

     (*) Pascal Bruckner, dans l’Information immobilière, automne 2019

    (**) Paul Hawken, Drawdown, Actes Sud, 2018

    (***) les émissions mondiales de gaz à effet de serres s’élèvent actuellement à 36 gigatonnes par an et la durée de vie du CO2 dans l’atmosphère est de 100 ans

     

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  • Maurer dépanne Levrat. Et alors ?

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    Juste avant le weekend, les médias ont rempli leurs colonnes de ce qu’ils appellent « l’extraordinaire prêt de sa voiture de fonction par le Conseiller fédéral à Christian Levrat, attendu d’urgence à la cérémonie de matu de sa fille ».

    Faire un plat avec cette histoire toute simple, prétendre qu’elle est purement suisse, s’étonner que le premier ait pris cette initiative et que le second ait accepté d’en profiter, c’est faire de l’helvético- centrisme et c’est bien mal connaître les fondements de la vie parlementaire. C’est laisser croire que celle-ci est faite de détestations de tous pour tous et qu’elle ne rassemble que des haines et des frustrations.

    Contrairement à ce que l’on a pu lire et entendre à ce propos, cette scène aurait pu se dérouler dans tous les pays qui fonctionnent selon le modèle de la démocratie parlementaire. Le fondement de celle-ci réside, comme son nom l’indique, dans la représentation au sein du pouvoir législatif de tous les courants d’idées qui y ont été portés.

    Les échanges, parfois vifs, entre les députés ne reflètent pas autre chose que la défense par les uns et les autres des attentes des citoyens qui les ont élus. Ils tiennent souvent du théâtre et ne sont que très exceptionnellement le signe d’animosités personnelles. En effet, contester, souvent avec passion, les thèses énoncées par un ou une collègue, n’indique aucunement un manque de respect pour l’adversaire politique ou une attaque sur la personne. C’est simplement afficher avec vigueur un point de vue différent.

    Aussi, quand le président UDC de la Confédération met sa voiture à la disposition d’un conseiller aux États socialiste, c’est, malgré tout ce qui les sépare politiquement, parce que, en tant qu’ancien parlementaire et maintenant conseiller fédéral, il connaît bien le président du PS, c’est parce qu’il respecte son travail et son honnêteté intellectuelle.

    Il n’y a rien la d’extraordinaire et, répétons-le, dans une chambre de députés comme dans l’économie et la vie de tous les jours, ces exemples de courtoisie sont communs. Ils n’ont rien de spécifique à notre pays.

    Pierre Kunz

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  • Suicides, et en Suisse ?

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    Les médias, au cours de ces derniers jours, ont diffusé à gros traits les statistiques de l’OMS relatives aux taux de suicides dans le monde. Le motif de ces publications était « la journée mondiale de la prévention du suicide » décidée par la grande institution.

    C’est ainsi que nous avons appris que 800'000 personnes s’ôtent la vie chaque année dans le monde. Un chiffre peu intéressant en tant que tel, surtout si on ne le met pas en perspective et on regrette que les journaux, les radios et les TV n’aient pas pris la peine de fournir quelques données supplémentaires sur la question, notamment au sujet de notre pays.

    Pour compléter le dossier, il suffit de se rendre sur le site de l’Observatoire suisse de la santé qui est riche en données sur les taux de suicides en Suisse. Outre ce qui est connu (importance du suicide des jeunes, etc.) on y trouve quelques informations générales intéressantes. Par exemple que

    • depuis une décennie le nombre de suicides dans notre pays se situe autour de 1500 par an, suicides assistés (en hausse mais que ne semble pas prendre en compte les statistiques de l’OMS) compris,
    • ce chiffre mène au constat que les Helvètes de suicident davantage que dans le reste du monde (0,18 pour cent mille habitants contre 0,11).
    • il montre que la mortalité par suicide est 6 à 7 fois plus forte que celle due aux accidents routiers,
    • les taux de suicides varient fortement selon les cantons et vont de 9,1 à 21,2 par cent mille,
    • le canton dans lequel les habitants sont le moins enclins à s’ôter la vie est celui du Tessin,
    • ceux où le taux de suicide est le plus élevé depuis plusieurs années sont ceux d’Appenzell IR et du Jura,
    • Genève montre un taux de suicides en baisse régulière et il est proche désormais du Tessin.

    Décidemment, les chiffres helvétiques ne sont pas bons. Ils résultent probablement en grande partie de la pression que les Suisses s’infligent pour demeurer le pays le plus productif et le plus riche du monde.

    Pierre Kunz

     

     

     

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  • Les 10'000 francs de Dalbusco

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    C’est une histoire d’épiciers que la TdG et Le Temps essaient de nous faire prendre pour une affaire politique.

    Et il est affligeant de constater qu’en l’occurrence les journalistes qui écrivent dans ces quotidiens ne se sont probablement encore jamais abaissés à ce point à seule fin de faire bouillir leur marmite. Ils n’ont probablement jamais oublié dans une telle mesure les exigences élémentaires de la déontologie de leur profession. Ils n’ont probablement jamais trahi si honteusement leur devoir de diffuser une information équilibrée et honnête

    L’édition du 28 août de la TdG est extrêmement édifiante. En première page, le rédacteur en chef s’y est fendu d’un article qui se voulait rédactionnel mais qui n’apportait que des bûches déjà noircies sur un foyer de ragots et d’hypothèses malveillantes. Mais là n’est pas le pire. Celui-ci se situe dans le chapeau ridicule qu’il a placé en tête de sa prose : « Le Conseil d’Etat au bord du gouffre ».

    Pourquoi ridicule ?

    D’abord parce que ce titre est populiste, démagogique et hors de toute proportion avec les faits qui sont reprochés à M. Dalbusco. Pourquoi, grands dieux, le climat de confiance qui doit régner sur le plan politique entre nos ministres, serait-il mis en péril par la vaguelette que les journaux essaient de faire passer pour une tempête ? Revenons à la réalité : cette affaire se résume au respect ou non de règles, propres au PDC, par le candidat Dalbusco. Il revient à ces deux seules parties de régler leur problème, pour autant qu’il existe.

    Ensuite parce que ce différend ne regarde pas le Conseil d’Etat. Il concerne une campagne électorale et la manière dont les candidats se débrouillent pour assembler, avec l’aide de leur parti, les moyens financiers requis par leur élection ou leur réélection. Les recherches de fonds et les dons de certains acteurs économiques et sociaux à des politiciens en quête de voix sont aussi vieux que la démocratie, à Genève comme ailleurs. 

    Soyons clairs : ceux qui connaissent le landerneau politique genevois savent que nombre d’anciens élus, s’ils y étaient invités avec un peu d’insistance, avoueraient sans mauvaise conscience avoir bénéficié de tels dons, cela sans toujours en informer leur parti. Quoi qu’il en soit, lorsqu’ils procédaient à cette information, leur parti rendait immédiatement cet argent à son poulain qui en disposait à sa guise pour les besoins de son avenir politique. Ce qui ne signifie pas qu’en de telles occasions les bénéficiaires de ces "coups de pouces" aient vendu leur âme ou qu’ils n’aient pas honnêtement utilisé ces fonds.

    Gageons que les choses n’ont guère changé. D’autant que, contrairement à la drôle d’idée qui, avec l’aide des médias, semble faire son chemin dans le public, le fisc genevois ne perd rien dans un tel contexte.

    Ce qui a par contre changé, ajoutée à la méfiance populaire que certains milieux et quelques journalistes cultivent vilainement à l’égard des élus, est la judiciarisation de la politique. Le pouvoir judiciaire, prétextant en l’occurrence des articles de lois relatifs à une transparence de la vie politique frisant le voyeurisme, semble se plaire dans un rôle de grand prêtre que peu à peu il se taille. Mais cette judiciarisation et ce rôle du parquet et des juges ne peuvent apporter à Genève que de vaines turbulences.

    Pierre Kunz  

     

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  • SSR, la fin d'une résolution démagogique du Grand Conseil

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    La résolution est un instrument que la loi réserve aux députés du Grand Conseil. Elle consiste en une demande non contraignante, faite à une autorité supérieure, d’agir dans un domaine particulier. Pour le dire aimablement, une résolution n’est donc qu’un vœu pieux et pour le dire avec clarté, elle n’est dans 95 % des cas qu’un instrument au service de la démagogie. Presque toujours les députés qui s’en servent ne visent en effet qu’à éblouir ou à tromper leurs électeurs en faisant semblant d’agir alors qu’ils n’en ont pas le pouvoir ou, pire, quand ils n’en ont pas le courage.

    L’illustration la plus récente de cet exercice vain concerne les conséquences de l’initiative Billag et son rejet, le 4 mars 2018, à plus de 70 % par le peuple suisse. Ce rejet fut déploré par ceux qui considèrent que la RTS est largement sortie du cadre de sa mission et qu’elle gaspille les fonds qui lui sont garantis par la redevance. Un constat partagé par une bonne partie de nos autorités fédérales qui ne voulaient pourtant pas d'un succès de l'initiative, trop radicale. Il s’agissait donc pour elles d’intervenir durant la campagne précédant la votation, afin que les citoyens n’adoptent pas un projet qui visait à supprimer purement et simplement la redevance.

    La mesure qui, à elle seule, a fait pencher la balance « du bon côté » fut l’annonce par le Conseil fédéral de réduire significativement cette redevance pour les particuliers, cela dès 2019, à Fr. 365.- Pas étonnant donc que, dès le soir du vote, le directeur général de la SSR, préoccupé par la réduction importante des recettes qui allait découler pour la régie de cette baisse, ait annoncé la mise en œuvre d’un programme de restructuration, de rationalisation et d’économies sur les frais d’exploitation de 100 millions de francs.

    Ce programme, fondé sur les impératifs d’une gestion améliorée, était attendu par tous. Mais pas par les députés genevois, eux qui avaient pourtant milité pour le rejet de l’initiative. Lorsque a été connue la décision de la SSR de transférer les émissions TV d’actualité de Genève à Lausanne, ils se sont empressés, en toute incohérence, de rédiger une résolution, expédiée à l’Assemblée fédérale, réclamant le maintien du statu quo. Une résolution ridicule mais qui les dispensait d’expliquer honnêtement aux Genevois que la délocalisation voulue par la SSR était rationnelle et qu’elle découlait logiquement et directement de la décision populaire du 4 mars.

    Les députés genevois qui ont initié cette démarche se sont récemment déplacés à Berne pour « vendre » leur résolution à la commission concernée du Conseil des Etats. Ils n’ont, paraît-il, même pas eu droit à une écoute polie et se sont fait sèchement rabrouer. Gageons que devant la commission sœur du Conseil national il n’en ira pas différemment malgré l’activisme affiché de manière bien peu crédible par certains élus fédéraux de gauche.

    Seuls les naïfs peuvent être surpris par cet accueil froid car à Berne on a identifié depuis longtemps l’un des défauts principaux du monde politique genevois : il prend ses discours pour de l’action.

    Pierre Kunz

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  • Des migrants mineurs ? non, des fugueurs

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    Mon ami Jean-Yves, avec lequel je m’entretenais il y a quelques jours, me faisait part de son ahurissement à la lecture de la pleine page que le quotidien Le Temps a consacré à ce que les journalistes signataires appellent « l’errance sans fin des migrants mineurs non accompagnés ».

    « Que faisons-nous, me demandait-il, lorsqu’un adolescent helvétique, après une fugue, finit par errer dans Genève, ville qu’il ne connaît pas, transi par le froid ou accablé de chaleur, sans plus un sou en poche ? On l’amène à la police qui prend les dispositions requises pour le renvoyer dans sa famille où le remettre aux services sociaux de sa commune. Alors pourquoi donc, lorsqu’il s’agit d’un mineur étranger, nos services sociaux et les ONG locales multiplient-elles les interventions désordonnées et généralement infructueuses au lieu de tout simplement le renvoyer chez lui, comme on le fait pour les fugueurs dans notre pays ? »

    Il relevait le cynisme stupéfiant que ces jeunes affichent. En premier lieu, ils se sont débarrassés de leurs papiers. Ensuite ils ont évidemment appris, avant ou pendant le long voyage qui les a amenés à Genève, qu’ils n’ont aucune chance d’obtenir l’asile et n’en font même pas la demande. Finalement, non contents d’être, à l’image de ce qui se fait pour les autres SDF, hébergés et nourris, ils expliquent qu’ils aimeraient aller à l’école, qu’on leur apprenne un métier ou encore, disent-ils « qu’on les teste afin qu’ils puissent démontrer que ce ne sont pas des profiteurs ». Comme si, avec la volonté et l’ambition requise et malgré le sous-développement de leur pays d’origine, ils ne pouvaient pas y bénéficier de ces prestations élémentaires.

    Jean-Yves notait par ailleurs que ces jeunes migrants, illégaux comme leurs compatriotes adultes, proviennent de pays clairement identifiés dont quasiment aucun n’est considéré à risque pour leurs habitants. Pourtant, constatait-il, les autorités cantonales et fédérales, au lieu de mobiliser les moyens requis pour faire valoir les accords de réadmission en force, ou d’en conclure de nouveaux, avec les pays originaires de ces jeunes, « se réfugient derrière des réflexes humanitaristes de démocratie encroûtée et refusent de traiter ces jeunes pour ce qu’ils sont, soit des fugueurs manipulateurs qui devraient, pour leur bien, être renvoyés chez eux ».

    Au contraire, concluait Jean-Yves, le Conseil d’Etat vient d’autoriser l’ouverture d’un nouveau lieu d’hébergement assorti d’un encadrement journalier.

    Pierre Kunz

     

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  • Climat : faut-il remercier Trump ?

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    Paradoxalement, ne conviendrait-il pas de remercier M. Trump de sa contribution, probablement bien involontaire, dans les premiers pas de la lutte que l’humanité a engagée pour la protection du climat ?

    En cet été, sur fond de guerre commerciale et monétaire sino-américaine, les médias multiplient les articles annonçant que la croissance économique mondiale diminue, particulièrement en Occident. Clouant le président américain au pilori à cause de ses initiatives douanières « insensées », les chroniqueurs nous prédisent dans leurs articles récession, hausses de prix pour les consommateurs et restrictions dans l’approvisionnement de nos pays en biens de consommation durable, en matières premières voire en biens alimentaires. Et l’OMC d’ajouter à ce concert ses pronostics inquiétants pour 2019 et 2020.

    Ce n’était certainement pas sa motivation première, mais la politique disruptive que mène M. Trump a pourtant le mérite, potentiellement, de freiner un consumérisme mondialisé aussi dévastateur pour la santé mentale des consommateurs que pour notre environnement. Et même si les USA jouent les climato-sceptiques et s’ils n’ont pas endossé les derniers accords sur le climat il se pourrait fort bien que la crise économique qu’ils risquent d’entrainer constitue en dernière analyse le meilleur instrument au service de la réduction des gaz à effet de serre et de la protection des ressources naturelles de la planète.

    Dès lors on s’étonne que les médias et les milieux concernés n’aient pas relevé ce paradoxe.

    Il est en particulier curieux que les politiciens « verts » qui militent pour « la décroissance » depuis des décennies et, plus récemment, les meneurs des nombreuses marches « de sauvetage du climat » auxquels nous assistons ne se soient exprimer à ce sujet. Personne ne semble juger bon ou oser, profitant des porte-voix généreusement offerts par les médias, de souligner qu’actuellement le seul homme de pouvoir dans le monde à agir concrètement pour réduire les effets de la mondialisation est malheureusement M.Trump.

    Voilà des déclarations fortes qui pourraient peut-être inciter les gouvernants européens à agir, eux qui sont si friands de discours catastrophistes et de promesses mais si peu enclins à affronter leurs opinions publiques lorsqu’il s’agit de concrétiser les engagements qu’ils ont signés. Jouer les cassandres et les porteurs de lumière est aisé. Avoir le courage, face aux peuples, de décréter les remèdes est une autre affaire.

    Pierre Kunz

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  • L’agence Frontex et l’hypocrisie ambiante

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    Nouvelle du jour : l’agence Frontex, chargée de surveiller les frontières européennes, est mise en accusation. Elle aurait toléré des maltraitances commises sur des migrants par des gardes-frontières nationaux ; pire, certains de ses employés auraient eux-mêmes eu des pratiques de maltraitances.

    Il fallait s’y attendre.

    D’abord parce ce que la tâche de l’agence Frontex est d’une extrême difficulté étant donné la multiplicité des acteurs et les intérêts contradictoires de ceux-ci : gardes-frontières dans des pays très restrictifs en matière de migrations et pas toujours coopératifs, activisme des ONG prêtes à toutes les transgressions au nom de leurs interventions « humanitaires », attitude des migrants parfois violents et souvent cyniques, juristes défendant la lettre de conventions internationales partiellement désuètes et ne faisant plus consensus chez ceux qui les ont signées il y a plus d’un demi-siècle. Dans un tel contexte des failles et des dérapages sont inéluctables.

    Ensuite parce que nombres d’intellectuels, Olivier Abel par exemple (*), qui utilisent la question des migrations et de Frontex en particulier, pour faire le procès d’une Union européenne qui, selon le théologien français, « se couvre de honte en s’abaissant à sous-traiter ses frontières à des Etats aussi peu recommandables que la Turquie ; elle doit absolument changer de discours et ouvrir ses frontières ».

    Dans cet imbroglio politico-socio-humanitaire comment ne pas percevoir que la campagne qui vient de débuter contre Frontex, fournit un bel instrument au service des milieux « bien-pensants ». Il leur donne une nouvelle occasion de s’insurger contre les politiques restrictives qui se renforcent sous la pression des peuples européens en matière d’immigration illégales.

    Pourtant, tout laisse penser que cette pression populaire finira par convaincre les Européens de prendre les cinq mesures requises pour mettre en œuvre une politique migratoire raisonnable, constructive et … praticable :

    • ramener au niveau des frontières des pays de l’UE la lutte contre les migrations illégales en prenant en considération les exigences plus restrictives des pays de l’est européen et en mettant à la disposition des pays concernés en Méditerranée (Grèce, Italie, Malte, Espagne, France) les moyens financiers, techniques et militaires nécessaires ;
    • exiger avec force des pays originaires de l’immigration illégale parvenue en Europe qu’ils acceptent le retour de leurs concitoyens ;
    • lutter avec détermination contre les ONG les plus extrémistes qui dans les faits constituent le dernier maillon de la chaîne des passeurs, elles qui abusent de leur statut, qui utilisent toutes les ficelles du droit humanitaire pour exister et qui empêchent, au sein de l’Europe et en Méditerranés, les Etats de prévenir et de gérer les problèmes migratoires de manière efficace ;
    • s’agissant des réfugiés, que trop souvent on ne distingue pas des migrants économiques, remplir de manière exemplaire nos devoirs d’accueil, de logement et d’alimentation à leur égard, puis, comme le prévoit la Convention de Genève, les presser fermement de rentrer chez eux lorsque la paix y est revenue ;
    • enfin, organiser la migration raisonnable dont nous avons effectivement besoin, utile pour les migrants comme pour les pays d’accueil, c’est-à-dire mettre en place un système de quotas et de filtrage strict des individus.

    Il règne une immense hypocrisie politique et médiatique dans la manière dont sont actuellement abordées les questions migratoires. Cette hypocrisie et les bons sentiments qui la fondent ne servent ni l’Europe ni les pays d’origine des migrants illégaux ni, enfin et surtout, les migrants eux-mêmes qui en souffrent par milliers et qui souvent en meurent. Plutôt que de stigmatiser Frontex il faut mettre un terme à cette hypocrisie.

    Pierre Kunz, 

    (*) Olivier Abel, Le Vertige de l’Europe, Editions Labor et Fides

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  • Jour du dépassement, « du bidon » ?

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    C’est la géographe Sylvie Brunel qui l’affirme dans son dernier ouvrage (*). Elle dit plus précisément que « l’empreinte écologique est complètement bidon et que le jour du dépassement ne veut rien dire ».

    La géographe française n’a rien d’une climato-sceptique. Pourtant elle se fait un devoir de pourfendre les idées toutes faites que certains milieux propagent sous forme de slogans, souvent sans en avoir étudié les fondements. Selon elle, ces milieux agissent, soit par intérêt soit à cause de leur incompréhension des phénomènes naturels et de l’impact réel des activités de l’humanité sur l’environnement.

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  • Médias : fin de l'info noire ?

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    Une excellente chroniqueuse du quotidien Le Temps disait en ce samedi combien ce qu’elle appelle « l’info noire » fatigue, cette information sensationnaliste, macabre, orientée vers les scandales, les tragédies et le futur dramatique qui nous attend. Et elle poursuivait, dans un optimisme plaisant, en nous annonçant le retour d’un « journalisme positif », celui qui, confronté à la collapsologie ambiante, insiste sur les bonnes nouvelles, celui qui recherche le pourquoi des choses et cultive l’enquête sérieuse et la mise en exergue des solutions.

    Sans sombrer dans le pessimisme, on doit accueillir avec prudence l’évolution qui nous est promise. Les progrès qui restent à accomplir en la matière par la très vaste majorité des médias demeurent en effet considérables. Et on ne peut s’empêcher d’illustrer le propos en mettant en exergue la légèreté stupéfiante avec laquelle les journalistes presque unanimement, depuis une vingtaine d’années, encensent les politiciens qui distillent les discours humanitaristes, égalitaristes et internationalistes et maltraitent ceux qui s’écartent de la « bien-pensance » qui paraît constituer la colonne vertébrale des rédactions.

    Qu’on se rappelle, s’agissant des premiers, toutes les grands-messes que la presse européenne écrite et télévisuelle a multipliées à propos de l’action de Barack Obama et se ses ambitions sociales et pacifistes sans jamais dresser le bilan d’une minceur pourtant confondante des huit années de sa présidence.

    Qu’on se souvienne, dans le camp opposé, de tous les adjectifs dégradants utilisés par les journalistes pour qualifier l’arrivée au pouvoir de son successeur, Trump, un président qui manie une manière de communiquer bizarre et inconnue dans la sphère diplomatique et qui prend des initiatives politiques iconoclastes pour porter ce qu’il considère être les intérêts de son pays. Qui parmi ces journalistes, depuis 2018, s’est donné la peine de rechercher et d’expliquer de manière cohérente les fondements de sa politique ? Ils se sont contentés de le traiter de populiste dangereux qui n’a en point de mire que sa réélection, quitte à mettre la planète à feu et à sang.

    Et, plus près de nous, voilà que nos médias se lancent dans le même exercice avec Boris Johnson, dont le « crime », selon eux, est d’avoir soutenu le Brexit lors de la campagne qui y a conduit. Voilà qui suffit à le discréditer, autorise nos gazettes à le taxer des adjectifs les plus vils et dispense celles-ci de jauger ses déclarations et ses initiatives récentes à l’aune de la rationalité. Après son accession à la tête du gouvernement britannique personne ne semble vouloir admettre qu’il se trouve désormais dans une situation idéale pour mener la Grande Bretagne hors de l’Union Européenne à un coût raisonnable. Ne comprend-on pas qu’après les efforts, sans doute sincères de Theresa May mais insuffisants pour convaincre les Communes de rompre en bon ordre et de manière négociée avec Bruxelles, son discours ferme, son « chantage à la sortie sans accord » est celui qu’il faut absolument tenir afin d’obtenir un accord entre L’union Européenne et Londres ?

    Des médias qui dispenseraient de bonnes nouvelles, pas seulement les mauvaises ? Ce serait bien. Mais des médias qui précéderaient la publication de nouvelles, bonnes ou mauvaises, d’un travail de tri et d’analyse approfondi et sérieux, voilà qui serait encore mieux.

     

    Pierre Kunz, juillet 2019

     

     

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  • La "fin d'un monde" mais pas du monde

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    Dans une interview qu’il a récemment accordée à la TSR, Guy Mettan disait son inquiétude à propos de « la rupture de la concertation multilatérale, qui contrairement à ce qu’affirment les Occidentaux, vient selon lui, non pas des Etats voyous mais de notre propre camp ». Et de pointer la responsabilité des présidents américains qui se sont succédé depuis George W. Busch. De souligner aussi sa crainte de voir émerger un monde plus dangereux.

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  • Inégalités salariales : on vous l'avait bien dit ...

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    En Suisse, nous disait hier soir la TSR, 17 % des femmes touchent un salaire bas, contre 7,6 % des hommes. Au total 473'700 personnes sont concernées. La chaîne se référait à une étude, publiée par l’Office fédéral de la statistique et basée sur les chiffres de 2016.

    Une occasion pour la TSR de donner la parole au monde syndical qui souligne que ce sont principalement les femmes, de tous âges, qui reçoivent ces bas salaires. En cause, généralement la formation professionnelle insuffisante dont elles souffrent.

    Il est dommage (mais si peu surprenant si l’on songe au manque d’objectivité et à la superficialité du travail de nos médias), que la TSR, lors de la grand-messe du 14 juin dernier, n’ait jamais jugé bon de nuancer les chiffres farfelus invoqués alors par les promotrices de la grève, notamment en publiant ceux de l’OFS qui n’ont rien de nouveau. Il est regrettable que ses commentateurs, ne se soient jamais donné la peine d’approfondir les « discriminations salariales scandaleuses » dont seraient victimes les femmes dans ce pays.

    Si en effet près trois fois plus de de travailleuses que de travailleurs touchent un salaire bas, comment s’étonner que la rémunération moyenne des premières reste inférieure à celle de leurs collègues masculins. Cela d'autant plus que, on l’a déjà dit ici, les femmes restent largement sous-représentées dans les fonctions élevées de l’administration publique, des banques, des assurances et des industries.

    Ces lignes pour clore le sujet et mettre une dernière fois en relief la manipulation dont les citoyens de ce pays ont été victime le 14 juin dernier. Il ne règne en Suisse aucune discrimination salariale entre les hommes et les femmes et il est mensonger de prétendre, comme cela a été fait, que celles-ci, à formation et à travail égaux, gagnent 22 % de moins que ceux-là. Ce sont d’autre réalités sociales qui expliquent que, sur le marché du travail, les femmes gagnent en moyenne moins que les hommes.

    Pierre Kunz

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  • Ne plus avoir d’enfants pour sauver l’humanité ?

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    Un grand quotidien français revenait récemment sur les discours pompeux de ces jeunes adultes qui prétendent contribuer au sauvetage de la planète en s’abstenant de se donner une progéniture. On échappe difficilement au malaise devant leurs arguments qui masquent de toute évidence des motifs inconscients peut-être mais en tout cas moins avouables que ceux qu’ils invoquent. En fait ces Cassandre souffrent surtout de la prétention, du cynisme et de la légèreté qui caractérisent souvent les trentenaires. Ils jouent avec la « collapsologie » qui pollue notre époque et avec un pessimisme qui ne repose sur aucun fondement sérieux.  

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  • Qui pille la planète ? le riche ou le bourgeois ?

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    Dans son dernier livre (*) Gilbert Rist, professeur honoraire à l’IHEID, pend des coupables. Rappelant les atteintes à l’environnement dues à la croissance telle qu’elle est poursuivie par l’humanité depuis un demi-siècle, il veut convaincre ses lecteurs qu'un désastre s’annonce, dû au capitalisme, au marché, au libre-échangisme mondialisé, à la propriété privée et aux riches.  

    Il devrait montrer qu’en réalité la plus lourde part du pillage des ressources naturelles n’est pas le fait des minorités richissimes ; elle est liée à la fulgurante amélioration au 20ème siècle de la situation matérielle des classes moyennes et populaires et à leur consommation massive.

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  • Ecoliers frontaliers ; et les étudiants frontaliers ?

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    Le Conseil d’Etat attache une importance considérable à la question des écoliers frontaliers. Il a mené une bataille judiciaire qui, au grand dam du maire de St-Julien, a été reconnue « juste » par la Chambre administrative, celle-ci admettant le bien-fondé de l’exclusion des enfants de frontaliers du système scolaire genevois. Voilà qui plaira à ceux qui, au gouvernement genevois comme au sein de la population, considèrent que « non seulement les frontaliers encombrent nos routes mais surchargent nos écoles ».

     

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