Je la connais la musique...

  • A Genève, l’air le plus sain depuis 200 ans 

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    Le ROPAG (Réseau d’observation de la pollution atmosphérique à Genève) effectue pour le compte du canton, chaque année depuis 1988, des milliers de relevés. Il se trouve ainsi en mesure de constater l’évolution de la situation.

    Dans son rapport relatif à l’exercice de 2018, le ROPAG résume ses constations de la manière suivante.

    Dioxyde d’azote (NO2)

    Les concentrations de NO2 poursuivent leur baisse et se situent en 2018 sensiblement en dessous des concentrations enregistrées ces dernières années. Dans l’hyper-centre de la ville de Genève et sur la façade sud de l’aéroport le niveau moyen de NO2 reste encore légèrement au-dessus de la VLI (Valeur limite d’immission fixée par la loi fédérale dite OPair et les ordonnances de l’Offices fédéral de l’Environnement) mais sur une surface notablement réduite par rapport aux années précédentes. Par ailleurs, comme c’est le cas depuis plusieurs années, la VLI journalière est respectée sur tout le canton.

    Ozone (O3)

    Comme les années précédentes, des concentrations excessives d’O3 ont été mesurées sur l’ensemble du canton, les plus faibles valeurs ayant été observée en milieu urbain. L’essentiel des dépassements de la VLI ont été observée en période estivale, exceptionnellement chaude et ensoleillée. Ces dépassements sont restés aux nombres recensés pour les années comparables, 2003 et 2015, connues pour leur été caniculaire.

    Poussières fine (PM10)

    L’année 2018 confirme la baisse de la concentration en PM10 observée depuis une décennie. Les moyennes annuelles furent parmi les plus faibles depuis le début des mesures en 1998. Partout dans le canton, la VLI a été respectée pour la troisième année consécutive.  De surcroît, comme c’est le cas depuis de nombreuses années, les concentrations de métaux lourds – plomb et cadmium – respectent largement les VLI imposée par l’OPair.

    Dioxyde de souffre (SO2), monoxyde de carbone (CO), retombées de poussières

    Concernant le SO2, le CO, les retombées de poussières et les métaux lourds contenus dans celles-ci (plomb, cadmium, zinc et thallium), les concentrations mesurées respectent les VLI qui leurs sont associées partout dans le canton, ce depuis de nombreuses années.

    Ainsi donc, selon le service de l’Etat qui mesure en permanence la qualité de l’air à Genève, la situation ne cesse de s’améliorer depuis vingt ans. Une amélioration qui permet d’affirmer sans forfanterie que jamais au cours des deux ou trois derniers siècles les habitants de Genève n’ont bénéficié d’un air plus sain.

    Et c’est précisément le moment que choisit le Conseil d’Etat pour mettre en œuvre un projet de loi voté sur sa proposition par un Grand Conseil dont les membres, avant de prendre leur décision, ont manifestement omis de consulter les rapports du ROPAG. Ainsi, nous nous retrouverons dès l’an prochain forcés de coller sur nos parebrises un macaron soi-disant « anti-pollution » mais qui ne contribuera absolument pas à améliorer la qualité de l’air genevois dans la zone concernée. A la lecture des rapports du ROPAG on se rend compte qu’il s’agit d’une mesure qui demeurera sans effet, sauf celui d’ennuyer les automobilistes et de gonfler encore les effectifs administratifs et policiers de l’Etat.

    Avant de conclure, on ne saurait oublier de stigmatiser le prétexte invoqué par les défenseurs de cette nouvelle vignette qui prétendent qu’il y va de la santé des personnes malades. Il y a là une forme de malhonnêteté. Le nombre des pics de pollution ne se trouvera pas réduit, ni leur durée. Et dans ces cas les gens fragiles du cœur ou des poumons devront continuer de demeurer chez elles ou en tous cas de mesurer leurs efforts physiques.

    Pierre Kunz

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  • Djihadistes : cynisme ou « trouille » chez les Européens ?

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    Le refus affiché par les pays européens de prendre en charge « leurs » djihadistes, hommes et femmes, actuellement détenus en Irak et en Syrie est significatif de la déliquescence des institutions européennes et de l’affaissement moral des élites politiques, molles et sans ressort, du Vieux continent. Le Drian, ministre français des affaires étrangère, incarne parfaitement la faiblesse profonde qui gangrène des pays qui furent jadis puissants et orgueilleux.

    Le recours à ces termes n’est malheureusement pas excessif. C’est en effet certainement la première fois dans l’histoire des pays européens que ces derniers, animés uniquement par la peur et minés par le déni des exigences morales d’une civilisation née des Lumières, refusent de juger des criminels détenteurs d’un passeport européen.

    Ces djihadistes ont été dépeints, et ils se sont comportés eux-mêmes, comme des êtres brutaux et malfaisants. Certes, mais est-il justifiable pour autant que le monde politique rejette sa responsabilité de les faire juger ici, en Europe ? En agissant ainsi, il donne le sentiment que les forces de police sont incapables de les empêcher désormais de nuire et les services sociaux de les aider à se réinsérer dans nos sociétés.

    Cette attitude du monde politique est lamentable. Elle viole le droit. Elle n’est pas fondée sur la raison mais sur la pusillanimité, la lâcheté. Elle a beau jeu d’interpréter les angoisses que, par leurs discours désastreux (la France est en guerre, clamait Hollande !) et leurs attitudes inconsistantes, les politiciens ont fait naître au sein de la population, avec l’aide des médias et des mouvances populistes.

    Car la crainte des djihadistes comme celle des menaces pour l’Europe de l’Etat islamique ont toujours été et restent totalement exagérées. Le Califat et ses terroristes n’ont jamais songé à mettre en péril les sociétés occidentales et ils n’ont jamais été en mesure de frapper plus que quelques citoyens occidentaux malchanceux. Les risques de « déstabilisation » n’ont jamais dépassé le seuil d’un fantasme que la presse écrite, radiophoniques et télévisuelle s’est ingéniée à cultiver.

    Voilà les réalités qu’il aurait fallu et qu’il faudrait expliquer aux peuples européens afin de les mobiliser en faveur du respect du droit et du bon fonctionnement de nos institutions. De les mobiliser aussi pour initier une saine réaction au défaitisme qu’on nous impose. Mais les chefs d’Etats européennes et leurs ministres, témoignant de l’écroulement des valeurs du Vieux-continent, ne songent qu’à se débarrasser d’un problème encombrant en prétendant faire juger ces criminels au Moyen-Orient, au prétexte que c’est là-bas qu’ils ont commis leurs méfaits.

    Pourtant, ces criminels n’ont-ils pas, en tout premier lieu, trahi leur pays d’origine ? Et dans ce cas n’est-il pas normal que, comme des voyous à col blancs et des meurtriers de droit commun réfugiés à l’étranger, ils soient extradés ?

    Les Américains l’ont bien compris, qui respectent leur constitution et leurs devoirs. Ils s’occupent, eux, de « leurs » terroristes, quitte à les traiter avec une rigueur particulière, celle de Guantanamo, rigueur que les Européens n’ont cessé de condamner au nom des droits de l’Homme. Mais voilà une critique qu’ils s’empressent d’oublier quand ils préfèrent laisser les terroristes croupir dans des conditions épouvantables aux mains de gardiens dont chacun sait qu’ils se fichent éperdument des droits de l’Homme.

     Pierre Kunz

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  • J'aime bien Christian Lüscher mais ...

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    J’aime bien Christian Lüscher, mais pas du tout ce qu’il a déclaré sur les ondes de RTS ce matin.

    Analysant les résultats du PLR lors de la dernière journée électorale des prétendants aux Conseil des Etats, le meilleur parlementaire fédéral genevois a tenu des propos qui ne lui ressemblent pas. Il cherchait une explication plausible à la défaite dimanche des candidats de l’Entente lors du dernier tour des élections au Conseil des Etats. Décevant, manquant de lucidité, cédant à la facilité, il a trouvé à la défaite du ticket Hiltpold-Hirsch un bouc émissaire commode, Pierre Maudet.

    S’il avait préparé son intervention il aurait en premier lieu évité de parler de « déconfiture » et de désigner le PLR genevois comme « étant le grand perdant des PLR de Romandie. Car, s’agissant du Conseil National, si le PLR genevois a perdu 2,6 % de voix en 2019 par rapport à 2015, le PLR vaudois en a perdu 3,5 %. Il aurait aussi relevé que si la perte moyenne du PLR Suisse s’établit à 1,3 % c’est que dans d’autres cantons aussi les pertes ont été considérables. Et dans ces cantons, notamment à Bâle (- 3,8 %), à Lucerne (-2,9 %) et au Tessin (-3,2 %) il est peu vraisemblable que l’affaire Maudet ait joué le rôle que lui prête Christian Lüscher à Genève.

    En second lieu, celui-ci, en vieux routinier de la politique, sait fort bien que les invectives et les quolibets dont il parle et qu’il aurait subis lors de sa campagne sur les marchés sont, à un prétexte ou à un autre, monnaie courante. Peuvent en témoigner, tous les candidats en campagne. Ils ont régulièrement affaire à des gens revêches ou simplement revanchards. Et s’il avait voulu demeurer objectif et honnête, il aurait aussi mentionné les insultes des citoyens qui lui reprochaient, ainsi qu’à la direction et aux « grands élus » du PLR, la manière dont ils ont, par leurs déclarations inutiles et peu apaisantes, favorisé le lynchage de Pierre Maudet.

    Ce sont en effet ces déclarations qui ont directement causé les divisions constatées depuis le 15 janvier 2019 au sein du PLR. Ces divisions ont évidemment pesé sur le vote des membres du PLR. Lors des dernières élections fédérales. Mais elles restent secondaires par rapport aux conséquences de la vague verte ressentie partout dans le pays. Elles sont surtout sans commune mesure avec les dégâts causés par une Entente minée depuis 2001 par l’égoïsme du PDC, saboteur de toute collaboration avec l’UDC, et par le manque de courage et de vision des états-majors qui se sont succédé à la tête des radicaux, des libéraux puis du PLR en se montrant incapables de prévenir l’enterrement promis à l’Entente dans ces conditions.

    Pierre Kunz

     

     

     

     

     

     

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  • L’IN162 : les vents de la démagogie

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    Dans la brochure explicative distribuée aux citoyens en prévision de la votation du 24 novembre, le comité à l’origine de l’IN 162 se fend d’une justification dont on se demande si elle procède la mauvaise foi ou de la bêtise, tant elle méconnaît les réalités. Il écrit :

    « A Genève, la pénurie de logements dure depuis 20 ans. Elle impacte directement la population genevoise car sa conséquence est l’augmentation très marquée du prix des loyers. (…) Cette augmentation des prix est liée à l’avidité des propriétaires, qui profitent de cette période de pénurie pour augmenter abusivement les loyers. »

    Mauvaise foi ou bêtise, à moins qu’il ne s’agisse des deux. Mais ce genre de tromperie a, depuis trente ans, tant apporté à l’Asloca et à tous les soi-disant « défenseurs des locataires », qu’ils ne voient bien évidemment aucune raison de renoncer à y recourir. Pourtant les observateurs et acteurs sérieux savent depuis longtemps que la pénurie et les écarts injustifiables entre les loyers des demeures anciennes et récentes, ne sont pas dus à la cupidité des propriétaires et des promoteurs.   

    Quand les locataires finiront-ils par voir que cette législation étouffante, qui n’a cessé de gonfler au cours des dernières décennies et que l’IN 162 vise à renforcer encore, est d’essence clairement démagogique ?

    Quand finiront-ils par se rendre compte que s’il y a pénurie ce n’est pas à cause de spéculateurs cupides et de constructeurs véreux mais parce que cette législation empêche les promoteurs de construire et les propriétaires de rénover ? Au lieu de promouvoir la création de logements elle casse la rentabilité des projets et elle restreint l’utilisation des terrains constructibles.

    Quand reconnaîtront-il l’évidence que si certains promoteurs et propriétaires sont en mesure d’appliquer des prix ne répondant pas aux possibilités du Genevois moyen, c’est parce que, à Genève, … on ne construit pas assez de logements.

    Quand admettront-ils que le prix des logements nouvellement construits est généralement conforme aux coûts de construction actuels ? Leurs loyers, en effet, ne paraissent élevés que si on les compare à ceux des bâtiments anciens, notamment à ceux des immeubles subventionnés par l’Etat. Le niveau des loyers de ces deux catégories reste quasiment intouchable à cause du contrôle stricte des loyers en vigueur. Un système qui assure à leurs bénéficiaires une rente de situation absolument inéquitable. Voilà pourquoi, aujourd’hui, le jeune couple qui ne parvient pas à obtenir le 4 pièces, auquel il aspirait, occupé par ses grands-parents depuis vingt ans, se voit forcé d’accepter un logement plus petit et 70 % plus cher que celui de ses aïeux.

    Les vents qui gonflent les voiles de l’IN 162 sont ceux de la démagogique. Si elle était acceptée, la victime serait une fois de plus la classe moyenne.

    Pierre Kunz

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  • Genève, l’Etat nounou et les chauffeurs Uber

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    Les médias, et la plupart des peuples, fêtent en ce début octobre le trentième anniversaire de la chute du Mur. C’est le bon moment de se rappeler qu’une des raisons fondamentales pour lesquels les Allemands de l’Est ont fait exploser le régime tyrannique sous lequel ils vivaient est que celui-ci prétendait déterminer l’avenir de chacun en contrepartie d’une existence exempte de tout risque professionnel et social.

    La Suisse est un pays de liberté et de responsabilité individuelles. Mais à Genève de vieux démons font mentir ce constat. L’Etat providence, au nom de « la justice et de l’égalité sociales » est devenu tentaculaire.  D’un demi-siècle d’activisme socialo-marxiste et de reniements de la droite, sont nées des institutions sensées protéger les Genevois de tout, même des velléités qu’ils pourraient ressentir à prendre leur destin en mains.

    En conséquence, au lieu de favoriser l’épanouissement de tous les Genevois, notamment des plus modestes, au lieu de les aider à se construire un avenir meilleur par leurs initiatives et leur travail, nos autorités ne songent qu’à leur faire miroiter la « sécurité du filet social genevois ». Selon ces autorités, ce filet constitue une bonne raison d’inciter les gens modestes à se contenter d’un travail salarié, quitte à réclamer une aide complémentaire de l’Hospice général, plutôt que de prendre des risques économiques aux fins d’améliorer leurs revenus souvent insatisfaisants.

    C’est précisément à cet éclairage qu’il convient d’interpréter la décision que vient de prendre le Conseil d’Etat en prétendant priver de leur activité les chauffeurs de taxi travaillant avec le concours d’Uber. Au lieu de leur apporter soutien et encouragements parce qu’ils contribuent grandement à l’amélioration d’un service public qui depuis longtemps ne satisfaisait plus les Genevois, il ne songe qu’à casser les ambitions de ces petits entrepreneurs.

    On aurait compris que notre ministre de l’emploi intervienne pour activer la recherche de solutions aux quelques problèmes administratifs qui subsistent. Mais pas que, avec le soutien de la gauche, il veuille de toute urgence « protéger les petites gens contre les risques excessifs qu’ils prennent en se mettant à leur compte ». Comme si à Genève une catégorie de la population, parce qu’elle serait peu éduquée ou pauvre, était trop imprévoyante et stupide pour se construire un avenir autre que celui que leur offre le mirage de l’Etat providence.

    A quand l’interdiction faite à ces mêmes gens modestes d’ouvrir une épicerie, un garage ou un bistrot ?

    Pierre Kunz

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  • La Suisse ou le capitalisme heureux

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    Comme d’habitude, la campagne électorale qui s’achève a été rythmée par une avalanche critique stigmatisant « tout ce qui va mal » dans notre pays, passant des inégalités sociales à la fiscalité injuste, du système de santé inique à la ploutocratie financière, etc.

    Dans ce contexte il est réconfortant de constater que, vue de l’extérieure, la Suisse ressemble davantage au paradis qu’à l’enfer. C’est par exemple dans le New York Times de vendredi dernier qu’on pouvait lire, sous la plume de Ruchir Sharma, l’article dont les principaux éléments sont traduits ci-dessous.

    Les 700 milliards de PIB dégagés annuellement par l’économie suisse situe celle-ci parmi les 20 plus puissantes du monde. Par rapport à celles des pays socialistes scandinaves, souvent citées en modèles, elle est plus ouverte, exporte bien davantage, est plus stable institutionnellement et nettement moins pesante fiscalement. Le revenu moyen de ses habitants ne le cède qu’à celui des Luxembourgeois. La richesse ne fait pas le bonheur, dit-on, mais elle n’est manifestement pas contradictoire avec celui-ci puisque les enquêtes à ce sujet montrent que les Helvètes se rangent parmi les peuples le plus heureux du monde.

    Contrairement à ce que pensent certains, les richesses et les revenus y sont répartis quasiment aussi égalitairement qu’en Scandinavie. En Helvétie, la classe moyenne possède environ 70 % des actifs de la nation et le patrimoine d’une famille typique s’y situe au double de celle de son homologue scandinave.

    La Suisse est un pays intimement capitaliste. La taxation des revenus individuels - ceux de la classe moyenne notamment - des entreprises et de la consommation y est nettement inférieure à celle des pays nordiques. Les dépenses publiques ne représentent pas plus du tiers du PIB, soit un des taux les plus bas d’Europe. Sa politique migratoire, bien que peu spectaculaire, donne d’excellents résultats.

    Les Suisses excellent dans presque tous les domaines à haute valeur ajoutée, privilégiant aujourd’hui les biotechs et l’engineering. Ses centres de production industriels et financiers, comme sa structure politique, sont largement décentralisés. La Banque nationale suisse gère avec une grande efficacité la problématique du franc fort.

    Enfin, le pragmatisme régnant en maître dans le pays l’a amené à élaborer des institutions qui marient mieux qu’ailleurs les exigences de la libre entreprise et celles de la justice sociale.  

    S’il avait jugé les résultats des récentes élections fédérales, il se serait probablement étonné de la progression impressionnante des Verts. Il n’aurait en effet pas manqué de relever que, au-delà de la qualité de son économie, dans les classements internationaux, la Suisse est depuis longtemps un des pays les moins pollueurs de la planète et l’un de ceux qui ont su le mieux protéger leur environnement.

    Pierre Kunz

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  • Alice et le maire

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    Alice et le maire

    Dans un récent et excellent article, Michel Balestra faisait via Facebook le procès des technocrates qui, de Bruxelles, administrent l’Union Européenne. Il mettait en évidence le fossé séparant les citoyens de ces eurocrates qui conditionnent la vie des peuples du Vieux Continent à coups de règlements nébuleux et de normes souvent insensées.

    Les maux causés par Bruxelles ne constituent pas une exclusivité. Les Etats, les collectivités locales et les villes de l’Union enfantent elles aussi des fonctions publiques et des services technocratiques démesurés et au fonctionnement douteux. En Suisse, au plan fédéral comme à celui des cantons et des communes, on assiste au même phénomène.

    A ceux qui ressentent les effets de cette dérive technocratique sans pouvoir toujours la cerner et en apprécier l’ampleur, on ne peut que conseiller d’aller voir le dernier film de Nicolas Pariser, Alice et le maire. Lyon est expressément mentionnée comme lieu de l’action mais pour des raisons évidentes le metteur en scène a choisi le mode de la fiction. Le sujet dépasse en effet largement les limites de cette ville.

    Il s’agit d’une démonstration sidérante de la manière dont fonctionnent les services proches du maire d’une grande ville française. Les deux excellents acteurs principaux, Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier, s’y entendent pour éclairer les spectateurs sur les « experts » de toutes sortes qui gravitent à grands frais autour du pouvoir et qui sont à l’origine des réformes se succédant sans résultat pour les citoyens. Sur les hauts fonctionnaires aussi, qui convoquent moult colloques, groupes de réflexion et cellules de recherche prospective chargées de développer « pour le long terme » des projets qui ne voient jamais le jour. Enfin sur la multitude d’emplois occupés par des cadres aussi imbus d’eux-mêmes qu’inutiles. Sans compter les dépenses somptuaires destinées à hausser le prestige des élus à un niveau quasiment monarchique qui demeure si profondément inscrit dans la République.

    Ce film, bien enlevé, amusant mais qui évite la caricature, décrit ce qui se passe dans l’Hexagone dont les excès en la matière sont connus. Il n’empêche, les Genevois ne manqueront pas d’y retrouver nombre des défauts exaspérants qui caractérisent l’administration de notre canton et de notre Cité.

    Pierre Kunz

     

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  • Sus aux inégalités ! Quelle curieuse obsession.

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    Les discours égalitaristes n’intéressent pas les peuples. Ceux qui les prononcent sont des dogmatiques ou n’ont que des visées électoralistes.

    Les premiers en sont restés, la main sur le cœur, aux idées de Rousseau, trahissant en passant le grand philosophe. Ils n‘ont aucun égard pour les risques que font peser leur passion égalitariste sur la liberté des peuples.

    Quant aux seconds, des démagogues qui n’ont le plus souvent jamais étudié le sujet, ils se contentent de slogans qui font évidemment les beaux jours des médias. C’est ainsi que les uns et les autres mettent généralement tous les troubles sociaux sur le compte des inégalités. Ils font croire, par exemple, que la jacquerie de gilets jaunes en France et la révolte violente qui se produit actuellement au Chili sont le résultat des « inégalités grandissantes » dans ces pays. La vérité est que dans les deux cas, il s’agit pour les manifestants de signifier qu’ils sont désespérés par l’incompétence et la corruption des élites, qu’ils n’en peuvent plus de voir le coût de la vie augmenter et leur pouvoir d’achat se réduire.

    Ces révoltés se fichent des statistiques relatives aux inégalités brandies à leur sujet par les intellectuels, les médias et la gauche. Ce qu’ils veulent c’est du travail, de la sécurité, de la liberté, de ne pas subir de ségrégation, des biens abordables et des services publics accessibles. Les peuples, qu’ils soient d’Europe ou d’un autre continent, n’ont pas de problème avec les inégalités.

    S’agissant des patrimoines, ils voient bien que nous ne naissons pas tous avec des talents égaux et que, hier comme aujourd’hui, des fortunes se transmettent de génération en génération. De l’Etat ils n’attendent pourtant pas qu’il éradique les inégalités. Pour eux le rôle de cet Etat est de donner à chacun, grâce à l’éducation publique et à la redistribution fiscale, l’opportunité de se forger selon ses moyens une existence digne. Ils savent aussi, même si les populistes prétendent le contraire, que la suite relève de la responsabilité individuelle. Ils constatent que certains de leurs compatriotes amassent des fortunes considérables et ils l’admettent aisément, pour autant que ces fortunes ne dorment pas dans des tas d’or et qu’elles profitent à tous en termes de création d’entreprises, d’emplois, de mécénat et d’œuvres caritatives.

    Les peuples se fichent des statistiques et autre indice Gini relatifs aux inégalités de revenus. Ce sont des statistiques et des indices qui d’ailleurs ne sont jamais mis en perspective historique par ceux qui les invoquent. Une perspective que les intéressés n’ont pas oubliée, eux qui se rappellent d’où venaient leurs parents. Quant aux heureux, ceux gagnent beaucoup d’argent, les peuples savent que leurs revenus sous soumis à l’impôt, souvent fortement progressif, impôt qui garantit aux Etats, lorsque bien sûr ils sont honnêtement et intelligemment gérés, les ressources requises par le bon fonctionnement de la communauté.

    Aujourd’hui seuls les démagogues osent encore prétendre que dans l’ensemble les inégalités se creusent sur cette planète. Il faut en effet être aveugle ou de mauvaise foi pour nier que, depuis un demi-siècle, l’Etat providence en Occident a mis un terme à la misère, l’éducation des jeunes et des étudiants est la préoccupation majeure de tous les pays, en Asie et en Amérique du sud plus d’un demi-milliard de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté et partout la classe moyenne s’est massivement développée, même dans les régions les plus pauvres. 

    Mais de grâce qu’on cesse de placer à chaque occasion le nouveau « Discours sur les inégalité », inégalités qui seraient le problème essentiel de l’humanité. C’est une tromperie qui peut convaincre les bobos mais certainement pas ceux qui sont désignés comme les victimes de ces inégalités. Comme on l’a montré ci-dessus, ces derniers sont confrontés à d’autres problèmes, bien plus sérieux.

    Pierre Kunz

     

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  • Une grève nationale pour le climat ?

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    Les jeunes ont, au cours des derniers mois, contribué massivement par leur mobilisation à la prise de conscience de l’urgence climatique au sein des les élites politiques et économiques qui gouvernent nos Etats et les entreprises. Qu’ils en soient félicités et remerciés. Il est bon sans doute que notre jeunesse veuille « maintenir la pression de la rue », comme une gymnasienne l’affirme, afin que le monde politique et celui des affaires commencent à concrétiser les déclarations et les promesses dont ils ont été prolixes ces derniers temps. C’est à cela que, nous dit-on, doit servir la grève programmée pour le 15 mai 2019.

    On peut donc penser que les futurs manifestants entendent s'adresser aux décideurs du pays. Dès lors, on espère qu'ils ont intégré le fait que les technologies répondant aux enjeux existent (*) et que la nécessité est de mettre celles-ci en œuvre sans délai.

    Il y a aussi parmi ces jeunes gens des rêveurs qui militent pour un changement radical de notre société et le remplacement du capitalisme par autre chose. Ce changement et ce remplacement étant vus comme la solution aux problèmes environnementaux et climatiques. Ils n’ont manifestement pas compris que les utopies mortifères du 19ème siècle n’ont pas leur place dans le débat environnemental.

    Comme nous tous, ces jeunes devraient être attentifs au début d'une phase nouvelle, probablement la plus délicate, des efforts de l’humanité dans sa lutte pour le climat. Celle dont sortira la répartition au sein de nos sociétés, de ses conséquences économiques et sociales. C’est dans ce contexte que, à l’évidence, ont débuté de grandes manœuvres politico-syndicales, en Suisse comme chez nos voisins.

    Soit dit en passant, elles sont empreintes d’une hypocrisie immense. Comment appeler autrement l’état d’esprit de ceux qui prétendent militer pour le climat et contre le pillage des ressources terrestres, de ceux qui fustigent notre consumérisme ridicule et qui simultanément réclament des interventions gouvernementales pour soutenir une consommation déclinante et l'emploi.

    Pour sa part, le bulldozer syndical qu’est devenu le socialiste Pierre Maillard a fort bien compris non seulement la situation politique et sociale qui se dessine, mais aussi les bons sentiments affichés par les organisateurs de la grève prochaine. Un Pierre Maillard qui ne perd pas de temps et qui ne cache pas ses ambitions. Sans vergogne, il invite d’ores et déjà cette jeunesse à rejoindre son USS et son programme au prétexte de « faire évoluer ou changer le système économique ». 

    Ce que veut Pierre Maillard ? C'est gonfler ses troupes en faisant croire aux classes moyennes et moins favorisées que, si elles font confiance à la gauche, elles ne seront pas touchées par les réformes qui s'annoncent. L'Etat-providence y pourvoira. C'est évidemment une simplification mensongère et démagogique.

    Pierre Kunz

     (*) cf. Drawdown, Paul Hawken, éditions Actes Sud, 2018

     

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  • Les rentes vieillesse vont baisser… sauf dans la fonction publique genevoise

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    Ces derniers jours les médias ont publié plusieurs articles au sujet d’une récente étude du Crédit suisse consacrée à l’évolution probable des rentes vieillesse au cours des 40 prochaines années. Dans cette étude la banque met en évidence la réduction probable des rentes au cours des décennies à venir, réduction due essentiellement à l’augmentation de l’espérance de vie et au maintien au niveau durablement bas escompté des taux d’intérêts.

    Chacun comprend que l’AVS, système fédéral fondé sur la redistribution des cotisations en rentes, que des décisions politiques peuvent inverser l’évolution envisagée. Il suffit que nos parlementaires se mettent d’accord sur le financement par l’impôt d’augmentations régulières des rentes de l’assurance vieillesse.

    Par contre on aurait attendu davantage de précision de la part des rédacteurs, s’agissant du deuxième pilier, fondé lui sur la capitalisation, et dont on sait qu’il dépend de décisions des entreprises et des employeurs publics. On aurait aimé que ces rédacteurs expliquent en particulier que si les rentes versées par les caisses de pension helvétiques vont baisser c’est parce que la quasi-totalité d’entre elles, fonctionnent selon le principe de la « primauté des cotisations ». Les rentes y dépendent du volume des cotisations accumulées.

    Etant donné les deux facteurs susmentionnés (démographie et taux d’intérêts), si ces cotisations, réparties entre l’employeur et le salarié, n’augmentent pas les retraités, à l’évidence, toucheront à l’avenir une rente inférieure à ce que reçoivent les pensionnés d’aujourd’hui. Or il est peu probable que les entreprises et les employeurs publics, confrontés respectivement à une concurrence renforcée et à des situations financières plus délicates, puissent accroître leurs contributions.

    Pourtant il existe une exception à cette évolution probable des rentes du deuxième pilier. C’est celle constituée par les caisses de pension publiques genevoises. Désinformés et manipulés par les syndicalistes et la gauche du canton, les Genevois ont en effet dernièrement « décidé » en votation populaire de laisser ces caisses s’organiser sur le principe de la « primauté des prestations ». Cela signifie que les rentes des fonctionnaires, calculées sur la base des derniers salaires resteront garanties, indépendamment des facteurs démographiques et des taux d’intérêts qui pèseront si fort sur les autres institutions du deuxième pilier.

    Pourquoi ? Tout simplement parce que les Genevois ont accepté implicitement que … l’Etat comblerait à l’avenir les déficits inéluctables de ces caisses. Autrement dit, les citoyens genevois, dont les rentes vont, elles, se réduire, seront appelés à contribuer par leurs impôts au maintien du privilège de leurs fonctionnaires.

    Il est désolant qu’aucun média n’ait relevé cette coûteuse et injuste « Genferei ».

    Pierre Kunz

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  • Ce que veut vraiment la gauche « progressiste et égalitariste »

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    Depuis le milieu du siècle dernier, surtout à partir des années 1990, les démocraties européennes ont été soumises à une pression colossale exercée par les promoteurs d’un projet soi-disant « progressiste, universaliste et émancipateur ». Soutenu par la gauche politique, une bonne partie des intellectuels et une vaste majorité des médias, ce projet qui va selon eux « dans le sens évident et inarrêtable de l’histoire » et découle des droits de l’homme, a des finalités clairement exprimées.

    • Au plan politique : dissolution des nations, suppression des frontières, accueil des migrants, passage au multiculturalisme, émancipation des minorités, repentance à l’égard des pays anciennement colonisés.
    • Au plan social : imposition de nouveaux codes du langage, redéfinition des codes de respectabilité, déconstruction des appartenances traditionnelles, reconnaissance des catégories sociales et identitaires.
    • Au plan individuel et familial : déconstruction de l’identité sexuelle au profit de l’acronyme LGBTQI+, indifférenciation des sexes, désincarnation du père et de la mère transformés en parents interchangeables 1 et 2, promotion de la PMA et de la GPA.

    Les médias produisent rarement de l’information. Ils se contentent d’en proposer une lecture et une hiérarchisation orientée à partir d’une vision du monde qui est celle du régime progressiste. Ils exercent donc une manière de censure du réel et favorisent la naissance de l’arme la plus efficace et sournoise à disposition du projet progressiste, à savoir « le politiquement correct ». (*) Il s’agit d’un dispositif inhibiteur ayant pour vocation d’étouffer, de refouler ou de diaboliser les critiques du système progressiste. Il permet plus généralement d’exclure de l’espace public tous ceux qui transgresseraient les limites des attitudes et du langage admis et qui continueraient à défendre ce que les universalistes qualifient de « résidu d’un monde ancien appelé à disparaître ».

    On comprend qu’il est de mauvais ton de mettre en question la prétention du projet progressiste d’incarner l’avenir de l’humanité, au nom de la lutte contre l’intolérance, de la logique de l’émancipation, des droits de l’homme et des nombreuses conventions internationales. Le régime universaliste juge donc sévèrement le populisme dont il a fait un ennemi commode. Il faut dire que, eu égard à la mollesse de la droite conservatrice traditionnelle, le populisme sous ses diverses formes à longtemps constitué le seul opposant sérieux à la logique universaliste de la modernité.

    Pourtant, face à la dérive progressiste, face aussi à un populisme trop souvent démagogique, les conservateurs, autrement dit la droite qui ose s’afficher comme telle, a entrepris de son côté de remettre en question et de contester de plus en plus fortement l’emprise qu’exerce la soi-disant « marche de l’histoire et du progrès » sur la vie des collectivités. Cette utopie qui maltraite l’âme des peuples, qui vise à sectionner le lien de l’homme avec sa Cité, sa culture, ses structures sociales, ses croyances, son histoire, et qui met en péril la démocratie occidentale.

    La réaction de la droite conservatrice s’est trop longtemps fait attendre. Le chemin à parcourir en sera d’autant plus ardu.

    Ne croyons pas que « l’évidence progressiste », les dangers qu’elle porte et les aberrations qui en sont les conséquences épargnent Genève. C’est notamment vrai s’agissant des privilèges démesurés et inutilement coûteux qui sont accordés à de petites minorités. Certains sont anecdotiques mais tellement édifiants. C’est ainsi que récemment, au prétexte de l’article 16 de la constitution genevoise, notre Grand Conseil, au nom des droits des personnes handicapées, a décidé d’offrir aux malentendants du canton … la diffusion de ses débats dans la langue des signes !

    On le sait, les citoyens ne sont guère intéressés par ces débats. Parmi eux, les malentendants sont-ils 10, 20 ou 30 ?

    Pierre Kunz

     (*) cf. Mathieu Bock-Côté, L’empire du politiquement correct, édition du cerf, 2019

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  • Mettre la justice sociale au centre de la transition écologique ?

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    Mettre la justice sociale au centre de la transition écologique ?

    C’est sous ce titre pompeux (*) que la présidente du PS vaudois, Mme Jessica Jaccoud, renoue avec une lutte qui a fait le bonheur électoral de la gauche romande depuis bientôt un demi-siècle, celle de la protection des locataires. Dans ce but elle prétend voler au secours des locataires occupant des logements appelés à être rénovés parce qu’ils sont chauffés au mazout. Ce sont en général des logements anciens, excessivement énergivores et incompatibles avec l’enjeux climatique. Leurs loyers sont bloqués depuis des décennies et en conséquence les propriétaires ont toujours peiné à les entretenir.

    Ce contrôle des loyers, comme on le sait, a donné naissance à une catégorie grassement privilégiée de locataires parfois modestes certes mais appartenant le plus souvent à la classe moyenne voire aisée. Des locataires qui ne changent que très rarement d’adresse parce qu’ils veulent évidemment conserver le privilège et la rente de situation que le système leur a conférés. Et cela, même si ce sont principalement les jeunes et les nouveaux arrivants sur le marché qui souffrent de cette discrimination, étant forcés de se loger dans des appartements dont les prix se situent au double voire au triple de ceux dont bénéficient les générations précédentes.

    Survient le moment, lutte contre le réchauffement climatique oblige, où les propriétaires de ces immeubles anciens et à loyers bloqués se trouvent forcés de remplacer les citernes à mazout qui équipent leurs immeubles par des installations plus écologiques. On comprend que même ceux bénéficiant de subventions écologiques, ne sont pas en mesure de prendre à leur charge ces dépenses. Ils entendent donc répercuter ces investissements sur les loyers.

    C’est là qu’intervient Mme Jaccoud. Oubliant les dizaines de milliers de francs économisés par les bénéficiaires du contrôle des loyers au cours des décennies, oubliant que ces économies ont permis à ces heureux locataires de consommer et de voyager davantage que les locataires victimes de la discrimination susmentionnée, elle prétend, « au nom de la justice sociale », interdire aux propriétaires vertueux de faire payer la plus grande partie de leurs investissements écologiques par les locataires privilégiés. Réclamant que « l’on remette l’équité et la justice sociale au centre de la lutte climatique », elle réclame que l’Etat aide financièrement les propriétaires afin qu’ils puissent effectuer les travaux sans augmenter les loyers des immeubles concernés !!

    Autrement dit elle exige que ceux qui ont été empêchés des bénéficier de loyers maintenus artificiellement bas payent, par leurs impôts, les travaux de rénovation des immeubles logeant les locataires privilégiés afin qu’ils puissent conserver leurs privilèges !!!

    Drôle de manière de voir l’équité et la justice sociale.

    Pierre Kunz

    (*) cf Le Temps du 4 octobre 2019

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  • La Tyrannie de #Me Too

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    Le MacCarthysme et le puritanisme américains sont de retour dans leur version perverse du 21ème siècle.

    Le dernier film de Woody Allen, Un jour de pluie à New York, est un modèle du genre. L’intrigue est équilibrée et amusante sans être bébête, les tableaux s’enchaînent avec la maestria que l’on reconnaît au metteur en scène, les images sont travaillées avec bonheur et les acteurs sont admirables. Si l’on aime le bon et beau cinéma, il faut voir ce film.

    Mais on ne peut le voir qu’en Europe, car aux USA la dernière œuvre de Woody Allen a été retirée des circuits de distribution suite aux pressions exercées par les intégristes de #Me Too. Dans la suite des scandales sexuels qui ont fait la une des médias américains au cours des deux dernières années, ces croisées de la lutte anti-masculine ont repris contre Woody Allen de vieilles accusations d’agressions sexuelles, jamais prouvées, contre sa fille adoptive. Bénéficiant du soutien actif des médias, des milieux intellectuels de gauche et des bobos de tous âges, elles ont réussi à convaincre les jeunes acteurs du film, angoissés par l’idée de déplaire à leurs pairs, de renoncer à empocher leurs cachets et empêcher la sortie de A Rainy Day in New York sur les écrans américains.  

    Les grands manitous du cinéma américain, tétanisés par la peur d’affronter l’opposition de ces dames, culpabilisés par le déballage des violences faites aux femmes dans leur secteur, ont rangé leurs bobines en attendant des jours meilleurs. Comme dans la terrible histoire de Bertrand Cantat, la pression exercées par les activistes féministes a eu raison de toutes les bonnes intentions affichées par la société bien-pensante au sujet de la présomption d’innocence et de la réinsertion sociale des coupables.  

    Les intellectuels, les bobos et les médias ne manquent jamais une occasion de réclamer que le pouvoir politique respecte les citoyens dans leur liberté de choix. Comment dès lors peuvent-ils soutenir, pour les raisons invoquées plus haut, une action visant à empêcher la sortie d’un film ou à interdire un concert parce qu’est en cause un cinéaste ou un chanteur victime de la vindicte d’une partie de la population ? Pourquoi dans ces occurrences ne sont-ils plus disposés à laisser aux cinéphiles et aux amoureux de la musique la liberté de décider, en fonction de leurs convictions et de leur ressenti personnels, de se rendre ou non au cinéma ou au concert ?

    Pierre Kunz

     

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  • La biodiversité peut attendre, pas le climat

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    Les scientifiques nous annoncent avec une régularité exaspérante que les calculs qu’ils avaient faits antérieurement ont été révisés. La problématique climatique réanalysée qu’ils communiquent presque chaque mois se révèle plus dramatique que lors de leurs précédentes estimations

    Tirant parti de cette escalade, il y a, principalement en Occident, les intégristes qui dessinent avec délectation l’abîme qui, selon eux, inéluctablement nous attend, ceux qui, comme le relève Pascal Bruckner (*), « sont soucieux de condamner notre société et de nous faire payer les destructions que nous avons infligées à notre environnement ». Ceux qui voudraient, au prix de moult souffrances et sacrifices, nous pousser à changer radicalement nos modes de vie, quitte à appauvrir massivement l’humanité.

    Heureusement, face à ces « desperados », il y a les volontaristes, hommes et femmes, qui connaissent et savent comment mettre en œuvre les outils qui sont à notre disposition pour inverser la tendance au réchauffement, sans appauvrir les habitants de la planète mais au contraire en continuant offrir aux moins favorisés l’espoir d’une vie meilleure.

    Sur le plan des technologies, ces acteurs (**) ont élaboré une liste de 80 mesures, disponibles et praticables. Si elles sont mises en œuvre rapidement par les gouvernements et l’économie, si elles sont en particulier accompagnées par la fin des soutiens publics aux industries pétrolière, gazières et charbonnières, si elles sont renforcées par la taxation du CO2 et si la durée de vie des centrales nucléaires existantes est prolongée de quelques décennies, on peut escompter dès 2050 une diminution progressive des gaz à effet de serre envoyés dans l’atmosphère par les sociétés industrielles depuis deux siècles (***).

    Les réformes et les technologies les plus efficaces sont :

    • la réduction et l’amélioration du recyclage des appareils utilisant des fluides frigorigènes,
    • le développement de l’éolien terrestre,
    • le développement de centrales solaires et du photovoltaïque en toiture,
    • le recours à une alimentation riche en végétaux et la réduction du gaspillage alimentaire,
    • dans les pays pauvres, l’éducation des filles, le développement du planning familial et la limitation des naissances,
    • la préservation et la restauration de la forêt tropicale de la zone tempérée,
    • l’agriculture régénératrice des sols et le reboisement des terres arides,
    • la protection et la restauration des tourbières et des zones humides.

    Au plan social, ces acteurs savent qu’une des conditions essentielles de la réussite de l’inversion du réchauffement climatique ne se situe pas, comme on veut le faire croire, dans la réduction des inégalités dans nos sociétés développées. Elle réside, grâce à des investissements financiers et techniques massifs, dans l’extraction, en Afrique, en Asie et en Amérique du sud de centaines de millions de gens de l’extrême pauvreté, une pauvreté qui les conduit à des comportements destructeurs pour leur avenir et le climat.

    Ces volontaristes ont l’honnêteté d’admettre que nous ne pourrons faire face à la problématique climatique si nous prétendons nous attaquer parallèlement à tous les problèmes environnementaux que recensent sans ordre et sans approfondissement les médias et les ONG. La lutte contre le réchauffement ne saurait s’accommoder d’une dispersion des efforts et des ressources. C’est pourquoi ce que d’aucuns appellent « l’effondrement de la biodiversité » et la surconsommation des ressources terrestres constituent des défis à part, subséquents, moins urgents.

    Faisons certes ce que nous pouvons pour sauver des espèces essentielles à l’activité humaine. Veillons en Occident à économiser les ressources terrestres en réduisant notre consumérisme absurde et favorisons ce que le professeur Dominique Bourg appelle « l’économie intégrale », celle du recyclage intensif. Mais insistons auprès de ceux qui nous gouvernent et les chefs d’entreprises pour qu’ils dirigent prioritairement leurs investissements vers la problématique du climat. Car dans cent ans l’humanité pourra vivre avec une biodiversité entamée et une empreinte environnementale insatisfaisante mais pas avec une température annuelle moyenne qui aurait crû de 7°. 

    Confrontés à ceux qui nous prédisent le pire, nous les citoyens, ne nous laissons pas gâcher la vie par les peurs qui nous instillées. Demeurons attentifs et exigeons de ceux qui conduisent le monde et les grandes entreprises qu’ils ne se contentent plus de bavardages mais qu’ils agissent. Le plan que le gouvernement allemand vient d’annoncer ne constitue qu’un premier pas.

    Pierre Kunz

     

     (*) Pascal Bruckner, dans l’Information immobilière, automne 2019

    (**) Paul Hawken, Drawdown, Actes Sud, 2018

    (***) les émissions mondiales de gaz à effet de serres s’élèvent actuellement à 36 gigatonnes par an et la durée de vie du CO2 dans l’atmosphère est de 100 ans

     

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  • Maurer dépanne Levrat. Et alors ?

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    Juste avant le weekend, les médias ont rempli leurs colonnes de ce qu’ils appellent « l’extraordinaire prêt de sa voiture de fonction par le Conseiller fédéral à Christian Levrat, attendu d’urgence à la cérémonie de matu de sa fille ».

    Faire un plat avec cette histoire toute simple, prétendre qu’elle est purement suisse, s’étonner que le premier ait pris cette initiative et que le second ait accepté d’en profiter, c’est faire de l’helvético- centrisme et c’est bien mal connaître les fondements de la vie parlementaire. C’est laisser croire que celle-ci est faite de détestations de tous pour tous et qu’elle ne rassemble que des haines et des frustrations.

    Contrairement à ce que l’on a pu lire et entendre à ce propos, cette scène aurait pu se dérouler dans tous les pays qui fonctionnent selon le modèle de la démocratie parlementaire. Le fondement de celle-ci réside, comme son nom l’indique, dans la représentation au sein du pouvoir législatif de tous les courants d’idées qui y ont été portés.

    Les échanges, parfois vifs, entre les députés ne reflètent pas autre chose que la défense par les uns et les autres des attentes des citoyens qui les ont élus. Ils tiennent souvent du théâtre et ne sont que très exceptionnellement le signe d’animosités personnelles. En effet, contester, souvent avec passion, les thèses énoncées par un ou une collègue, n’indique aucunement un manque de respect pour l’adversaire politique ou une attaque sur la personne. C’est simplement afficher avec vigueur un point de vue différent.

    Aussi, quand le président UDC de la Confédération met sa voiture à la disposition d’un conseiller aux États socialiste, c’est, malgré tout ce qui les sépare politiquement, parce que, en tant qu’ancien parlementaire et maintenant conseiller fédéral, il connaît bien le président du PS, c’est parce qu’il respecte son travail et son honnêteté intellectuelle.

    Il n’y a rien la d’extraordinaire et, répétons-le, dans une chambre de députés comme dans l’économie et la vie de tous les jours, ces exemples de courtoisie sont communs. Ils n’ont rien de spécifique à notre pays.

    Pierre Kunz

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  • Suicides, et en Suisse ?

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    Les médias, au cours de ces derniers jours, ont diffusé à gros traits les statistiques de l’OMS relatives aux taux de suicides dans le monde. Le motif de ces publications était « la journée mondiale de la prévention du suicide » décidée par la grande institution.

    C’est ainsi que nous avons appris que 800'000 personnes s’ôtent la vie chaque année dans le monde. Un chiffre peu intéressant en tant que tel, surtout si on ne le met pas en perspective et on regrette que les journaux, les radios et les TV n’aient pas pris la peine de fournir quelques données supplémentaires sur la question, notamment au sujet de notre pays.

    Pour compléter le dossier, il suffit de se rendre sur le site de l’Observatoire suisse de la santé qui est riche en données sur les taux de suicides en Suisse. Outre ce qui est connu (importance du suicide des jeunes, etc.) on y trouve quelques informations générales intéressantes. Par exemple que

    • depuis une décennie le nombre de suicides dans notre pays se situe autour de 1500 par an, suicides assistés (en hausse mais que ne semble pas prendre en compte les statistiques de l’OMS) compris,
    • ce chiffre mène au constat que les Helvètes de suicident davantage que dans le reste du monde (0,18 pour cent mille habitants contre 0,11).
    • il montre que la mortalité par suicide est 6 à 7 fois plus forte que celle due aux accidents routiers,
    • les taux de suicides varient fortement selon les cantons et vont de 9,1 à 21,2 par cent mille,
    • le canton dans lequel les habitants sont le moins enclins à s’ôter la vie est celui du Tessin,
    • ceux où le taux de suicide est le plus élevé depuis plusieurs années sont ceux d’Appenzell IR et du Jura,
    • Genève montre un taux de suicides en baisse régulière et il est proche désormais du Tessin.

    Décidemment, les chiffres helvétiques ne sont pas bons. Ils résultent probablement en grande partie de la pression que les Suisses s’infligent pour demeurer le pays le plus productif et le plus riche du monde.

    Pierre Kunz

     

     

     

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  • Les 10'000 francs de Dalbusco

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    C’est une histoire d’épiciers que la TdG et Le Temps essaient de nous faire prendre pour une affaire politique.

    Et il est affligeant de constater qu’en l’occurrence les journalistes qui écrivent dans ces quotidiens ne se sont probablement encore jamais abaissés à ce point à seule fin de faire bouillir leur marmite. Ils n’ont probablement jamais oublié dans une telle mesure les exigences élémentaires de la déontologie de leur profession. Ils n’ont probablement jamais trahi si honteusement leur devoir de diffuser une information équilibrée et honnête

    L’édition du 28 août de la TdG est extrêmement édifiante. En première page, le rédacteur en chef s’y est fendu d’un article qui se voulait rédactionnel mais qui n’apportait que des bûches déjà noircies sur un foyer de ragots et d’hypothèses malveillantes. Mais là n’est pas le pire. Celui-ci se situe dans le chapeau ridicule qu’il a placé en tête de sa prose : « Le Conseil d’Etat au bord du gouffre ».

    Pourquoi ridicule ?

    D’abord parce que ce titre est populiste, démagogique et hors de toute proportion avec les faits qui sont reprochés à M. Dalbusco. Pourquoi, grands dieux, le climat de confiance qui doit régner sur le plan politique entre nos ministres, serait-il mis en péril par la vaguelette que les journaux essaient de faire passer pour une tempête ? Revenons à la réalité : cette affaire se résume au respect ou non de règles, propres au PDC, par le candidat Dalbusco. Il revient à ces deux seules parties de régler leur problème, pour autant qu’il existe.

    Ensuite parce que ce différend ne regarde pas le Conseil d’Etat. Il concerne une campagne électorale et la manière dont les candidats se débrouillent pour assembler, avec l’aide de leur parti, les moyens financiers requis par leur élection ou leur réélection. Les recherches de fonds et les dons de certains acteurs économiques et sociaux à des politiciens en quête de voix sont aussi vieux que la démocratie, à Genève comme ailleurs. 

    Soyons clairs : ceux qui connaissent le landerneau politique genevois savent que nombre d’anciens élus, s’ils y étaient invités avec un peu d’insistance, avoueraient sans mauvaise conscience avoir bénéficié de tels dons, cela sans toujours en informer leur parti. Quoi qu’il en soit, lorsqu’ils procédaient à cette information, leur parti rendait immédiatement cet argent à son poulain qui en disposait à sa guise pour les besoins de son avenir politique. Ce qui ne signifie pas qu’en de telles occasions les bénéficiaires de ces "coups de pouces" aient vendu leur âme ou qu’ils n’aient pas honnêtement utilisé ces fonds.

    Gageons que les choses n’ont guère changé. D’autant que, contrairement à la drôle d’idée qui, avec l’aide des médias, semble faire son chemin dans le public, le fisc genevois ne perd rien dans un tel contexte.

    Ce qui a par contre changé, ajoutée à la méfiance populaire que certains milieux et quelques journalistes cultivent vilainement à l’égard des élus, est la judiciarisation de la politique. Le pouvoir judiciaire, prétextant en l’occurrence des articles de lois relatifs à une transparence de la vie politique frisant le voyeurisme, semble se plaire dans un rôle de grand prêtre que peu à peu il se taille. Mais cette judiciarisation et ce rôle du parquet et des juges ne peuvent apporter à Genève que de vaines turbulences.

    Pierre Kunz  

     

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  • SSR, la fin d'une résolution démagogique du Grand Conseil

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    La résolution est un instrument que la loi réserve aux députés du Grand Conseil. Elle consiste en une demande non contraignante, faite à une autorité supérieure, d’agir dans un domaine particulier. Pour le dire aimablement, une résolution n’est donc qu’un vœu pieux et pour le dire avec clarté, elle n’est dans 95 % des cas qu’un instrument au service de la démagogie. Presque toujours les députés qui s’en servent ne visent en effet qu’à éblouir ou à tromper leurs électeurs en faisant semblant d’agir alors qu’ils n’en ont pas le pouvoir ou, pire, quand ils n’en ont pas le courage.

    L’illustration la plus récente de cet exercice vain concerne les conséquences de l’initiative Billag et son rejet, le 4 mars 2018, à plus de 70 % par le peuple suisse. Ce rejet fut déploré par ceux qui considèrent que la RTS est largement sortie du cadre de sa mission et qu’elle gaspille les fonds qui lui sont garantis par la redevance. Un constat partagé par une bonne partie de nos autorités fédérales qui ne voulaient pourtant pas d'un succès de l'initiative, trop radicale. Il s’agissait donc pour elles d’intervenir durant la campagne précédant la votation, afin que les citoyens n’adoptent pas un projet qui visait à supprimer purement et simplement la redevance.

    La mesure qui, à elle seule, a fait pencher la balance « du bon côté » fut l’annonce par le Conseil fédéral de réduire significativement cette redevance pour les particuliers, cela dès 2019, à Fr. 365.- Pas étonnant donc que, dès le soir du vote, le directeur général de la SSR, préoccupé par la réduction importante des recettes qui allait découler pour la régie de cette baisse, ait annoncé la mise en œuvre d’un programme de restructuration, de rationalisation et d’économies sur les frais d’exploitation de 100 millions de francs.

    Ce programme, fondé sur les impératifs d’une gestion améliorée, était attendu par tous. Mais pas par les députés genevois, eux qui avaient pourtant milité pour le rejet de l’initiative. Lorsque a été connue la décision de la SSR de transférer les émissions TV d’actualité de Genève à Lausanne, ils se sont empressés, en toute incohérence, de rédiger une résolution, expédiée à l’Assemblée fédérale, réclamant le maintien du statu quo. Une résolution ridicule mais qui les dispensait d’expliquer honnêtement aux Genevois que la délocalisation voulue par la SSR était rationnelle et qu’elle découlait logiquement et directement de la décision populaire du 4 mars.

    Les députés genevois qui ont initié cette démarche se sont récemment déplacés à Berne pour « vendre » leur résolution à la commission concernée du Conseil des Etats. Ils n’ont, paraît-il, même pas eu droit à une écoute polie et se sont fait sèchement rabrouer. Gageons que devant la commission sœur du Conseil national il n’en ira pas différemment malgré l’activisme affiché de manière bien peu crédible par certains élus fédéraux de gauche.

    Seuls les naïfs peuvent être surpris par cet accueil froid car à Berne on a identifié depuis longtemps l’un des défauts principaux du monde politique genevois : il prend ses discours pour de l’action.

    Pierre Kunz

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  • Des migrants mineurs ? non, des fugueurs

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    Mon ami Jean-Yves, avec lequel je m’entretenais il y a quelques jours, me faisait part de son ahurissement à la lecture de la pleine page que le quotidien Le Temps a consacré à ce que les journalistes signataires appellent « l’errance sans fin des migrants mineurs non accompagnés ».

    « Que faisons-nous, me demandait-il, lorsqu’un adolescent helvétique, après une fugue, finit par errer dans Genève, ville qu’il ne connaît pas, transi par le froid ou accablé de chaleur, sans plus un sou en poche ? On l’amène à la police qui prend les dispositions requises pour le renvoyer dans sa famille où le remettre aux services sociaux de sa commune. Alors pourquoi donc, lorsqu’il s’agit d’un mineur étranger, nos services sociaux et les ONG locales multiplient-elles les interventions désordonnées et généralement infructueuses au lieu de tout simplement le renvoyer chez lui, comme on le fait pour les fugueurs dans notre pays ? »

    Il relevait le cynisme stupéfiant que ces jeunes affichent. En premier lieu, ils se sont débarrassés de leurs papiers. Ensuite ils ont évidemment appris, avant ou pendant le long voyage qui les a amenés à Genève, qu’ils n’ont aucune chance d’obtenir l’asile et n’en font même pas la demande. Finalement, non contents d’être, à l’image de ce qui se fait pour les autres SDF, hébergés et nourris, ils expliquent qu’ils aimeraient aller à l’école, qu’on leur apprenne un métier ou encore, disent-ils « qu’on les teste afin qu’ils puissent démontrer que ce ne sont pas des profiteurs ». Comme si, avec la volonté et l’ambition requise et malgré le sous-développement de leur pays d’origine, ils ne pouvaient pas y bénéficier de ces prestations élémentaires.

    Jean-Yves notait par ailleurs que ces jeunes migrants, illégaux comme leurs compatriotes adultes, proviennent de pays clairement identifiés dont quasiment aucun n’est considéré à risque pour leurs habitants. Pourtant, constatait-il, les autorités cantonales et fédérales, au lieu de mobiliser les moyens requis pour faire valoir les accords de réadmission en force, ou d’en conclure de nouveaux, avec les pays originaires de ces jeunes, « se réfugient derrière des réflexes humanitaristes de démocratie encroûtée et refusent de traiter ces jeunes pour ce qu’ils sont, soit des fugueurs manipulateurs qui devraient, pour leur bien, être renvoyés chez eux ».

    Au contraire, concluait Jean-Yves, le Conseil d’Etat vient d’autoriser l’ouverture d’un nouveau lieu d’hébergement assorti d’un encadrement journalier.

    Pierre Kunz

     

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  • Climat : faut-il remercier Trump ?

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    Paradoxalement, ne conviendrait-il pas de remercier M. Trump de sa contribution, probablement bien involontaire, dans les premiers pas de la lutte que l’humanité a engagée pour la protection du climat ?

    En cet été, sur fond de guerre commerciale et monétaire sino-américaine, les médias multiplient les articles annonçant que la croissance économique mondiale diminue, particulièrement en Occident. Clouant le président américain au pilori à cause de ses initiatives douanières « insensées », les chroniqueurs nous prédisent dans leurs articles récession, hausses de prix pour les consommateurs et restrictions dans l’approvisionnement de nos pays en biens de consommation durable, en matières premières voire en biens alimentaires. Et l’OMC d’ajouter à ce concert ses pronostics inquiétants pour 2019 et 2020.

    Ce n’était certainement pas sa motivation première, mais la politique disruptive que mène M. Trump a pourtant le mérite, potentiellement, de freiner un consumérisme mondialisé aussi dévastateur pour la santé mentale des consommateurs que pour notre environnement. Et même si les USA jouent les climato-sceptiques et s’ils n’ont pas endossé les derniers accords sur le climat il se pourrait fort bien que la crise économique qu’ils risquent d’entrainer constitue en dernière analyse le meilleur instrument au service de la réduction des gaz à effet de serre et de la protection des ressources naturelles de la planète.

    Dès lors on s’étonne que les médias et les milieux concernés n’aient pas relevé ce paradoxe.

    Il est en particulier curieux que les politiciens « verts » qui militent pour « la décroissance » depuis des décennies et, plus récemment, les meneurs des nombreuses marches « de sauvetage du climat » auxquels nous assistons ne se soient exprimer à ce sujet. Personne ne semble juger bon ou oser, profitant des porte-voix généreusement offerts par les médias, de souligner qu’actuellement le seul homme de pouvoir dans le monde à agir concrètement pour réduire les effets de la mondialisation est malheureusement M.Trump.

    Voilà des déclarations fortes qui pourraient peut-être inciter les gouvernants européens à agir, eux qui sont si friands de discours catastrophistes et de promesses mais si peu enclins à affronter leurs opinions publiques lorsqu’il s’agit de concrétiser les engagements qu’ils ont signés. Jouer les cassandres et les porteurs de lumière est aisé. Avoir le courage, face aux peuples, de décréter les remèdes est une autre affaire.

    Pierre Kunz

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